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Afficher la version complète : [Fanfic] Akuma : le Shugoki



Helair
13/03/2017, 08h17
« Dis… pourquoi tout le monde est aussi nerveux aujourd’hui ? »
« Que veux-tu dire ? »
« En venant ici j’ai croisé le Commandant, quelques Sentinelles et même un Emissaire. Ils avaient tous l’air beaucoup plus tendus que d’habitude. Il se passe quelque chose ? »
Les deux gardes discutaient à une table, l’un mangeait un crouton de pain et l’autre venait de le rejoindre. Celui qui mangeait leva les yeux et sembla réfléchir quelques instants, comme pour passer en revue les événements des derniers jours et ceux des prochains dont il avait été informé. Finalement, il finit par répondre à son camarade.
« C’est l’exécution du prisonnier aujourd’hui. »
« Et ? On ne fait pas ça régulièrement ? Il y avait des exécutions presque tous les jours à Fort Tigre… »
« Si… on en fait. Mais celui-là est spécial. Les gars l’ont capturé lors d’une mission dans les marais. Ca devait être une mission de reconnaissance, juste histoire de voir si les Samouraïs se tenaient tranquilles. Il y en a tout le temps, ça permet de prévoir. Mais là ils sont tombés sur ce… monstre… et ont fini par le capturer. Il paraît qu’il a tué une vingtaine d’homme et deux Sentinelles avant de finalement se rendre. Il est là depuis des mois… »
« Pourquoi vous ne l’avez pas exécuté avant ? Pourquoi ils ne l’ont pas tué sur place pour commencer ? »
« Ils devaient penser qu’il avait des informations sur les prochains mouvements Samouraï. Après tout, il ne se baladait sûrement pas dans les marais par hasard. Mais il reste parfaitement silencieux, peu importe ce qu’on lui fait subir. Je l’ai déjà vu après un interrogatoire : Elbert lui avait arraché des ongles, cassé des doigts… il lui a même arraché des dents ! Et l’autre a pas bronché, il a rien dit, même un grognement. Pourquoi on l’a pas déjà buté ? Oh mais on l’a fait… on l’a fait… »
« Je comprends pas. Vous l’avez fait ? »

Le garde reprit une bouchée de pain et bu une grande gorgée d’eau. Son regard sembla se perdre dans le vide quelques secondes avant de revenir sur son morceau de pain. Il avait la tête baissée, comme s’il avait honte de quelque chose. Ou que quelque chose le pesait, et que ce poids l’empêchait de se tenir droit.
« On l’a exécuté 3 fois. J’étais là à chaque fois. Quoi qu’on lui fasse, et si tant est que ça l’affecte, il se relève. On a voulu le décapiter : l’épée s’est brisée sur son coup. On a voulu le pendre : la corde a lâché après une minute, et il était vivant. On a voulu le brûler : quand les flammes se sont éteintes tout était de la cendre… sauf lui. Il était là, ses vêtements avaient brûlé, mais pas lui. Il n’est pas humain, c’est un démon. »
Il se releva et enjamba le banc sur lequel il s’était assis.
« Aujourd’hui on va l’attacher à un poteau et le cribler de flèches. Dix archers, trois salves. On doit être présents. »
« Pourquoi ? »
« Pour le ré-enfermer après. Je ne vois pas pourquoi ça marcherait cette fois. »

Les deux gardes sortirent de la salle et se dirigèrent vers les geôles. Ce n’étaient pas à eux d’amener le prisonnier à son lieu d’exécution mais ils seraient sur le chemin. La mise à mort se passerait quant à elle dans la cours, là où les arches pourraient se tenir à une distance respectable de leur cible. Ils se postèrent à mi-chemin entre la grille qui menaient aux geôles et la porte qui menait à la cour. C’était le couloir le plus large du trajet, et donc potentiellement l’endroit où il serait le plus facile de maîtriser le prisonnier si celui-ci décidait de faire des siennes.
Bientôt, les premiers bruits de chaînes se firent entendre. Le prisonnier était en train d’être sorti de sa cellule et sa quatrième exécution allait pouvoir débuter. Les bruits se faisaient de plus en plus proches et le garde vétéran avait de plus en plus de mal à garder la tête haute. Il luttait pour ne pas courber l’échine à la seule pensée de revoir le prisonnier.
Puis il fit son apparition. Escorté directement par deux Sentinelles, l’homme devait se baisser pour passer la porte que les soldats d’élite passaient largement. Il n’était vêtu que de haillons sales et semblait pourtant bien plus impressionnant que n’importe quel garde en armure présent dans le couloir. Ceux qui le voyaient pour la première étaient simplement tétanisés, paralysés à la vue d’une telle force de la nature. Il était si grand que les Sentinelles (pourtant d’un physique déjà hors du commun) ne lui arrivaient pas à l’épaule, et large au point que son escorte avait l’air d’être composée d’enfants. Son ombre s’étendait du sol au plafond, projetant dans l’obscurité tous ceux devant qui il passait. Cela ne dura que quelques secondes, mais elles parurent surnaturellement longues pour les personnes présentes. Dans l’esprit des gardes, cela ne faisait aucun doute : cet homme aurait sans problème pu tous les tuer ici et maintenant, et nul n’aurait été capable de l’en empêcher.

Comme pour la grille des geôles, le prisonnier se baissa pour passer la porte qui menait à la cour. A sa suite sortirent tous les gardes, accompagnés et hommes et femmes assez curieux pour vouloir assister à la suite. Les archers étaient déjà en place. Au nombre de dix, parfaitement alignés, une flèche encochée et deux plantées dans le sol à leurs pieds. Le géant s’arrêta quelques secondes pour les regarder, et un sourire en coin se dessina sur son visage. Il ne semblait pas avoir peur. Non, à vrai dire, il semblait même penser qu’il ne risquait rien.
Les Sentinelles l’attachèrent à un épais poteau de bois qui servait d’habitude à accrocher les cibles d’entraînement, puis allèrent se ranger de part et d’autres des archers.
« Pas de cérémonie, lança l’une d’elles aux dix bourreaux, butez-moi ça. »
Les premiers tirs furent synchronisés, et les dix flèches vinrent se planter en même temps dans le corps du Shugoki. Si celui-ci avait visiblement ressenti les impacts, aucun son n’était sorti de sa bouche, et il n’avait pas détourné le regard un seul instant. Ça ne suffira pas, pensa l’un des gardes, il n’a même pas eu mal !.
La deuxième volée fut un peu plus chaotique. En vérité, il avait été impossible de distinguer la fin de la deuxième et le début de la troisième. Sans ordre pour les guider, les archers avaient tirer à leur rythme, en avait résulté une sorte de défilé de flèches pendant une trentaine de secondes. Aucune n’avait raté sa cible, et le prisonnier avait maintenant trente flèches plantées dans le corps, des jambes au cou. Personne n’avait pris la peine de viser la tête. C’est dommage, se dit une Sentinelle, ça l’aurait peut-être tué.
Il saignait, et beaucoup. Certaines flèches s’étaient profondément enfoncées dans les chairs et même si le géant était plutôt gras par endroits cela n’avait pas suffi à le protéger. Ses jambes et ses bras avaient été sévèrement touchés, ses quatre membres devant avoir essuyé une dizaine de tirs au total. Dans la cour, tout le monde semblait retenir son souffle : le géant ne bougeait plus. Mais l’espoir fut de courte durée alors qu’un rire sinistre et roque vint résonner entre les murs de pierre du fort. C’était plus un ricanement qu’un réel rire, mais sa signification était claire : c’est tout ce que vous pouvez faire ?

D’un pas lourd trahissant un esprit dépité, la Sentinelle qui avait donné l’ordre de tirer se dirigea vers le prisonnier, qui avait visiblement gagné du temps de vie supplémentaire. L’autre, en revanche, était resté à sa place. Sa main s’était placée sur la poignée de son épée et tremblait. Quiconque n’aurait pas remarqué sa posture aurait pu prendre ça pour de la peur, mais il n’en était rien. Il était légèrement penché en avant, prêt à sortir son arme et à charger. On apprit plus tard qu’un des soldats morts dans la capture du Shugoki était de ses plus vieux amis. Si cela s’était su plus tôt, la suite aurait pu être évitée.
L’effet de surprise fut total, personne n’eut le temps de régir. La Sentinelle avait sorti son épée et avait chargé à une vitesse folle vers le prisonnier, encore attaché. Et ce dernier l’avait vu venir. Il se redressa de toute sa hauteur et, pour la première fois, émis un son semblable à un grognement de douleur. Le son qui s’en suivi, bien plus terrifiant, fut celui d’une chaîne qu’on brise. Sans la rage pour l’aveugler la Sentinelle se serait arrêté, mais il n’en fut rien et sa charge continua à la même vitesse. Si le prisonnier avait encore été attaché, le coup d’épée serait probablement venu le décapiter (ou tout du moins aurait frappé le cou). Il ne l’était plus, et le coup s’arrêta alors qu’une main colossale vint attraper les deux bras du chevalier, l’arrêtant net dans son élan. Avec une vitesse impossible à soupçonner pour un être de cette taille, le Shugoki abattit sa tête sur le heaume de sa pauvre victime, qui était trop occupée à sentir ses bras se faire broyer pour voir venir quoi que ce soit.
La Sentinelle s’effondra après avoir parcouru près de deux mètres dans les airs. Ses bras étaient complètement désarticulés, son heaume enfoncé de plusieurs centimètres. Du sang s’échappait par petites giclées des visières, complètement déformées par l’impact. Le corps tremblait, probablement nerveusement. Nul dans la cour n’aurait pu dire s’il était vivant ou mort.

Les réactions ne se firent pas attendre : tout le monde sorti son arme et les gardes formèrent immédiatement un arc de cercle afin de couper toute possibilité de fuite au Shugoki. La Sentinelle encore debout se plaça au centre de l’arc de cercle, avancé de quelques mètres par rapport aux gardes. Son arme et sa posture semblait appeler au duel. Même face à un adversaire pareil, une Sentinelle plaçait toujours la vie de ses camarades avant la sienne. Mais le géant ne le regardait même pas, il n’avait d’yeux que pour le corps agité de spasme qui répandait son sang sur le sable. Il marcha tranquillement jusqu’à lui sans même se soucier des dizaines d’épées tournées directement en sa direction.
Il se positionna juste au niveau du corps, comme pour faire barrage entre lui et le reste des chevaliers. Il l’isolait, empêchant toute tentative de sauvetage. Enfin, il daigna regarder l’autre Sentinelle, qui ne bougeait pas du moindre millimètre. Son regard se posa successivement sur chacun des gardes présents, comme s’il évaluait la situation. Puis il regarda à nouveau le corps, et commença lentement à lever une jambe.
« Shine… » dit-il en abattant son pied colossal sur la tête de l’homme à terre.
Cette fois il n’y avait plus aucun doute. Le heaume avait été complètement écrasé, et le crâne à l’intérieur ne devait plus ressembler qu’à un amas informe et rouge. Du sang avait jailli sur les jambes du monstre et jusqu’à plusieurs mètres sur le sable.
Certains soldats avaient reculé d’horreur, d’autres semblaient paralysés. Seule la Sentinelle restait immobile, concentrée. Mais on pouvait sentir son sang bouillir et sa rage monter. Le Shugoki releva la tête et regarda fixement son prochain adversaire. Son expression avait changé et était passée d’insouciante voire moqueuse à tout à fait sérieuse. L’effet de surprise ne jouait plus en sa faveur, et il allait affronter l’un des meilleurs combattants parmi les armées des chevaliers. Celui-ci semblait d’ailleurs se préparer mentalement à l’un des combats les plus difficile de sa vie. Au final, ce fut lui qui brisa la tension d’une simple phrase.
« Allez… ramène-toi ! »

LOUERN-_-
17/03/2017, 11h46
J'aime bien ^^ un mixte entre hannibal lecteur, raspoutine (pour le coté increvable) et un bon gros sumo!

J'aimerais bien voir une suite mettant en scéne un hersir face à Akuma ceci dit ;)

Au passage je plainds les soldats qui ont assisté à la tentative de crémation du sugo... voir ce truc à poil... combien ce sont crever les yeux pour mettre fin au supplice?

Helair
17/03/2017, 11h55
Déjà, je vais faire une histoire par classe (la prochaine est déjà écrite, celle d'après est en cours d'écriture) et après tout va pouvoir se mélanger et je compte bien faire se rencontrer des héros. Est-ce que le Hersir fera face à Akuma ? Mystère...

Ceci, l'histoire ne le précise pas !

LOUERN-_-
17/03/2017, 11h58
Et bien j'ai hâte de voir ça, j'aime le côté léger qui donne davantage l'accent sur le côté ironique de la situation (un sugo invulnérable, j'adores le concept de chercher un moyen de le tuer)

Helair
17/03/2017, 12h02
Le prochain est plus violent par contre... genre bien plus. Mais ça va avec le personnage.

Roi-Angmar
11/04/2017, 02h49
Se gros SAC et plus invulnérable dans ton histoire que dans le jeux, et moi qui pensé que c'était impossible me voila dépiter. Très bonne histoire et... VIVE LE MASSACRE !!!