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Afficher la version complète : [Fanfic] Yojimbo : le Kensei



Helair
03/04/2017, 16h37
Herior, la Sentinelle => http://forums-fr.ubi.com/showthread.php/112193-Fanfic-Herior-la-Sentinelle
Akuma, le Shugoki => http://forums-fr.ubi.com/showthread.php/112619-Fanfic-Akuma-le-Shugoki
Galahad, l'Emissaire => http://forums-fr.ubi.com/showthread.php/112910-Fanfic-Galahad-l-Emissaire
Freja, la Valkyrie => http://forums-fr.ubi.com/showthread.php/115880-Fanfic-Freja-la-Valkyrie


Assis en tailleur dans la petite pagode des jardins du temple, Yojimbo méditait. Quelques années auparavant, un glissement de terrain avait emporté l’un des murs de la pagode, qui avait dès lors perdu sa fonction et ne servait plus désormais que d’élément décoratif. Elle offrait depuis une vue imprenable sur les marais, et il aimait beaucoup venir en profiter quand il voulait se vider l’esprit. Comme pour ajouter à l’ambiance, il pleuvait ce jour-là. L’odeur de la pluie sur la roche des jardins était l’une de ses préférées. Il se sentait apaisé.
« Yojimbo-sama ? » Fit une petite voix timide derrière lui. Il reconnut immédiatement sa plus récente élève, Hôjô. A vrai dire, il l’avait reconnu au bruit de ses pas à la seconde ou elle était entrée dans la pagode.
« Sama ? Tu me fais trop d’honneur ! Sois moins formelle voyons. Que puis-je pour toi ? »
« Je viens d’apprendre la nouvelle et je voulais que vous mettre au courant… Akuma-san a été capturé par la Légion d’Argent. »
Un lourd silence suivit. Yojimbo sembla réfléchir quelques instants et soupira.
« Alors ça recommence… » Dit-il, pensif, en tapotant le sol à ses côtés.
Hôjô alla s’asseoir à l’endroit tapoté. Elle était l’élève de Yojimbo depuis deux ans déjà (date de la mort de son prédécesseur) et son maître ne s’était jamais réellement confié à elle. Mais il l’appréciait, et elle le savait.

Ils restèrent là, silencieux, à contempler le marais et à écouter la pluie tomber sur les tuiles de la pagode.

« Sais-tu, dis lentement Yojimbo, comment je suis devenu Shogun ? »
« On m’en a parlé, parfois. Tout le monde reste très discret là-dessus, alors je n’ai jamais vraiment insisté. »
« Tu es disciplinée. C’est une bonne qualité. Veux-tu bien me donner mon sabre ? »
L’arme était posée sur le sol, contre un pilier, à environ deux mètres de là. Si elle n’en dit rien, Hôjô fut tout de même surprise. Etait-il normal pour un général d’être si loin de son arme ? On aurait dit qu’il l’avait posé là pour en être volontairement éloigné. Elle se leva, ramassa le nodashi et retourna s’asseoir. Yojimbo prit l’arme et la posa sur ses genoux avant de l’observer quelques instants. On pouvait lire une certaine tristesse sur son visage, ainsi qu’une terrible détermination.
« On l’appelle Zanmato. Je dis « on » car j’ai toujours refusé de l’appeler par ce nom. On dit qu’elle tranche l’âme de ceux qu’elle tue, leur empêchant à jamais de trouver le repos et condamnant leur esprit torturé à errer pour l’éternité entre deux morts. Elle aurait été forgée par un Démon, et donnée aux hommes. »
« Est-ce vrai ? »
« Qui suis-je pour le dire ? Ce sabre m’a été transmis par le précédent Shogun, Raoh-sama. Le meilleur guerrier que j’ai eu la chance de connaître. Il n’existera plus jamais d’homme comme lui. »
« Vous n’avez jamais fait mention de cet homme auparavant. »
« C’est parce qu’il appartient à une autre époque. Une époque que j’espérais révolue tout en craignant de la voir revenir. Et il semblerait qu’elle revienne. Puis-je te raconter une histoire ? »
« Avec plaisir Yojimbo-sam… Yojimbo-san. »

Encore une fois, le vieux Samouraï se tut pendant plusieurs minutes avant de poursuivre. Il écoutait la pluie, observait les arbres, se souvenait.
« J’étais hatamoto à l’époque, directement sous les ordres de Raoh-sama. Celui-ci m’avait recueilli alors que je n’étais qu’un ronin. J’avais été chassé par mon ancien maître après avoir refusé de tuer des prisonniers. Il m’a entraîné, éduqué, et avec les années je suis devenu le guerrier que tu as aujourd’hui en face de toi.
Malgré tout, je n’étais toujours pas à la hauteur de mon maître ou de son fils, Yasubei. Tous deux avaient une maîtrise du katana que je n’ai jamais eu l’espoir d’approcher. Si tu avais pu les voir se battre… ils étaient magnifiques.
Le temps est passé, la guerre entre les Vikings et les Chevaliers faisait rage. Et cette rage a atteint des sommets il y a 15 ans. Toutes les légions des Chevaliers s’étaient unies pour former l’Armée d’Acier, et tous les clans Vikings s’étaient unis sous la bannière des Enfants d’Odin. Deux armées de plusieurs milliers d’hommes chacune, les forces les plus terrifiantes qui ont parcouru ces terres d’aussi loin que l’on se souvienne. Ils allaient se livrer bataille, mais ils ne voulaient pas d’une bataille ordinaire. Ils voulaient une extermination. L’un des camps allait complètement écraser l’autre, au point d’effacer toute trace de son existence. Et il ne faisait aucun doute que nous, Samouraï, serions les suivants sur la liste. Nous ne pouvions pas laisser cela se produire.
Raoh était un guerrier respecté et admiré, il a réuni toutes les familles Samouraï et en quelques semaines à peine a levé une véritable armée. Nous étions moins nombreux, certes, mais nous étions tous prêt à vendre cher nos vies au combat. Du moins nous le pensions… »
Yojimbo tapota sur le fourreau de son sabre. Celui-ci sembla vibrer à l’intérieur. On aurait presque dit un ronronnement.
« C’est la veille de la bataille que Raoh m’a donné ce sabre. Il l’avait reçu de son père, et aurait dû le transmettre à Yasubei. Mais celui-ci avait accepté qu’il me soit donné à moi. Alors je l’ai pris, et je me suis battu avec. »

Hôjô semblait captivée. Elle était jeune, et tout cela était arrivé alors qu’elle n’était qu’une enfant. Elle n’avait aucun souvenir de cette époque, et jamais personne ne lui en avait réellement parlé.
« Cette bataille est la chose la plus horrible que j’ai vécu de ma vie. Elle s’est déroulée sur les Plaines Désolées… où tellement de sang a coulé ce jour-là que jamais rien n’y a repoussé. Comme si la nature elle-même était en deuil permanant, en souvenir de ce jour où les hommes ont échoué. Nous sommes arrivés juste avant le début des affrontements, et pour être tout à fait franc tout en moi me hurlait de faire demi-tour. Je n’avais pas seulement peur, j’étais terrifié.
Mais l’assaut a été lancé, et nous avons tous suivi. Trois jours durant nous nous sommes battus. Trois jours sans boire, manger, ni même se reposer. Trois jours de carnage et de massacre. Trois jours sacrifiés sur l’autel de la violence. A la fin, nous n’avions même plus la force de lever nos armes, à peine celle de tenir debout. Mais eux se battaient toujours.
Hasteinn, Héros des Vikings et « élu d’Odin » ; Uther, Seigneur des Chevaliers et général de l’Armée d’Acier ; et Raoh, Shogun Samouraï… et dernier espoir que nous avions de ne pas être écrasé par l’un des deux autres camps. Ils se battaient encore alors que ceux qui parvenaient toujours à respirer manquaient de s’effondrer. Et ils se battaient avec la même fougue qu’au début de la bataille. Ils n’étaient plus des hommes, mais des Dieux de la Guerre descendus sur terre régler leurs différends. C’étaient Mars, Tyr et Hachiman qui se battaient sous nos yeux.
J’étais épuisé, blessé. Mes jambes parvenaient à peine à supporter mon poids et mes bras étaient bien trop lourds pour que je puisse ne serait-ce que soulever mon arme. Mais je me souviens encore de ce combat comme s’il s’était déroulé hier. J’en ai longtemps pleuré l’issue, mais j’ai compris il y a de nombreuses années qu’il n’aurait pu en être autrement.
Cet affrontement qui durait depuis des jours s’acheva en quelques instants à peine. Hasteinn trancha le torse d’Uther en deux d’un coup de hache. Il avait déchiré son armure comme si elle n’était que du papier, et le Chevalier était tombé, agonisant… mais vivant. Un clignement d’œil plus tard, la tête du Viking roulait sur le sol, tranchée par Raoh. Ce moment restera à jamais gravé dans mon esprit, car c’est là que tout bruit a cessé, que tout le monde s’est tu. Ce corps géant décapité était resté debout quelques secondes, assez en tout cas pour être vu de chaque homme et femme présent sur le champ de bataille. Le chef Viking était tombé, ils avaient perdu. »

Hôjô voulu parler, mais Yojimbo l’arrêta d’un geste de la main, son histoire n’était pas terminée.
« Depuis ce jour, je pense qu’un homme sait quand il va mourir. Raoh s’était tourné vers moi, il avait baissé son arme comme sa garde. Il m’a regardé, et son masque brisé m’a laissé entrevoir un sourire, et un regard apaisé. La seconde d’après, la lame d’Uther traversait son cœur. Elle n’avait pas effacé son sourire, elle n’avait pas changé son regard. Il le savait, il l’avait toujours su. A l’instant où, plusieurs semaines auparavant, il avait décidé de nous réunir, il avait su. Je ne sais pas comment, mais il avait senti qu’il ne survivrait pas à la bataille à venir.
Dans un dernier acte d’honneur, il porta la pointe de son arme à sa poitrine et se transperça, achevant du même coup Uther, qui se tenait juste derrière lui. J’aurais hurlé si j’en avais eu la force, mais en vérité celles-ci m’abandonnèrent à cet instant précis, et je sombrais dans l’inconscience alors que mon maître mourrait devant moi. »

« Je ne me suis réveillé que 10 jours plus tard, en passant trop souvent près de la mort. Mes blessures étaient bien plus graves que ce qui m’avait semblé dans le feu de l’action, et j’en aurais probablement succombé si je ne m’étais pas accroché à la vie pour honorer la mort de Raoh. Peu après mon réveil, j’appris que Yasubei aussi était mort lors de la bataille. Une fois de plus, j’étais seul. Mais cette fois, j’avais un but.
Le sacrifice de Raoh n’avait pas été vain : les armées s’étaient dispersées, et nul ne voulait plus des territoires des autres. Trop de sang avait été versé, trop de personnes étaient mortes… et c’était un coût qu’aucun homme ne voulait plus payer. »
Yojimbo prit une profonde inspiration et regarda son arme.
« J’ai passé ces 15 dernières années à essayer de rassembler notre peuple, non pas pour la guerre, mais pour la paix. J’ai voulu nous unir afin que nous puissions nous développer, prospérer. Pour que les armes accrochées aux murs de chaque maison soient remplacées par des peintures et des poèmes. Et j’ai juré que jamais je ne dégainerai mon arme pour tuer un japonais. Jamais la lame qui m’a été offerte par Raoh ne servirait à tuer un membre de son peuple. En 15 ans, cette lame n’a jamais quitté son fourreau. Et je suis profondément triste de savoir que ce compte sera bientôt brisé… »

« Mais j’y suis préparé. »

Yojimbo se leva et se dirigea vers l’entrée de la pagode. Hôjô le suivi de près.
« Kira ? » Dit-il en regardant droit devant lui, sans que quiconque ne soit présent.
Une ombre sauta du toit pour venir poser un genou à terre à droite de Yojimbo. Sa tête était baissée et son visage était caché par un masque, et elle tenait dans son poing posé au sol une lance dont la lame brillait d’un étrange reflet violet.
« Va chercher mon fils, j’ai peur qu’il lui soit arrivé quelque chose. Ne traîne pas, nous aurons besoin de lui pour secourir Akuma. »
La femme se leva, toujours en gardant la tête baissée, et disparu presque aussi vite qu’elle était apparue. Pendant quelques secondes, Hôjô se demanda même si elle n’avait pas été victime d’une hallucination.

« Yojimbo-sama ? Demanda-t-elle. Qui est-elle ? »
« La mort. »

Odalkan
04/04/2017, 17h26
Encore,j'en veux encore je suis fan,j'ai lus tous les Fanfic que tu a écrit,en lisant on ce transporte a chaque fois merci pour les voyages .

Helair
05/04/2017, 07h39
Merci, et avec plaisir ^^