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Afficher la version complète : [Fanfic] Ullr : le Berserker



Helair
23/06/2017, 11h10
Cela faisait maintenant plus de dix minutes qu’Ullr couraient après les deux éclaireurs Samouraïs qu’il avait aperçu près du village. S’ils parvenaient à en alerter d’autres, la situation pourrait rapidement devenir ingérables. Le plus gros des troupes Vikings avait déjà repris la mer vers Valkenheim, et seuls étaient restés derrières quelques volontaires pour charger tous les vivres pris aux japonais dans les drakkars. En tous cas, ils ne pourraient pas survivre à une contre-attaque des japonais. Tuer ces éclaireurs était donc primordial.
Il était maintenant profondément enfoncé dans les marais, et le terrain se faisait de plus en plus difficile. Les grandes étendues boueuses qui entouraient le village s’étaient muées en une sorte de jungle vaseuse. Parfois, l’eau lui montait même jusqu’au dessus du genou. Et, la plupart du temps, il pouvait facilement passer entre les racines des arbres tant ceux-ci étaient grands. Jamais son esprit de nordique aurait pu imaginer qu’une telle végétation puisse exister. Il était bien loin des toundras et des fjords chers à son cœur.
Le pire dans tout ça, c’est qu’il était perdu. Ces Samouraïs connaissaient le terrain, et n’avaient pas fait l’erreur de mettre les pieds dans l’eau. Lui aussi aurait pu bondir de branche en branche, si seulement il avait su par où commencer. Maintenant, il avait perdu la trace des éclaireurs, et n’avait aucune idée de l’endroit où il se trouvait.
« Ben voyons… » se dit-il à lui-même, et à haute voix.

Il fit demi-tour et se dirigea vers un endroit ou l’eau était moins présente. Il était passé dans une végétation très épaisse une ou deux minutes auparavant, y retourner serait déjà ça de gagné. Il pataugea donc sur plusieurs dizaines de mètres, ne manquant pas au passage de maudire les marais et ses habitants, et ce sur de nombreuses générations.
Il était inquiet. Où était le camp Samouraï le plus proche ? Combien de temps mettraient-ils à arriver ? Il devait rapidement retourner au village pour prévenir les autres. Ils allaient prendre le plus de vivres possibles, et partir d’ici quelques heures. Ils auraient moins de ressources que prévu, mais au moins ils seraient en vie.
Après quelques minutes, plusieurs aller-retours et de nombreux jurons poussés à haute voix, Ullr parvint à retrouver la végétation dense qu’il cherchait. Les racines empêchaient l’eau de monter, il pouvait se déplacer plus naturellement ici. Il n’avait plus qu’à réfléchir à un moyen de retrouver son chemin. Il avait été dans des situations similaires de nombreuses fois, il finirait bien par trouver. S’il en avait le temps.

Les hautes herbes derrières lui bougèrent pendant une fraction de seconde. Un homme normal ne l’aurait probablement pas remarqué, mais Ullr n’était pas de ceux-là. S’il avait survécu toutes ces années et était devenu l’un des plus grands guerriers de Valkenheim, ce n’était pas uniquement grâce à sa force ou à ses prouesses au combat. C’était parce que jamais personne n’avait pu le prendre par surprise.
D’un mouvement volontairement ample mais incroyablement vif, le nordique trancha les herbes à hauteur de tête dans la direction du mouvement. Puis il éclata de rire.
« Alors c’était ça, hein ? S’exclama-t-il suffisamment fort pour être entendu à plusieurs dizaines de mètres. Vous n’êtes pas des éclaireurs, vous n’avez nulle part où aller raconter ce que vous avez vu… vous êtes une diversion ! »
Le silence fut sa seule réponse. Puis un autre mouvement dans les hautes herbes, plus loin cette fois. C’était un piège, et il le savait. Mais sa seule chance de sortir d’ici pour le moment était de s’y plonger. Il suivit donc les mouvements, tout en serrant fermement ses haches dans ses poings. Son cœur avait déjà commencé à accélérer, il était prêt à combattre.

A sa grande surprise, il arriva dans ce qui pouvait ressembler à une clairière de racines. D’immenses arbres faisaient le tour de l’endroit, pas plus grand qu’un manoir Viking tant en espace qu’en hauteur. Si quelques fougères et herbes éparses avaient réussi à pousser, le sol était constitué en quasi-totalité de racines énormes et entremêlées. Quelques arbres à peine plus grand qu’un humain poussaient çà et là, sans lesquels le terrain serait presque complètement dégagé. Un air de méfiance passa sur son visage. L’endroit était trop ‘’parfait’’ pour être naturel.
Il avança de quelques pas, tous les sens en éveil. Il marchait le plus doucement possible pour ne pas polluer sa propre ouïe qui, il le devinait, allait s’avérer extrêmement utile dans les seconde à venir.
Soudain, un son.
Le réflexe fut immédiat, bien qu’inapproprié. D’instinct, Ullr donna un coup de hache dans la direction du son, ce qui eut pour effet de briser en plein vol la flèche qui lui était destinée. Il n’avait pas eu le temps d’analyser ou de réfléchir. Après coup, il comprit que ce qu’il avait entendu était le bruit de la corde d’un arc qu’on lâchait. Il avait eu de la chance de toucher la flèche. Mais ça, son adversaire ne le savait pas. Il décida de jouer le jeu.
« Et bien, c’est tout ? Un lâche avec un arc, c’est ça qui espère me tuer ? Pathétique… »
L’ennemi ne parlait probablement pas sa langue, mais certaines intonations étaient universelles. Là, il s’était efforcé de mettre le plus de mépris possible dans sa voix.

Un autre bruit, comme un craquement cette fois. Moins d’une seconde plus tard, Ullr y faisait face. C’était un Samouraï.
Impossible pour le Viking de dire s’il faisait partie des deux qu’il avait aperçu près du village, mais c’était plus que probable. Il devait partir du concept qu’il n’y avait que ces deux là, sans quoi il ne pourrait pas se battre convenablement.
Le guerrier japonais se tenait à moins d’une dizaine de mètres de lui. S’il n’était pas en garde, il avait tout de même son katana dans une main, et le fourreau dans l’autre. Son armure semblait légère, comme pour privilégier la mobilité à la défense. Etrangement, son casque était plus qu’imposant : des lames d’une trentaine de centimètres venaient agrémenter la structure déjà large du heaume Samouraï traditionnel.
Il restait là, parfaitement immobile, à attendre qu’Ullr fasse le premier mouvement. Et le Berserker n’allait pas le décevoir. Réajustant ses poignes sur ses haches, il fit un pas en avant. Son adversaire avait l’air sûr de lui, il ne devait lui laisser aucune chance. Ce fut à ce moment précis que, soudainement, il ressentit une vive douleur.
Il n’avait rien entendu, sa surprise avait été totale. Il baissa les yeux, uniquement pour constater qu’une flèche ressortait de son biceps. La douleur était supportable, mais il commençait intérieurement à paniquer. Quand ? Quand avait-il relâché son attention ? La flèche n’avait pas l’air empoisonnée, tout du moins pas à première vue. Alors pourquoi viser le bras ? Les Samouraïs prévoyaient-ils de le capturer ? C’était peu probable… quand bien même ils le feraient, ils ne pourraient pas l’interroger ou apprendre quoi que ce soit de lui. Alors pourquoi ? La réponse était simple : pour l’offrir.

Le Samouraï qui s’était tenu immobile devant lui s’était déplacé, et était maintenant en train de virevolter dans les airs, à sa gauche, son katana prêt à le trancher de haut en bas d’un seul mouvement. La simple force de la rotation cumulée avec celle du saut et du japonais rendait le coup impossible à bloquer ou à dévier. L’esquive était la seule solution.
D’une impulsion, le nordique se projeta en avant en enchaîna sur une roulade. Son adversaire avait beau être rapide, la réception d’un tel saut prendrait forcément du temps. Il se releva pour constater avec effroi qu’il n’en était rien, et que le Samouraï était déjà en train d’attaquer à nouveau. Cette fois, c’était un coup plus classique, et toujours vertical. Une grave erreur.
Ullr dévia le katana d’un mouvement du bras gauche, et enchaîna par une violente attaque de son bras blessé. Le coup atteignit le japonais en pleine tête, fendant son heaume sur près de la moitié de sa largeur et le projetant au sol dans une gerbe de sang. Visiblement, il était parti du principe que la flèche encore plantée dans le bras du nordique l’empêcherait de s’en servir. Une autre grave erreur.
D’un coup de pied, le Berserker retourna son adversaire vaincu, qui se retrouva sur le dos. Le coup l’avait presque assommé, mais il était encore conscient, et gémissait de douleur.
« Ba alors, c’est tout ce que t’as ? »
Il posa son pied sur le sternum du japonais et appuya de tout son poids pour se pencher un avant. Du bout de sa hache, il retira le heaume partiellement enfoncé pour constater l’étendue des dégâts. La blessure n’était pas mortelle, mais devait être extrêmement douloureuse. L’orbite gauche du Samouraï était fracturée et enfoncée, son œil avait été broyé et déchiqueté par le coup de hache. L’entaille remontait jusqu’à l’oreille, elle aussi partiellement tranchée.

Un détail empêcha malgré tout le Viking de savourer sa victoire. C’avait été trop facile. Un combattant aussi rapide aurait dû lui opposer une plus grande résistance. A moins que…
« Ooooh, je viens de comprendre. C’était ton premier combat, hein ? T’es un jeune. C’est pour ça que ton petit copain ne m’a pas tué avec sa flèche, il voulait que tu tues ton premier adversaire. Héhé, dommage pour toi ! »
Ullr regarda tout autour de lui. Si l’archer l’avait voulu, il serait déjà mort. Il en conclut donc qu’il était descendu de son poste de tir. Peut-être pour une embuscade ?
« Tu sais quoi ? » Reprit-il en renforçant la pression de son pied sur le torse du japonais, ce qui eut pour effet de le faire tousser de douleur. « Ca m’ennuie pas mal qu’il ne soit pas là, ton copain. Alors on va jouer à un jeu. Ca s’appelle ‘’combien de morceaux je peux te couper avant que tes potes viennent t’aider’’. Un jeu que j’ai inventé. L’avantage pour moi c’est que je vais pouvoir tuer ton copain. L’avantage pour toi c’est que tu vas savoir si tu dois le pleurer après sa mort. »
Le Nordique se releva puis, regardant les arbres et tournant lentement sur lui-même, cria.
« T’as entendu ? Je vais torturer ton pote jusqu’à ce que tu te montres ! »
Puis il abattit sa hache sur le tibia du Samouraï.

Un hurlement à glacer le sang jailli de la bouche du Samouraï vaincu, qui tendit ses bras pour tenter de réduire le flot de sang qui s’écoulait de sa jambe. Mais c’était sans compter Ullr, et les règles de son ‘’jeu’’. D’un coup hache, il trancha l’une des mains qui tentait désespérément de faire garrot sur la jambe sectionnée. Pas de hurlement cette fois, simplement une expression dévastée de pure peur qui transforma le visage du japonais.
« Bon, ça n’a l’air de servir à rien… » Dit le Viking en levant encore une fois sa hache.
« Arrête ! » Hurla une voix derrière lui.
Ullr se retourna, l’autre Samouraï s’était enfin montré. Il portait une tenue bien plus simple que celui qui était lentement en train de perdre connaissance sur le sol. Son arme, en revanche, était plus exotique. C’était une chaîne, extrêmement fine, qui s’achevait par une pointe tranchante d’une dizaine de centimètres. S’il était impossible d’en déterminer la longueur précise, on devinait sans problème qu’elle offrait une portée de plusieurs mètres. Bien supérieure, en tous cas, à celle des haches du Berserker.
« Alors tu parles ma lan… » commença le nordique, immédiatement interrompu par la pointe d’acier qui filait droit vers sa tête.
Il se décala sur le côté, juste à temps. Un sifflement aigu passa juste à côté de son oreille. Il serait très probablement déjà mort s’il avait été plus long à réagir. Cet affrontement allait être d’un autre niveau.

Il tenta de se rapprocher de son adversaire, mais se ravisa rapidement en entendant le sifflement se rapprocher de lui. Jamais il n’avait vu une arme pareille, et il n’avait aucune idée sur la manière de la contrer. La pointe était si rapide qu’il ne parvenait même pas à la voir, seulement à l’entendre. Sans ce sifflement, il aurait déjà perdu.
Son cœur battait de plus en plus vite. La distance entre le Samouraï et lui ne faisait que grandir, et la chaîne ne semblait même pas être totalement déployée. Heureusement, la portée serait bientôt limitée par la taille de l’endroit dans lequel ils se trouvaient. Cela ne changeait pas grand-chose, mais c’était toujours ça de gagné.
Encore un sifflement, à hauteur de tête. Il avait une idée. Il n’aurait qu’une chance. Les mouvements de la pointe étaient circulaires et horizontaux. S’il parvenait à l’esquiver, il aurait une opportunité de se rapprocher du Samouraï. S’il ne le tuait pas sur cette opportunité, ce serait la fin.
Le sifflement approcha, il se baissa. Pendant une fraction de seconde, il aurait juré avoir senti le tranchant de la pointe lui couper des cheveux. Mais il penserait à sa coupe plus tard. Pour l’heure, il avait un adversaire à tuer.

D’une seule impulsion, il se releva et sprinta vers le japonais. Ils étaient séparés de six ou sept mètres tout au plus, la distance serait vite comblée. Du moins, c’est ce qu’il pensait.
Sans qu’il puisse comprendre comment, il ressentit une douleur intense au niveau du cou. Ses jambes l’abandonnèrent, et il s’écrasa lourdement au sol. Qu’est-ce qu’il se passe bordel ?! pensa-t-il, avant de voir qu’il saignait. Beaucoup.
Pas réflexe, il lâcha l’une de ses haches et plaqua sa main libre contre son cou. L’entaille était très fine, mais profonde. Son artère était touchée, son sang s’échappait. Un autre sifflement, une autre douleur, sur la main cette fois. La pointe avait touché le dos de la main, juste en dessous des doigts. Plus que la douleur, c’était l’incapacité de pouvoir bouger les doigts qui fit paniquer Ullr. La situation lui échappait complètement, le combat tournait clairement en sa défaveur.

Mais il était un Berserker. La douleur et les blessures n’arrêtent pas un Berserker.

Un nouveau sifflement, dirigé droit vers sa tête. Cette fois, il était prêt.
Toujours à genoux, il se redressa et se protégea de sa main déjà rendue invalide. Sans surprise, la pointe traversa. Bien, c’est ce qu’il voulait. D’un geste, il entoura la chaîne autour de son avant-bras. Au moins, l’ennemi était désarmé, et lui avait encore une hache.
Sa gorge toujours ouverte, Ullr se jeta sur son adversaire, la hache prête à frapper. Mais il affrontait un Samouraï entraîné cette fois, et le Bushido lui interdisait toute panique au combat. Avec un pragmatisme impressionnant, il lâcha sa chaîne et porte sa main à sa ceinture, où se trouvait son wakizashi.
Si le nordique avait porté un coup, il aurait été en mesure de le parer. Mais ce ne fut pas le cas. Les haches de Berserker étaient redoutables au corps à corps, mais ce qui les rendait vraiment impitoyables était qu’elles faisaient également d’excellentes armes de jet à courte portée. Mais ça, le Samouraï n’eut jamais le temps de le comprendre. La hache profondément enfoncée dans le visage, il s’effondra avant même d’avoir pu sortir son arme de son fourreau.

S’il avait eu le temps de penser une dernière fois, il aurait compris que rien n’arrête un Berserker. Ni la douleur, ni les blessures.

Ni même la mort.

Roi-Angmar
23/06/2017, 11h19
Voila je tient a vous dire un truque a tous avent de commencer a lire..

*ce gratte la gorge* ...JJE LLLEEE SSSAAVVVAIIIIIIISSSS !!!! :cool::cool::cool:

Roi-Angmar
23/06/2017, 12h01
Beaux combat détailler je plein le Kensei il a prix tarif mais en même temps le comportement lâche de ces Samurai mériter une leçon.
Tu ne me vois pas mais j’applaudis ton retour t'en attendu, en plus avec le Berserker un de mais chouchou je ne peut être que heureux c'est sympa d'avoir écouter les prière de tes fans !
Un grand Berserker taré et fort comme on les aimes j'en n'attendais pas moins de toi.
Encore merci pour avoir repris ta lecture alors que CERTAINS perdes espoirs je te souhaite un bonne continuation a plus !!

LOUERN-_-
23/06/2017, 14h17
Merci Helair, tu rends honneur au berserker ;)

Queen_Shadow
24/06/2017, 14h31
Incroyable combat sanglant tu fait honneur a ta faction !

steepy68
25/06/2017, 09h32
Ambiance superbe,une narration qui a réussie à me projeter dans le combat en tant que spectateur, j'étais à fond dedans.
Le berseker sort grandi de cet incroyable combat et de ton histoire

Merci Helaïr :p