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Afficher la version complète : [Fanfic] Hélène : la Spadassin



Helair
28/06/2017, 14h15
L’énorme avantage des camps rebelles, c’est qu’ils n’étaient généralement pas fortifiés. En conséquence, il était très facile d’y entrer sans avoir été invité. Et Hélène n’allait pas s’en priver. La raison pour laquelle Erik l’avait envoyé elle sur cette mission la dépassait. Elle avait plus que largement fait ses preuves, et infiltrer un camp aussi basique était très largement en dessous de ses capacités. Elle tenta de se motiver en prenant ça comme un entraînement, même si elle savait très bien que ce ne serait pas le cas.
Le deuxième avantage des camps rebelles, c’est qu’ils étaient généralement peuplés de rebelles. Et être un rebelle consiste, la plupart du temps et par ordre d’importance, à boire d’énormes quantités d’alcool autour du feu, à se vanter de faits d’armes aussi absurdes qu’inexistants, à manger d’énormes quantités de viande autour du feu, et à se rebeller. Elle avançait discrètement et se dissimulait dans les ombres de la nuit par principe, mais était toutefois à peu près sûre qu’elle aurait pu traverser le camp en marchant simplement entre les tentes sans qu’aucun des hommes ivres au possible ne la remarque.
La seule chose qui la maintenait un peu en alerte, c’est qu’Erik ne lui aurait jamais demander de tuer quelqu’un s’il n’y avait pas une raison derrière. Pour une raison ou une autre, le Commandant devait considérer ces rebelles comme un danger potentiel. Et Hélène était une spécialiste pour transformer les dangers potentiels en vagues souvenirs. Elle ne comptait plus les hommes qu’elle avait tué, les rebellions qu’elle avait fait échouer, les mutineries qu’elle avait arrêtées. Avec le temps, elle avait appris que même le plus brave des soldats flanche lorsqu’on exhibe la tête tranchée de son supérieur.

Le camp était tout de même relativement grand, et devait compter au total plusieurs centaines d’habitants. Tous n’étaient probablement pas des combattants, et la plupart des combattants étaient déjà probablement en train d’entretenir leur coma éthylique. Malgré tout, cela ne réduisait pas le risque de tomber sur de la résistance à zéro.
Elle progressait lentement, discrètement, en prenant soin que personne ne puisse ne serait-ce qu’avoir un soupçon de son existence. Même un chien n’aurait pu se douter qu’elle était là. La grande tente de commandement n’était plus très loin. Ce qui était amusant chez les rebelles, c’était leur tendance à reproduire l’exact schéma hiérarchique et militaire des légions contre lesquelles ils se rebellaient. Ils étaient toujours prévisibles à cause de ça. Incompétents aussi, dans une grande majorité des cas, et ce intimement lié au fait que les dirigeants des rébellions étaient souvent de simples soldats rêvant de grandeur et s’autoproclamant Général. Ridicule.

Au bout de quelques minutes, Hélène parvint à trouver un endroit parfait pour son observation : légèrement en hauteur par rapport en camp et parfaitement caché par la végétation que les hommes n’avaient pas jugé utile de dégager. De là, elle pouvait très nettement voir la tente de commandement, ainsi que le chemin qui menait directement au feu central. Elle estima la distance à environ trois cents mètres. Et deux gardes étaient postés devant l’entrée de la tente, qui respectait les dimensions classiques. Un plan d’action se mit en place dans sa tête.
Il ne lui faudrait pas plus de trois ou quatre secondes pour éliminer discrètement les deux gardes. Il y avait fort à parier que le commandant rebelle était seul dans sa tente, au pire seulement accompagné d’une personne. Ceux-là, elle ne pourrait les prendre par surprise. Les tentes de commandement avaient été conçues pour qu’on soit obligé de marcher une dizaine de mètres dans une sorte de tunnel de tissu relativement étroit avant d’arriver à l’espace principal. N’importe qui dans cet espace avait alors largement le temps de vous voir arriver.
Les hommes autour du feu de camp n’étaient pas une menace. Même si certains avaient été encore sobres et en état de constituer la moindre menace, les chants poussés par les autres les empêcheraient d’entendre même le plus strident des hurlements en provenance de la tente. La spadassin était donc tranquille de ce côté.
Bilan : deux gardes à tuer rapidement, suivi d’un affrontement qui dans le pire des cas serait un deux contre un. Facile.

Hélène sortit de sa cachette et sacrifia sa discrétion au profit de sa rapidité. Elle avait sorti sa dague et son épée, les deux allaient s’avérer utiles dans les prochaines secondes. Si ces gardes étaient sobres, ils n’en étaient pas moins fatigués et, pour le moins, peu réactifs. Même en pleine course, elle avait réussi à s’approcher presque à portée de lame avant que le premier ne réagisse. Il eut le temps de tourner la tête et d’ouvrir la bouche pour crier, mais pas d’émettre le moindre son. Hélène avait tranché ses cordes vocales (ainsi qu’une grande partie de sa gorge en général) bien avant cela.
Alerté soit par la gerbe de sang qui venait de s’écraser au sol juste devant lui ou par les borborygmes gargouillant de son camarade, le deuxième garde eut un meilleur réflexe, et leva son bouclier pour se protéger tout en se décalant. C’aurait pu être utile, s’il avait su contre quoi il devait se protéger. La dague de la spadassin s’enfonça directement dans sa mâchoire par le bas, droit vers le cerveau. Là encore, aucun autre son que le choc d’une armure contre le sol. C’était beaucoup trop simple.
Par acquis de conscience, elle jeta tout de même un regard autour d’elle. Personne. Elle se redressa et rangea son épée. Sa dague serait la seule arme dont elle aurait besoin à l’intérieur de la tente.

Elle avança dans le couloir de tissu, sans forcer le pas. Courir n’aurait servi à rien, son futur adversaire aurait quand même eu le temps de la voir venir. Il était assis, encore tout en armure, devant une table faiblement éclairée par quelques bougies. De toute évidence, il devait lire des lettres en provenance des autres camps rebelles. Une rébellion organisée ? C’était donc ça que craignait Erik ?
S’il avait l’air absorbé par sa lecture, le chef rebelle remarqua néanmoins la femme en armure tâchée de sang qui s’avançait nonchalamment dans sa tente. Il marqua d’abord une seconde d’incompréhension, puis enfila à la hâte son heaume et ramassa son épée. C’était une Sentinelle. Elle s’en était doutée. Une Sentinelle est tout ce qui justifiait sa présence ici.
Son adversaire se mit en garde. Jambes fléchies prêtes à propulser la centaine de kilo de muscles en armure qu’elles supportaient, torse et épée inclinés vers l’avant pour réagir plus rapidement, tout y était.
« Qu… Qui es-tu ? Qui t’envoie ? Réponds ! » Hurla-t-il en bougeant nerveusement.
Pour seule réponse, Hélène inclina légèrement sa tête vers la droite en laissant échapper un petit soupir. Elle avait entendu ces question un millier de fois. Et à chaque fois, elle s’était demandé si ceux qui les posaient s’attendaient réellement à une réaction comme ‘’Bonjour, je suis un assassin et on m’a demandé de vous tuer, ça ne vous dérange pas j’espère ? Parce que sinon je m’en vais…’’.
Visiblement, la patience de la Sentinelle était écoulée (pour un total d’environ trois secondes) et il chargea.

Son premier coup fut caractéristique des Sentinelles et indiqua tout de suite à Hélène quel genre d’adversaire elle affrontait : surpuissant, mais lent. Elle esquiva sans difficulté la lame qui alla creuser un sillon d’une dizaine de centimètres de profondeur dans le sol. Si par hasard il parvenait à la toucher, elle se ferait sans aucun doute couper en deux. Si.
Elle fit le tour de l’espace central d’une petite série de pas rapide. Il était important de savoir s’ils n’étaient que tous les deux dans ce combat, ou si quelqu’un risquait de débarquer en plein milieu. Visiblement, ils étaient seuls.
Une deuxième attaque du rebelle trancha en deux la table, faisant tomber toutes les bougies qui s’y trouvaient et n’en laissant allumer que quelques-unes. Il faisait désormais très sombre, seules une ou deux bougies brillaient encore, et la lumière des quelques braseros à l’extérieur traversaient à peine l’épais tissu de la tente. La respiration de la Sentinelle devenait lourde, il savait qu’il affrontait plus fort que lui.
Un troisième coup, toujours aussi puissant, que la spadassin esquiva une fois de plus. La différence est que cette fois, l’obscurité ne lui permis pas de voir la chaise renversée qui était sur son chemin. Un petit cri de surprise lui échappa alors qu’elle s’effondrait au sol. Elle était allongée sur le côté, dos au mur, sans défense. Il n’en fallait pas plus à la Sentinelle, qui arma son quatrième coup. C’était un coup vertical, ample, assez puissant pour couper en deux presque n’importe quoi sur son chemin. Sauf les poutres de soutient d’une tente de commandement. Un bruit sourd se fit entre alors que la lame s’enfonça dans le bois. Un combattant expérimenté aurait lâché son arme. Le rebelle s’y accrocha fermement. Tellement fermement qu’il en oublia que son armure avait quelques points faibles.
Ils étaient rares, et les exploiter était extrêmement difficile. Mais Hélène n’en était pas à sa première sentinelle. Elle s’était relevée et, avec un petit sourire de satisfaction, enfonça profondément sa dague entre les côtes de la Sentinelle, sous son aisselle entièrement exposée. Il toussa, crache probablement un peu de sang dans son heaume, et lâcha son arme avant de tomber à genoux. Sa respiration devenait lourde et erratique. La dague avait probablement perforé un poumon, qui se remplissait alors lentement de sang.

D’un coup de pied, Hélène renversa la Sentinelle sur le dos. D’habitude elle partait directement après son travail accompli, mais là elle voulait s’amuser un peu. Elle redressa la chaise sur laquelle elle avait trébuché et s’assit.
« Tu vas te noyer dans ton sang. Ca sera long, douloureux, et tu ne pourras pas bouger à cause de la douleur. Tu vas mourir ici, pendant que je rentre tranquillement chez moi et que tes hommes font la fête plus bas. Tu peux les entendre ? »
Elle retira le heaume de son adversaire vaincu. Son visage était rouge, ses yeux injectés de sang et complètement paniqués. Il semblait vouloir parler mais seuls du sang et de la bave passaient ses lèvres.
« Ne te fatigue pas, ça ne fera qu’accélérer les choses. Si tu veux vraiment mourir plus vite, prends sur toi, lève-toi, et égorge-toi sur ton épée. Après tout, c’est de ta faute si tu en es là. Avant de partir, je vais me permettre une petite remarque : il faut vraiment être idiot pour penser qu’un assassin envoyé pour te tuer, qui a traversé tout ton camp, tué tes deux gardes sans même que tu t’en aperçoives et qui ne prend même pas la peine d’attendre que tu dormes pour te buter puisse trébucher sur une chaise. Et il faut être un profond abruti pour ne pas simplement empaler une cible qui est au sol devant toi. Pendant que tu t’étouffes lentement dans ton sang, pense bien à ça. Heureusement que tu es un traître, il aurait été honteux pour une véritable Sentinelle de se faire avoir comme ça. »
Elle resta encore quelques secondes à regarder ce visage qui semblait gonfler de rage et devenir de plus en plus rouge. Elle souriait.

De l’air frais passa à travers la visière de son heaume pour lui caresser le visage alors qu’elle sortait de la tente. Il sentait le sang. Rien d’étonnant si l’on considérait qu’elle se tenait au milieu de deux cadavres égorgés. Encore une mission menée à bien. L’un des hommes allait probablement prendre le commandement des troupes maintenant que la Sentinelle n’était plus là, et une bonne partie desdites troupes allait sans nul doute fuir en apprenant la mort du chef. Des déserteurs de rebelles, c’est vraiment pitoyable ! Pensa-t-elle.

Elle respira un grand coup, et eut comme un pressentiment. Pour une raison qu’elle ne pouvait expliquer, elle eut comme l’impression qu’elle allait sentir cette odeur très souvent dans peu de temps.

L’odeur du sang.

Queen_Shadow
28/06/2017, 21h14
Super chapitre !;)!

Et bien le psychopathe sort une nouvelle présentation sur mon personnage préféré gg a toi.

Je me demande sincèrement comme tu fait pour écrire de telle massacre ta était élevé par Apollyon ou quoi ?

Helair
29/06/2017, 08h15
https://fr.wikipedia.org/wiki/Catharsis

Helair
29/06/2017, 08h27
http://memes.ucoz.com/_nw/4/96119685.jpg

Roi-Angmar
29/06/2017, 11h34
Mais qu'elle... celle la, quand on tue une Sentinelle faut avoir un minimum de respect, sauf exception, se qui utilise le vortexe vous pouvez les bouffaient a quatre centurions et lui pisser dessus vous auriez bien raison, mais la prendre plaisir a regarde un pauvre gardien se vider de son sang par amusement et se foutre de sa gueule en plus ! se n'est pas digne d'un chevalier !
Enfin je dit sa mais bon je suis Très loin d'être un exemple :p
Super prologue en attente de la vraie Histoire !