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Afficher la version complète : Pour les nouvelles gagnantes du concours



vyse0
03/04/2006, 13h04
Pour le moment je n'arrive pas à avoir les pseudos exactes de Krys Tal et Yoda donc je ne peux les contacter pour demander leurs nouvelles. Je n'ai egalement rien pour uploader le fichier .doc donc je vous colle toute ma nouvelle ici. Si les deux autres gagnants passent pas là, se serait sympa de poster vos nouvelles.

Nouvelle de vyse0:

LES DEBUTS D'UNE REINE


Mauvaise nouvelle au haven

Isabel regardait comme tous les matins le soleil se lever sur Ashan. Du haut de la plus haute tour du château, cette douce chaleur lui caressait le visage. Comme à chaque fois c'était un moment privilégié. Elle se retrouvait avec elle-même, et n'avait à rendre de compte à personne. En effet depuis qu'elle était reine le peuple et les soldats attendait beaucoup d'elle. Elle montrait une grande aisance en publique et une certaine estime d'elle-même. Elle paraissait forte et sévère, et parfois cela la poussait à commettre des actes dont les cauchemars la hantaient la nuit. Car ce visage fort n'était qu'une apparence publique. C'est lors de ces levés de soleil qu'Isabel pouvait se permettre de douter, parfois même de pleurer. Elle pensait sans cesse au futur, et espérait ne pas voir arriver une nouvelle guerre. Mais en ces ères de conflits, l'ombre d'une guerre sanglante menaçait toutes les races. Tous les matins revenaient ces questions. Pourrait elle sauver son peuple d'une extermination ? Les anciennes alliances étaient rompues. Si les démons attaquaient les humains sans menacer les elfes et les magiciens, ils ne réagiraient pas. Et si les différentes factions maléfiques pactisaient, il en serait fini de l'empire du griffon.

Avec ces pensées, Isabel sentait ses yeux humides. Mais des coups fermes sur la porte sortirent la jeune reine de sa léthargie. Godric entra dans la chambre. Cet homme d'une importante stature était un modèle pour tous. C'était un pur croyant, et sa devise était « un esprit sain dans un corps sain ». Cette devise était la devise officielle qu'il aimait proclamer en publique. Mais sur les champs de bataille, son cri de guerre était un peu moins tolérant et consistait en un « mort aux hérétiques ». Mais ce général avait le respect total de ses troupes, et même s'il paraissait un homme assez dur en public, il avait été comme un père pour Isabel. Elle avait une totale confiance en lui, mais ne lui avait jamais confié ses doutes. Elle voulait toujours se montrer forte face à lui, elle voulait le rendre fier. De toute façon, Isabel se sentait déjà mieux. La présence de Godric avait un effet rassurant, comme lorsque l'on se retrouve enveloppé dans les bras chauds d'une mère. Godric venait voir chaque matin Isabel pour lui faire un rapport. Malgré la difficulté de lire des sentiments sur le visage de Godric, celui-ci montrant toujours le même faciès en quelconque circonstance, Isabel sentait quelque chose de différent ce matin. En effet ce matin Godric n'avait pas que des bonnes nouvelles. Ce matin « la joute d'argent », un groupe de paladins expérimentés, avaient sauvé un homme d'une troupe de zombies. Il rapporta des évènements pour le moins intrigants à Godric. Mais celui-ci préférait que l'homme raconte directement son histoire à Isabel. Godric était totalement dévoué à Isabel, et alors qu'il aurait pu diriger les hommes par l'intermédiaire d'Isabel qui manquait d'expérience, il préférait lui laisser prendre toutes les décisions politiques. Godric donna rendez vous à Isabel dans la salle du trône et sortit de la chambre. Isabel gardait son armure pour dormir, pour être préparée à une attaque surprise. Elle enlevait par contre les heaumes impériaux qu'elle ne mettait que pour paraître en public ou pour les campagnes militaires. Après s'être équipée de sa cape, symbole de noblesse, elle descendit dans la salle du trône. Elle commençait à sentir un nÅ“ud au ventre, et ses pensées obscures du matin refaisaient surface.

Isabel entra dans la salle du trône et s'assit dans le trône brodé d'or et de velours. Derrière le trône un immense blason représentant un griffon siégeait. En effet les griffons étaient leurs plus grands alliés non humains. Il n'y avait guère que les griffons et les anges pour apporter directement leurs forces aux hommes lors des batailles et se laisser commander par des chefs militaires humains. Leurs aides étaient très précieuses car ils consistaient en une force mobile et volante non négligeable dont les humains manquaient cruellement. Hélas lors des dernières guerres, les pertes angéliques avaient été énormes, ceux-ci étant souvent les plus exposés et les cible prioritaires au cÅ“ur de la bataille. Suite à ça les quelques survivants sacrés coupèrent les rapports avec les hommes pour aller se restructurer. L'empire griffon n'avait donc plus que les griffons pour leur prêter main forte lors d'une future guerre potentielle. Ils vouaient donc un véritable culte à ces nobles créatures et avaient pris le nom d' « empire griffon ». Ils en avaient également fait leur emblème car ces créatures représentaient force, courage, et compassion. Toutes ces valeurs qui étaient chères aux hommes.

Une fois Isabel assise, elle se retrouva face à un homme plutôt fétiche. Une distance de vingt mètres séparait l'homme d'Isabel, distance imposée et nécessaire à la protection de la reine. Entre la reine et l'homme, une seule défense, Godric, épée en main et lame au sol. Normalement un corps d'élite de dix gardes protégeait la reine, mais quand Godric était là, lui seul suffisait. Ceci n'entrait pas dans ses attributions mais il aimait savoir la reine en sécurité, et elle ne pouvait l'être plus que protégée par lui. L'homme malingre commença à s'exprimer d'une voie frêle qui correspondait à sa carrure maladive. Il commença à raconter son histoire en commençant par la fin, ce qui intéressait moyennement Isabel qui connaissait déjà cet aspect. Néanmoins Isabel ne l'interrompit pas et le laissa raconter son histoire entièrement. Il raconta tout d'abord qu'il avait réussi à semer les zombies car ceux-ci étaient lents, mais que la fatigue le gagnait et sans l'aide des paladins il serait mort. Puis il raconta l'aspect intéressant de l'histoire, pourquoi il avait été poursuivi par ces zombies. Les nécromanciens rassemblaient une immense armée. Sandro se chargeait de rallier tous les morts vivants du pays à sa cause. Les autres seigneurs de guerre essayaient de convertir tout le monde à la nécromancie. Si jamais les personnes refusaient de se faire vampiriser ou refusaient d'apprendre les arcanes obscures pour abandonner leurs corps matériels, alors ils étaient impitoyablement exécutés pour renaître sous forme de squelettes, zombies, ou pour les esprits les plus tourmentés de spectres. Les exécutions étant publiques, la plupart des gens choisissaient la solution précédente. En effet quitte à être enrôlé dans une armée de force, mieux vaut être puissant que de servir de chair à canon. Mais l'homme avait réussi à s'échapper lors de son exécution et voilà comment il était arrivé jusqu'ici. En traversant tout le pays, il avait pu voir une partie de l'imposante armée des nécromanciens. D'après sa description, jamais les hommes n'auraient la puissance militaire nécessaire pour repousser une future invasion. Malgré ces nouvelles alarmantes, du fait que les nécromanciens s'arrêtaient à chaque village pour convertir tout le monde, leur progression était très lente et laissait le temps aux humains de s'organiser. Suite à ce récit qui valait tous les espions du monde, Isabel offrit quelques pièces d'or et un gîte à l'homme, et le fit sortir de la salle du trône.

Après avoir réfléchi un peu à la situation, Isabel demanda à Godric de s'approcher. Celui-ci avait un siège à coté du trône. Peu conventionnel, mais c'est Isabel qui en avait donné l'ordre. Et quand la reine ordonnait, on obéissait. Pour les apparences, le siège de Godric était moins orné que le trône. Mais cela ne voulait pas dire pour autant qu'Isabel se sentait supérieure face à Godric. De toute façon celui-ci était avant tout un guerrier, et les apparats lui étaient totalement indifférents. Elle commença à lui demander son avis. Godric refusait de prendre des décisions politiques, mais s'il s'agissait de stratégie et quand la reine lui demandait son conseil, il s'exécutait. Pour Godric il fallait sur le champ commencer à renforcer les cités pour repousser les forces, et quérir l'aide des magiciens, éternels ennemis des nécromanciens. Pour une fois, Isabel n'était pas de l'avis de Godric. Et quand Isabel prenait une décision, elle la prenait seul et Godric ne s'y opposait jamais. Pour Isabel, la meilleure défense était l'attaque, et une attaque surprise jouait pour beaucoup dans une bataille. De plus s'ils attendaient que l'ennemi rassemble toutes ses forces, jamais ils ne pourraient se défendre. Elle était par contre d'accord sur le fait qu'il leur fallait de l'aide. Mais pour Isabel les magiciens n'accepteraient jamais. Pour elle, il fallait tout d'abord reforger l'alliance avec les anges. Elle savait ou les trouver, et se déplacerait personnellement pour demander de l'aide. Elle serait escortée très faiblement, car elle risquait moins de se faire attaquer en se déplaçant incognito. Elle chargea Godric de fouler les campagnes et d'enrôler le plus de personnes valides pour se battre. Elle lui écrivit une missive signée de son sceau et l'autorisa à utiliser en dernier recours la force pour enrôler les plus réfractaires.


Le ciel nous abandonne

Cela faisait déjà deux semaines qu'Isabel était partie. Son escorte au départ se constituait de cinq de ses meilleurs chevaliers. Hélas le chemin était ardu et dangereux, et deux de ses hommes avaient déjà trépassé. En effet pour espérer parler aux anges il fallait se rapprocher le plus possible du ciel. Pour cela, Isabel s'était mis en tête de gravir la plus haute montagne. Elle se déplaçait dorénavant à pieds avec ses chevaliers, ayant laissés leurs montures aux pieds des pentes les plus escarpées. Les armures gelaient sous ce froid glacial et les mains d'Isabel étaient couvertes de gerçures. Elle souffrait beaucoup, et la fatigue ne faisait qu'accentuer cette sensation. Mais Isabel se refusait à abandonner, la vie de son peuple était en danger, et il était de son devoir de la protéger. Quand à ses chevaliers, ils souffraient beaucoup aussi. Mais ils ne se plaignaient pas. Faire partie de la garde rapprochée de la reine était un immense honneur, et il fallait avouer que la reine savait récompenser d'une dote plus que généreuse ses plus loyaux sujets.

Isabel apercevait dorénavant l'autel qui servait au culte des pèlerins. Isabel laissa sa garde avant de gravir le dernier sommet. En effet les anges ne se présenteraient que devant les êtres les plus saints. Or les rois et les reines étaient considérés comme les êtres les plus purs et les seuls dignes de s'entretenir avec ces êtres divins. De toutes façons à ces hauteurs il paraissait inconcevable à Isabel de trouver une embuscade d'ennemis ou de bandits, ni même une espèce vivante. Arrivée au lieu de culte, Isabel enleva son armure. Il fallait effectuer un rituel de purification. Elle commença une longue série de prières. Les prières durèrent plusieurs heures et Isabel commençait à ne plus sentir ses membres engourdis par le froid. C'est alors qu'une douce chaleur l'enveloppa. Elle ouvrit ses yeux qu'elle avait gardé fermés tout le temps de la prière. Elle les referma immédiatement éblouie par une immense lumière. Ses yeux s'habituèrent tout d'abord à la lumière filtrée par les paupières, puis elle les ré ouvrit progressivement.

Isabel se retrouva devant un archange. Etre suprême il n'en existait que quatre. On pouvait les reconnaître grâce à leurs robes blanches et leurs capuches qui les différenciait des anges. De plus leurs ailes était plus grandes et d'un blanc beaucoup plus pur, et une lumière émanait constamment d'eux. Les archanges tout comme les anges étaient asexué. Ainsi ils héritaient tous d'une grande beauté androgyne. Cet archange avait des cheveux longs d'un argent pur qui sortait de sa capuche, et l'on ne discernait de son visage que de superbes yeux bleus azures. Le reste du visage était dans l'ombre de sa capuche. En effet il était dit que quiconque voyait le visage d'un archange restait figé par tant de beauté. Isabel ne s'attendait pas à se retrouver face à un archange. C'était un immense honneur que peut de mortel avait vécu. Les quatre archanges étaient les lieutenants d'Elrath. Aucun mortel n'avait jamais vu Elrath. Il était dit que personne ne pouvait la voir. Personne ne savait si cela voulait dire qu'aucun mortel n'avait le droit de la voir ou s'il n'avait pas la possibilité physique de la voir. Certains parlait d'Elrath comme de l'énergie pur, d'autres disaient simplement qu'Elrath se trouvait dans tout les bonnes actions et les sentiments tels que la compassion, le courage...De toutes façons Elrath était une divinité et plus un symbole qu'autre chose. L'apparition d'un des quatre archanges était déjà un très grand honneur. L'archange commença à s'adresser à Isabel. Elle vit tout de suite que ses lèvres ne bougeaient pas, et comprit qu'il s'exprimait directement dans sa tête. Il commença tout d'abord à se présenter. Les archanges avaient beau être très supérieur aux humains, ils ne se sentaient pas supérieurs et étaient toujours respectueux. L'archange s'appelait Rockel. Il continua ensuite en répondant à la requête d'Isabel avant que celle-ci n'ait le temps de la formuler. Les archanges et les anges également avaient la capacité de lire dans les pensées. Sur le champ de bataille c'est ce qui leurs permettaient d'anticiper les réactions ennemis et d'être si performant en combat. Il expliqua à Isabel que les anges étaient désormais peut nombreux. La dernière guerre les avait beaucoup affaiblis. Prendre part à une nouvelle guerre risquait de les exterminer, et s'ils n'existaient plus Elrath ne pourrait plus équilibrer le monde et des évènements terribles tels que des éruptions, ras de marée... apparaîtraient en chaîne. Isabel ne comprenait pas car il était dit que chaque ange battu sur un champ de bataille retournait à Elrath. En effet les anges étant déjà morts ils ne pouvaient mourir une seconde fois. Rockel expliqua à Isabel qu'il ne s'agissait que d'anciennes superstitions. Ces superstitions étaient basées sur le fait que chaque ange à sa naissance devenait immortel. Cela était vrai. Mais Rockel expliqua à Isabel qu'il n'était pas dans la nature des anges de se battre, les anges étant des êtres pacifiques. Dès le moment où les anges prenaient part à un conflit, ils modifiaient donc leur nature profonde. Dès lors leur don d'immortalité leur était enlevé et ils devenaient aussi mortels que n'importe quel paysan. Abasourdi par cette nouvelle, Isabel implora tout de même l'archange de les aider, expliquant que de toute façon le déséquilibre dans le monde apparaîtrait également si les hommes laissaient leurs places à une horde de morts vivants. Mais l'archange ne revint pas sur sa décision. Il ne s'agissait pas de son choix mais du choix d'une communauté entière dont il était seulement le représentant pour cet entretien. Il donna tout de même à Isabel la croix qu'il portait autour du cou et la bénit. Puis la lumière devint plus faible et la silhouette disparut progressivement. Cette lumière chaleureuse s'éteignait en même temps que l'espoir d'Isabel. Elle espérait tant de ce voyage. Elle n'avait pas imaginé un refus, ni un plan secondaire. De plus si même les anges avaient peur de cette armée qui se rapprochait du monde des hommes, comment de simples mortels pouvaient faire face.

Puis elle rejoignit ses hommes en masquant le désespoir qui se lisait sur son visage. Ce qu'elle redoutait lui arriva. Un des hommes la questionna pour savoir ce qu'il en était de l'entretien. Isabel sentit une larme couler le long de sa joue. Puis elle se retourna et dit à l'homme que les anges lui avaient promis allégeance et qu'ils seraient là le jour du combat final. L'homme rassuré et souriant lui demanda alors pourquoi la jeune femme pleurait. Elle lui expliqua brièvement qu'il s'agissait du vent qui lui soufflait dans les yeux, puis coupant court à la conversation emboîta d'une marche rapide le retour au royaume.


En marche pour la guerre

Isabel fut accueillie au royaume comme une héroïne. Sous un tonnerre d'applaudissements du peuple, elle avait honte. Elle n'avait pas réussi sa première mission en tant que reine, et le peuple l'acclamait pour ça. Mais elle ne voulait pas enlever tout espoir au peuple. Le désespoir était pire que le mensonge, et même si elle avait voué sa vie à la sincérité et la croyance, elle devait agir en reine. Godric l'accueillit le sourire aux lèvres, ce qui était très rare venant de lui. Apparemment sa mission était un succès, mais elle n'en avait jamais doutée. Mais Godric connaissait Isabel mieux que personne, lorsque leurs regards se croisèrent il ne lui fallut pas plus de quelques secondes pour comprendre la situation. Il lui expliqua que les troupes qu'il avait rassemblées étaient à l'extérieur de la ville, et qu'ils se parleraient sur le chemin. Sur le chemin menant à l'extérieur sud de la ville, Isabel raconta tout ce qui s'était passé à Godric. Suite à cela il fronça les sourcils et prit l'air songeur. Pendant un bon moment il ne dit pas un mot, comme s'il cherchait une autre stratégie, une autre idée. Puis il se retourna vers Isabel et rompit le silence. Il lui dit qu'il avait rassemblé beaucoup de troupes et qu'avec la surprise de l'attaque ils avaient toutes leurs chances. Apparemment il n'avait pas trouvé de meilleure idée, ce qui ne rassura pas Isabel. Puis Godric commença à détourner la conversation en évoquant des souvenirs et en racontant des blagues. Godric pouvait vraiment être un amour. Il savait remonter le moral d'Isabel, et avec quelques blagues pas toujours de bon goût elle retrouvait le sourire. Rigoler en ces temps de guerre était rare et précieux, et seul cet homme réussissait à lui offrir ces instants.

Arrivées au camp les troupes étaient toutes à l'entraînement. Godric n'avait pas menti, il y avait beaucoup d'hommes et tous valides et jeunes. Mais là où elle s'attendait à ne voir que des paysans, elle trouvait des chevaliers, des moines, des archers, des paladins. Elle ignorait à qu'elle point les campagnes et les bourgs alentours pouvaient regorger d'une telle force militaire. Les hommes étaient par nature une nation vouée à la croyance. Voués au culte du corps et de l'esprit. Ainsi il était vrai que quasiment chaque homme valide s'entraînait dans une quelconque discipline militaire. Dans la plupart des villages il y avait des centres d'entraînement, et tous les hommes s'y entraînaient. Il y avait également des femmes mais la plupart du temps elles s'occupaient du foyer ou étudiaient les arts de la stratégie. Dans ces villages les rangs sociaux était également en rapport avec ses entraînements. Ainsi le chef d'un village était le guerrier le plus expérimenté. Isabel était heureuse de voir que beaucoup avait répondu à son appel. Et d'après Godric il n'avait pas eu recours à la force, après à savoir s'il disait la vérité ou s'il ne voulait pas la vexer. De toute façon voir tous ces hommes se rallier à sa cause remontait son moral, et elle ne voulait pas savoir si les dires de Godric étaient véridiques.

En entrant dans le camp elle entendit une voie puissante crier des ordres de manÅ“uvres de combat. Au détour d'une tente elle vit une femme de dos entraîner les plus jeunes recrus qui semblaient terrorisées. Une des jeunes recrues fixant Isabel et Godric, la femme s'en aperçut et se retourna. C'était Freyda. Freyda était la fille de Godric. Elle était comme une sÅ“ur pour Isabel, bien qu'une certaine rivalité existait entre elles. Freyda avait toujours été un peu jalouse que Godric soit plus affectueux avec Isabel, tandis qu'Isabel enviait la place de Freyda et ses facultés à prendre rapidement les bonnes décisions. Comme deux sÅ“urs chacune enviait la place de l'autre, mais elles s'aimaient tout de même comme des sÅ“urs. Isabel aimait Freyda et lui reconnaissait beaucoup de qualités. Freyda était comme son père une guerrière et un commandant hors pair. Elle était très autoritaire avec ses hommes, certains iront dire tyrannique. Mais les résultats étaient là. Ses troupes souffraient à l'entraînement mais ne mourraient pas en combat. Freyda n'aimait pas attendre. Les déplacements de ses troupes s'effectuaient souvent en marche forcée. Ironiquement Isabel lui avait donné le commandement des armées à pieds et des troupes lourdes tels que les chevaliers. Ironique pour une femme qui aimait la rapidité. Mais elle n'avait pas à se plaindre elle dirigeait la plus grande armée du royaume. Freyda ressemblait beaucoup à son père et était déchaînée sur les champs de bataille. Par contre il y a une chose où elle divergeait totalement du point de vue de son père. Alors que Godric était un vraie croyant, Freyda ne croyait qu'en sa propre force. De même alors que Godric avait une confiance aveugle dans les troupes qu'il avait entraînées et là où il confierait sa vie à ses hommes, Freyda ne faisait confiance qu'à elle, et à elle seule. Isabel ne pensait pas la voir car aux dernières nouvelles Freyda avait été chargée de réprimer un groupe de pillards qui s'était formé dans l'arrière du pays. Encore une fois cela prouvait sa rapidité et son talent. Isabel était très contente de voir Freyda car celle-ci était une experte en attaque surprise. Elle serait un atout non négligeable lors du combat final. Freyda vint voir Isabel et lui dit que les troupes seraient formées et prêtes à se mettre en marche en une semaine. Voilà qui était plutôt encourageant. Plus tôt ils partiraient moins l'ennemi serait puissant. Isabel était en partie rassurée. Elle en profita pour se promener un peu dans le camp avec Godric. Elle adorait ces camps de fortune montés rapidement. Le bruit ambiant était toujours un bruit de contact d'épée à épée ou de flèches à cible. L'odeur était un mélange de bois brûlé et de crins de chevaux. Cette ambiance ramenait Isabel quelques années plus tôt lorsqu'elle n'était pas encore reine et que la vie était plus simple. Isabel malgré son rang élevé avait reçu une formation militaire et même s'il lui était interdit de servir dans l'armée lors de conflit elle avait tenu à vivre au plus près de l'armée régulière. Ainsi quittant le confort du château elle avait effectué sa formation en vivant dans un camp comme celui-ci. Souvent critiquée par les nobles elle ne regretta jamais son choix qui lui servirait maintenant plus que jamais. Pour méditer sur la campagne militaire qui l'attendait et pour se réhabituer progressivement aux conditions de vie difficile d'une longue campagne, elle décida le soir même de ne pas retourner au château pour s'installer au campement et vivre auprès de ses hommes. De plus les jeunes recrues étaient galvanisées par une présence royale, et Freyda vint dire à Isabel au bout de cinq jours que les troupes étaient prêtes. Ne voulant pas perdre de temps, elle programma le départ pour le lendemain matin à l'aube.

Isabel ne dormit pas de la nuit. Lorsque les premiers rayons du soleil éclairèrent la rosée matinale, Isabel souffla dans son cor royal. Ce cor avait été transmis dans sa famille de génération en génération, et le son qu'il émettait était clairement distinct d'un quelconque cor. Il galvanisait immédiatement les troupes sur un champ de bataille. Ce matin il ne galvanisait personne, il se chargeait surtout de réveiller les hommes qui avaient trop festoyé la veille en prenant leur dernier bon repas et en savourant leurs dernières chopes de bières. La fatigue était là mais le moral était au beau fixe. Les hommes se mirent très rapidement en selle et aucun n'eut à être sorti violemment de sa tente. Dans un bref discours, Isabel harangua ses troupes. Elle ne voulait pas trop s'exprimer, elle préférait garder les grands discours pour la bataille. Elle avait devant elle trois ou peut être quatre mille soldats. Il y en avait de tous types. Jeunes, plus âgés, novices, expérimentés, paysans, chevaliers... tous étaient là, même quelques femmes. Puis ce fut l'heure du départ. On emboîta d'un trot ferme pour que les troupes à pieds puissent suivre sans trop fatiguer, mais assez vif pour ne pas qu'ils s'endorment. Isabel ouvrait la marche avec à ses cotés Godric. Suivaient les cavaliers et les paladins. Enfin les prêtres entouraient les chevaliers qui formaient un bloc compact, puis les archers derrière, suivis par quelques paysans en horde désorganisée. Enfin Freyda fermait la marche avec les paladins de « la joute d'argent ».


En terrain hostile

Plus les jours passaient, plus l'armée quittait son milieu natal, et plus le décor changeait. Le ciel s'assombrissait, les arbres mourraient, les différentes formes de vie devenaient de plus en plus menaçantes. Le moral n'était pas au beau fixe pour les soldats. Certains d'entre eux étaient déjà morts, noyés lors du passage d'une rivière, mordus par des animaux au poison mortel, d'autres étaient morts de façon inexplicable pendant leur sommeil. Certains parlaient de l'Å“uvre du Diable tandis qu'Isabel justifiait ces morts par un milieu particulièrement hostile dont il ne connaissait pas tous les secrets. Isabel se demandait de plus en plus si attaquer les nécromanciens sur leur territoire n'était pas en fait une énorme erreur. Non seulement ils seraient plus nombreux mais ils seraient également chez eux. Isabel venait de trouver un nouvel endroit pour établir le camp pour la nuit. Les terrains de campements étaient très difficiles à trouver. Il devait toujours se trouver en position favorable en cas d'attaque. Il ne fallait pas oublier qu'ils se trouvaient en terrain ennemi et que des espions pouvaient se cacher partout. Il fallait tout le temps être préparé à une attaque surprise nocturne. Les morts vivants ne dormaient jamais, il fallait donc garder constamment un Å“il ouvert. Les hommes de garde étaient donc pas groupe de trois ce qui est supérieur à la normale, et les groupes se relayaient toutes les heures pour avoir une attention optimale.

Le lendemain matin Isabel fût réveillée par un garde qui signalait qu'un homme avait aperçu du mouvement. Isabel sortit de sa tente le plus rapidement possible. L'ennemi les avaient ils repérés et s'apprêtait il à attaquer. A sa grande surprise, elle vit tout d'abord de la brume bleutée et un froid pénétrant la figea. Puis un grand cheval noir sortit de la brume. Il était entièrement protégé par une armure hormis ses pattes qui laissaient voir un pelage noir et épais. Le cavalier était quand à lui tout aussi impressionnant. Le cavalier ne laissait apercevoir que deux grandes mains noires. Dans l'une des deux mains le bout de la crosse d'une faux était tenu, tandis que le reste de l'immense crosse reposait sur l'épaule de cavalier. La lame de la faux était recourbée derrière le dos du cavalier, et il aurait suffi d'un seul mouvement brusque de celui-ci pour s'auto mutiler avec son instrument de mort. Quand au reste du corps, il était recouvert d'une immense cape noire le recouvrant dans son intégralité et ne laissant apparaître ni jambes ni visage. Le cavalier ressemblait trait pour trait aux représentations de la mort que l'on retrouvait dans les livres d'histoire. L'ennemi avait un sens de la mise en scène prononcée pour intimider ses adversaires pensait Isabel en esquissant un sourire tandis que les soldats avaient l'air nettement moins enclin à la rigolade. Isabel attendait de voir ce qui allait se passer, mais elle était néanmoins agréablement surprise de voir que l'ennemi n'attaquait pas directement, sournoisement et dans l'ombre. La « chose » se présenta. Il s'appelait Dohra, et était le premier lieutenant des armées de Sandro. Dohra satisfit la curiosité d'Isabel en précisant que c'était un wight. Il expliqua que les nécromanciens étaient au courant de la campagne militaire engagée contre eux. Ils n'avaient pas réagi jusqu'à maintenant car leurs forces paraissaient insignifiantes face à la puissance nécromancienne. De plus, le fait que l'armée d'Isabel venait à leur rencontre leur évitait un déplacement inutile. Dohra proposa un marché à Isabel. Si elle acceptait de se rendre sans résistance, elle s'assurait un avenir. Si elle acceptait, Sandro acceptait de la promouvoir en tant que son bras droit dans l'armée nécromancienne, et elle pourrait choisir ses aides de camps. Il lui faudrait bien évidemment abandonner son statut de mortelle, mais elle pourrait bénéficier de la beauté et de la jeunesse éternelle en tant que vampire, ce qui valait mieux que d'être réduit à un tas d'os. Si elle refusait, toute son armée et tous les hommes mouraient à l'aube. Isabel sans aucun instant de réflexion éclata de rire à la face du wight, puis refusa poliment son offre. Elle lui répliqua que si l'armée nécromancienne était si supérieure que ça à la leur, pourquoi proposaient ils un marché. Sur cette réponse le wight ne répondit pas. Il se contenta de donner un lieu et une heure à laquelle la bataille se déroulerait. La bataille se déroulerait le lendemain aux premières lueurs du soleil dans la plaine des damnés. Puis sans aucun autre mot il fit demi tour et disparut dans la brume, avant que celle-ci ne disparaisse à son tour.

Isabel s'empressa de réunir son conseil de guerre. Celui-ci était restreint puisque seul Freyda, Godric, et Isabel avaient le statut nécessaire pour commander les armées. Les autres généraux étaient trop dispersés dans le pays pour avoir pu les réunir dans le temps imparti. Voici l'ordre de bataille qu'ils déterminèrent. Freyda commanderait la troupe principale. Elle serait composée des chevaliers, paysans, et prêtres. Les troupes seraient mélangées. Le but était de mélanger les paysans avec les chevaliers expérimentés pour éviter une baisse de moral et une fuite trop rapide des jeunes recrues. Les paysans n'étaient pas des combattants et à la première occasion ils pouvaient fuir. Les chevaliers expérimentés inspiraient l'admiration et relevaient le moral des troupes. Les prêtres renforçaient également le moral avec leurs prières. De plus ils étaient formés au combat au corps à corps et avec leurs marteaux faisaient de gros dommages dans les mêlées. Ils ne se servaient pas d'armes tranchantes car ils n'avaient pas le droit de faire couler le sang. C'était assez ironique quand on savait la quantité de sang que pouvait déverser un crâne écrasé. Godric dirigerait la cavalerie et serait caché avec ses troupes dans une forêt non loin du champ de bataille. En effet un éclaireur avait rapporté la proximité au champ de bataille d'une forêt, ce qui était une aubaine. La surprise d'une charge de cavalerie dans le dos de l'ennemi pouvait être dévastatrice pour le moral même s'il était dit que les morts vivants ne connaissaient pas la notion de moral, qui était en général primordiale dans une bataille. Enfin Isabel serait à l'arrière à commander les archers. Elle ne fuyait pas le contact avec l'ennemi mais si elle venait à tomber au combat, jamais les troupes ne continueraient à se battre et fuiraient rapidement. Les griffons agiraient à leur guise, mais ils avaient quand même pour objectif principal d'attaquer les archers ennemis, et dans un deuxième temps de protéger les archers et la reine si les troupes contrôlées par Freyda subissaient une percée. Une fois le plan de bataille élaboré et la tactique expliquée aux troupes, Isabel décida de partir pour le champ de bataille immédiatement. Ils arriveraient sur le champ de bataille le soir, et dormiraient là-bas. Les troupes se placeraient à leurs positions stratégiques et dormiraient sur place. Il leur était interdit d'allumer des feux ou de faire trop de bruit pour ne pas renseigner l'ennemi sur leur plan de bataille. Une fois les directives données aux troupes ils levèrent le camp immédiatement, et marchèrent vers la guerre.


L'heure de vérité

Isabel n'avait pas dormi de la nuit, comme la majorité des troupes. Ils avaient rejoint le champ de bataille la veille. La peur se lisait sur chaque visage, et la plaine lune le reflétait bien. Les premières lueurs du soleil allaient bientôt apparaître et toutes les troupes étaient en place. L'ennemi n'avait pourtant jusqu'alors montré aucun signe de vie... ou plutôt de mort. Lorsque les premières lueurs du soleil frappèrent le champ de bataille, on distingua clairement une épaisse fumée qui sortait de derrière une colline de l'autre coté du champ de bataille. Une fumée comme la terre retournée par le piétinement d'une masse. Puis un bruit de piétinement se fit entendre. Le bruit devenait de plus en plus fort, et devint presque assourdissant. Il témoignait de l'énorme proportion de l'armée ennemie avant même de la voir. Puis les premières lignes ennemies apparurent suivi des deuxième lignes et ainsi de suite. L'armée ennemie était énorme. Squelettes, zombies, vampires, liches, et même des dragons sans chair. Pourtant on ne pouvait pas vraiment qualifier la masse d'armée. Il n'y avait pas vraiment d'organisation dans l'armée ennemie. Les plus puissant étaient plus ou moins regroupés avec les faibles, les archers se mélangeaient à la masse. L'ennemi ne semblait pas avoir de cavalerie. Autant d'avantages sur lesquels pouvaient s'appuyer Isabel. Elle vit clairement derrière la masse ennemie Sandro, accompagné d'un vampire qui semblait haut gradé. Isabel était étonnée de voir un vampire exposé à la lumière du soleil sans crainte, puis elle se dit qu'il s'agissait sûrement d'une autre stupide superstition infondée. Puis Isabel sentit de nouveau le froid la caresser. Elle se tourna sur le coté et vit Dohra. Un ennemi qui maîtrisait la téléportation était très dangereux et elle devrait s'en souvenir sur le champ de bataille. Il renouvela une dernière fois sa proposition. Isabel ne lui répondit pas puis regardant l'armée ennemie tira son épée du fourreau. Dohra disparu en exprimant une seule phrase : « Alors vous avez décidé de mourir ».

Une fois le dernier mot prononcé et le wight totalement disparu, la masse uniforme ennemi commença à courir vers les hommes, précédée de flèches tirées par les archers et suivit des dragons qui prirent leur envol. Les chevaliers commencèrent à lever leurs boucliers pour se protéger des flèches ennemies. Tout d'un coup avant que les flèches ne touchent leurs cibles un groupe de vampire se téléporta juste devant les chevaliers et en tuèrent avant que ceux-ci n'aient le temps de baisser leurs boucliers pour se protéger. Puis les flèches frappèrent les troupes désorganisées par cette attaque surprise. Isabel fut tout autant surprise. Finalement l'ennemi avait une stratégie, et plutôt bonne. Mais elle vit alors que les flèches tuaient également quelques vampires, et compris que l'ennemi jouerait sur le nombre et n'hésiterait pas à effectuer des attaques suicides. Puis elle reprit ses esprits, et ordonna aux archers d'attaquer les vampires qu'il était possible d'atteindre sans blesser les chevaliers, et laissa aux chevaliers et moines la charge de détruire les derniers. Heureusement la troupe de vampire qui s'était téléportée était peu nombreuse, mais elle expliquait clairement à Isabel que l'ennemi ne reculerait devant rien. La masse ennemie était encore loin. Isabel en profita pour effectuer une prière. Elle leva la croix offerte par Rockel vers le ciel. Celle-ci se mit à émettre une puissante lumière, proche de celle qu'avait dégagée l'archange. Isabel sentit une grande force la traverser et elle ne ressentit plus aucune peur. Puis elle lut sur le visage de ses soldats que la sensation était ressentie par tout le monde. La croix n'était donc en fait pas une simple croix mais belle et bien un artefact puissant. Puis les deux troupes ennemies entrèrent en contact violemment. Les hommes se battaient comme des damnés et chaque soldat valait cinq ennemis. Les griffons changèrent leurs tactiques et s'attaquèrent aux dragons qui semblaient insensibles aux flèches. Les hommes se battaient vaillamment mais l'ennemi avait engagé une grande partie de ses forces et leur surnombre jouait en leur faveur et fatiguait grandement les chevaliers. A chaque fois qu'un soldat se débarrassait d'un ennemi cinq autres lui tombait dessus. Puis Godric arriva tel une apparition avec ses troupes et chargea violemment dans le dos des assaillants. L'impact fut très violent et de nombreux ennemis tombèrent. Cette charge mit en déroute les troupes adverses, qui repartirent vers les troupes restées en arrière. Godric voulut charger les poursuivants, mais Isabel l'en empêcha. Si les troupes restées en réserve dans le camp ennemi se sentaient menacées et décidaient d'attaquer, les hommes ne résisteraient pas. Isabel attendait maintenant impatiemment en fixant Sandro au loin et en regardant ce qu'il allait faire. Le cheval de Sandro fit demi tour et disparut derrière la colline. Cela voulait dire que la bataille était finie pour aujourd'hui et qu'elle reprendrait demain. En effet les batailles se déroulaient sur plusieurs jours voir plusieurs semaines. Il fallait que les deux généraux soient d'accord pour finir le combat. Ici Isabel n'avait pas relancé la bataille. Les pertes étaient nombreuses et il fallait réorganiser les troupes pour le lendemain. Le champ de bataille était couvert de corps humains et de cendres ennemis. Les griffons avaient également subi de très lourdes pertes face aux dragons, et Isabel devrait se résigner à ne pas pouvoir contrôler le ciel pour cette bataille.

La première nuit les groupes de garde se rendirent compte que des nécromanciens venaient ramasser des corps humains sur le champ de bataille. Il ne fallu pas longtemps à Isabel pour comprendre que les nécromanciens pratiquaient des rituels pendant la nuit pour ressusciter des hommes tombés et ainsi renforcer leurs forces. Dorénavant il faudrait brûler tous les corps pour éviter de renforcer les ennemis. Cet ordre ne fut pas accepté avec joie, car pour les croyants il fallait être enterré avec une cérémonie pour espérer aller au ciel, et brûler les corps équivalait à la damnation. Mais la mesure était nécessaire et tout le monde l'appliqua.

Puis les journées de batailles se succédèrent et même si les hommes résistaient leurs forces baissaient considérablement, et chaque mort devenait une perte d'effectif non négligeable. L'ennemi subissait également de lourdes pertes, mais il restait en surnombre. Devant cette volonté des humains à vivre le ciel ne fut pas insensible. Un jour lors du combat ou Isabel pensait perdre définitivement la bataille, le ciel s'éclaircit. Un trou dans les nuages se forma d'où jaillirent des dizaines d'anges qui s'attaquèrent aux dragons qui faisaient subir de lourdes pertes aux hommes. Puis Isabel vit devant elle Rockel apparaître. Il lui expliqua que les anges suivaient la bataille depuis le début. La volonté de survivre des hommes les avait impressionnée. Si leur espèce devait s'éteindre lors d'une guerre, ils voulaient mourir auprès de tels hommes. Les anges étaient un précieux atout, mais les forces ennemies restaient très fortes et continuait à renforcer leurs armées avec des cadavres. Les hommes brûlaient leurs confrères, mais les morts étaient si nombreux qu'il leur était impossible de regrouper tous les corps avant l'ennemi. Rockel décida donc de les prendre à leurs propres jeux. Rockel comme les trois autres archanges avait la capacité de ressusciter des hommes dans les quarante huit heures suivant leur mort. Dès lors la bataille devint une guerre de position, chaque camp renouvellant ses troupes, et deux combattants s'étant entretués le jour précédent se faisaient face à nouveau le lendemain.

Un jour Sandro devant s'impatienter envoya Dohra prendre la vie de la reine. Grâce à sa téléportation, Isabel ne sentit le froid derrière son dos qu'au moment ou le wight frappa. Il était trop tard, Isabel eut à peine le temps de se retourner que la faux accomplissait déjà son coup mortel. Isabel eut le visage éclaboussé de sang. Mais il ne s'agissait pas de son sang, mais de celui de l'homme qu'elle considérait comme son père. Godric s'était interposé et en protégeant sa reine de son corps reçu le coup mortel tout en pourfendant Dohra. Le wight disparut en cendre. Puis toutes les troupes ennemies arrêtèrent de se battre, suivies par les hommes qui ne comprenaient guère. Sandro quitta enfin la dernière ligne dont il ne bougeait jamais et rejoignit Isabel. Il lui expliqua que cette guerre pouvait durer éternellement. Il n'en avait aucune envie, d'autres ambitions le portaient. Il offrit alors à Isabel un nouveau marché. Il proposa à Isabel de laisser son peuple en paix, et de ne pas attaquer ses contrées. En contre partie elle ne devait pas s'opposer à Sandro qui allait désormais orienter ses campagnes militaires contre les elfes et les magiciens. Isabel voulait venger Godric, mais elle devait avant tout penser à son peuple. Elle contrôla sa colère puis réfléchit au pacte. Après tout, ni les elfes ni les magiciens ne les avaient aidés. Les hommes n'avaient pas quéri directement leur aide mais avec les espions circulant partout dans le pays il était sûr qu'ils connaissaient toute l'histoire, et n'avaient prêté aucunes attention à la détresse des hommes. Isabel sentit une rage nouvelle la traverser. La mort de tous ses hommes et de Godric était la faute de ceux qui se disaient autrefois ses alliés. Pourquoi les protégerait elle de la mort. Après tout sa priorité en tant que reine était d'assurer la survie de son peuple. Isabel retenant ses larmes releva la tête vers Sandro et accepta le marché sous le regard de ses soldats dont une partie semblait heureux de survivre, et dont une autre partie semblait juger l'acte Isabel.

Maintenant que l'armée nécromancienne partait, Isabel pouvait enfin prendre le temps d'un moment de faiblesse. S'écroulant à coté du corps de Godric, elle fondit en larmes. Des larmes qu'elle avait retenues devant Sandro et ses hommes, mais qu'elle n'avait plus la force de retenir. Elle avait sauvé son peuple mais à quel prix. Son choix n'était il pas cruel ? En plus d'avoir perdu Godric dans cette guerre n'avait elle pas également perdu son humanité ?


Vyse0



Ps: Il y a peut etre des fautes d'orthographes dsl ^^
Dans ma nouvelle je voulais développer beaucoup plus le dernier chapitre avec l'arrivée des anges et la mort de Godric mais la limite de 10 pages m'en a empéché

vyse0
03/04/2006, 13h04
Pour le moment je n'arrive pas à avoir les pseudos exactes de Krys Tal et Yoda donc je ne peux les contacter pour demander leurs nouvelles. Je n'ai egalement rien pour uploader le fichier .doc donc je vous colle toute ma nouvelle ici. Si les deux autres gagnants passent pas là, se serait sympa de poster vos nouvelles.

Nouvelle de vyse0:

LES DEBUTS D'UNE REINE


Mauvaise nouvelle au haven

Isabel regardait comme tous les matins le soleil se lever sur Ashan. Du haut de la plus haute tour du château, cette douce chaleur lui caressait le visage. Comme à chaque fois c'était un moment privilégié. Elle se retrouvait avec elle-même, et n'avait à rendre de compte à personne. En effet depuis qu'elle était reine le peuple et les soldats attendait beaucoup d'elle. Elle montrait une grande aisance en publique et une certaine estime d'elle-même. Elle paraissait forte et sévère, et parfois cela la poussait à commettre des actes dont les cauchemars la hantaient la nuit. Car ce visage fort n'était qu'une apparence publique. C'est lors de ces levés de soleil qu'Isabel pouvait se permettre de douter, parfois même de pleurer. Elle pensait sans cesse au futur, et espérait ne pas voir arriver une nouvelle guerre. Mais en ces ères de conflits, l'ombre d'une guerre sanglante menaçait toutes les races. Tous les matins revenaient ces questions. Pourrait elle sauver son peuple d'une extermination ? Les anciennes alliances étaient rompues. Si les démons attaquaient les humains sans menacer les elfes et les magiciens, ils ne réagiraient pas. Et si les différentes factions maléfiques pactisaient, il en serait fini de l'empire du griffon.

Avec ces pensées, Isabel sentait ses yeux humides. Mais des coups fermes sur la porte sortirent la jeune reine de sa léthargie. Godric entra dans la chambre. Cet homme d'une importante stature était un modèle pour tous. C'était un pur croyant, et sa devise était « un esprit sain dans un corps sain ». Cette devise était la devise officielle qu'il aimait proclamer en publique. Mais sur les champs de bataille, son cri de guerre était un peu moins tolérant et consistait en un « mort aux hérétiques ». Mais ce général avait le respect total de ses troupes, et même s'il paraissait un homme assez dur en public, il avait été comme un père pour Isabel. Elle avait une totale confiance en lui, mais ne lui avait jamais confié ses doutes. Elle voulait toujours se montrer forte face à lui, elle voulait le rendre fier. De toute façon, Isabel se sentait déjà mieux. La présence de Godric avait un effet rassurant, comme lorsque l'on se retrouve enveloppé dans les bras chauds d'une mère. Godric venait voir chaque matin Isabel pour lui faire un rapport. Malgré la difficulté de lire des sentiments sur le visage de Godric, celui-ci montrant toujours le même faciès en quelconque circonstance, Isabel sentait quelque chose de différent ce matin. En effet ce matin Godric n'avait pas que des bonnes nouvelles. Ce matin « la joute d'argent », un groupe de paladins expérimentés, avaient sauvé un homme d'une troupe de zombies. Il rapporta des évènements pour le moins intrigants à Godric. Mais celui-ci préférait que l'homme raconte directement son histoire à Isabel. Godric était totalement dévoué à Isabel, et alors qu'il aurait pu diriger les hommes par l'intermédiaire d'Isabel qui manquait d'expérience, il préférait lui laisser prendre toutes les décisions politiques. Godric donna rendez vous à Isabel dans la salle du trône et sortit de la chambre. Isabel gardait son armure pour dormir, pour être préparée à une attaque surprise. Elle enlevait par contre les heaumes impériaux qu'elle ne mettait que pour paraître en public ou pour les campagnes militaires. Après s'être équipée de sa cape, symbole de noblesse, elle descendit dans la salle du trône. Elle commençait à sentir un nÅ“ud au ventre, et ses pensées obscures du matin refaisaient surface.

Isabel entra dans la salle du trône et s'assit dans le trône brodé d'or et de velours. Derrière le trône un immense blason représentant un griffon siégeait. En effet les griffons étaient leurs plus grands alliés non humains. Il n'y avait guère que les griffons et les anges pour apporter directement leurs forces aux hommes lors des batailles et se laisser commander par des chefs militaires humains. Leurs aides étaient très précieuses car ils consistaient en une force mobile et volante non négligeable dont les humains manquaient cruellement. Hélas lors des dernières guerres, les pertes angéliques avaient été énormes, ceux-ci étant souvent les plus exposés et les cible prioritaires au cÅ“ur de la bataille. Suite à ça les quelques survivants sacrés coupèrent les rapports avec les hommes pour aller se restructurer. L'empire griffon n'avait donc plus que les griffons pour leur prêter main forte lors d'une future guerre potentielle. Ils vouaient donc un véritable culte à ces nobles créatures et avaient pris le nom d' « empire griffon ». Ils en avaient également fait leur emblème car ces créatures représentaient force, courage, et compassion. Toutes ces valeurs qui étaient chères aux hommes.

Une fois Isabel assise, elle se retrouva face à un homme plutôt fétiche. Une distance de vingt mètres séparait l'homme d'Isabel, distance imposée et nécessaire à la protection de la reine. Entre la reine et l'homme, une seule défense, Godric, épée en main et lame au sol. Normalement un corps d'élite de dix gardes protégeait la reine, mais quand Godric était là, lui seul suffisait. Ceci n'entrait pas dans ses attributions mais il aimait savoir la reine en sécurité, et elle ne pouvait l'être plus que protégée par lui. L'homme malingre commença à s'exprimer d'une voie frêle qui correspondait à sa carrure maladive. Il commença à raconter son histoire en commençant par la fin, ce qui intéressait moyennement Isabel qui connaissait déjà cet aspect. Néanmoins Isabel ne l'interrompit pas et le laissa raconter son histoire entièrement. Il raconta tout d'abord qu'il avait réussi à semer les zombies car ceux-ci étaient lents, mais que la fatigue le gagnait et sans l'aide des paladins il serait mort. Puis il raconta l'aspect intéressant de l'histoire, pourquoi il avait été poursuivi par ces zombies. Les nécromanciens rassemblaient une immense armée. Sandro se chargeait de rallier tous les morts vivants du pays à sa cause. Les autres seigneurs de guerre essayaient de convertir tout le monde à la nécromancie. Si jamais les personnes refusaient de se faire vampiriser ou refusaient d'apprendre les arcanes obscures pour abandonner leurs corps matériels, alors ils étaient impitoyablement exécutés pour renaître sous forme de squelettes, zombies, ou pour les esprits les plus tourmentés de spectres. Les exécutions étant publiques, la plupart des gens choisissaient la solution précédente. En effet quitte à être enrôlé dans une armée de force, mieux vaut être puissant que de servir de chair à canon. Mais l'homme avait réussi à s'échapper lors de son exécution et voilà comment il était arrivé jusqu'ici. En traversant tout le pays, il avait pu voir une partie de l'imposante armée des nécromanciens. D'après sa description, jamais les hommes n'auraient la puissance militaire nécessaire pour repousser une future invasion. Malgré ces nouvelles alarmantes, du fait que les nécromanciens s'arrêtaient à chaque village pour convertir tout le monde, leur progression était très lente et laissait le temps aux humains de s'organiser. Suite à ce récit qui valait tous les espions du monde, Isabel offrit quelques pièces d'or et un gîte à l'homme, et le fit sortir de la salle du trône.

Après avoir réfléchi un peu à la situation, Isabel demanda à Godric de s'approcher. Celui-ci avait un siège à coté du trône. Peu conventionnel, mais c'est Isabel qui en avait donné l'ordre. Et quand la reine ordonnait, on obéissait. Pour les apparences, le siège de Godric était moins orné que le trône. Mais cela ne voulait pas dire pour autant qu'Isabel se sentait supérieure face à Godric. De toute façon celui-ci était avant tout un guerrier, et les apparats lui étaient totalement indifférents. Elle commença à lui demander son avis. Godric refusait de prendre des décisions politiques, mais s'il s'agissait de stratégie et quand la reine lui demandait son conseil, il s'exécutait. Pour Godric il fallait sur le champ commencer à renforcer les cités pour repousser les forces, et quérir l'aide des magiciens, éternels ennemis des nécromanciens. Pour une fois, Isabel n'était pas de l'avis de Godric. Et quand Isabel prenait une décision, elle la prenait seul et Godric ne s'y opposait jamais. Pour Isabel, la meilleure défense était l'attaque, et une attaque surprise jouait pour beaucoup dans une bataille. De plus s'ils attendaient que l'ennemi rassemble toutes ses forces, jamais ils ne pourraient se défendre. Elle était par contre d'accord sur le fait qu'il leur fallait de l'aide. Mais pour Isabel les magiciens n'accepteraient jamais. Pour elle, il fallait tout d'abord reforger l'alliance avec les anges. Elle savait ou les trouver, et se déplacerait personnellement pour demander de l'aide. Elle serait escortée très faiblement, car elle risquait moins de se faire attaquer en se déplaçant incognito. Elle chargea Godric de fouler les campagnes et d'enrôler le plus de personnes valides pour se battre. Elle lui écrivit une missive signée de son sceau et l'autorisa à utiliser en dernier recours la force pour enrôler les plus réfractaires.


Le ciel nous abandonne

Cela faisait déjà deux semaines qu'Isabel était partie. Son escorte au départ se constituait de cinq de ses meilleurs chevaliers. Hélas le chemin était ardu et dangereux, et deux de ses hommes avaient déjà trépassé. En effet pour espérer parler aux anges il fallait se rapprocher le plus possible du ciel. Pour cela, Isabel s'était mis en tête de gravir la plus haute montagne. Elle se déplaçait dorénavant à pieds avec ses chevaliers, ayant laissés leurs montures aux pieds des pentes les plus escarpées. Les armures gelaient sous ce froid glacial et les mains d'Isabel étaient couvertes de gerçures. Elle souffrait beaucoup, et la fatigue ne faisait qu'accentuer cette sensation. Mais Isabel se refusait à abandonner, la vie de son peuple était en danger, et il était de son devoir de la protéger. Quand à ses chevaliers, ils souffraient beaucoup aussi. Mais ils ne se plaignaient pas. Faire partie de la garde rapprochée de la reine était un immense honneur, et il fallait avouer que la reine savait récompenser d'une dote plus que généreuse ses plus loyaux sujets.

Isabel apercevait dorénavant l'autel qui servait au culte des pèlerins. Isabel laissa sa garde avant de gravir le dernier sommet. En effet les anges ne se présenteraient que devant les êtres les plus saints. Or les rois et les reines étaient considérés comme les êtres les plus purs et les seuls dignes de s'entretenir avec ces êtres divins. De toutes façons à ces hauteurs il paraissait inconcevable à Isabel de trouver une embuscade d'ennemis ou de bandits, ni même une espèce vivante. Arrivée au lieu de culte, Isabel enleva son armure. Il fallait effectuer un rituel de purification. Elle commença une longue série de prières. Les prières durèrent plusieurs heures et Isabel commençait à ne plus sentir ses membres engourdis par le froid. C'est alors qu'une douce chaleur l'enveloppa. Elle ouvrit ses yeux qu'elle avait gardé fermés tout le temps de la prière. Elle les referma immédiatement éblouie par une immense lumière. Ses yeux s'habituèrent tout d'abord à la lumière filtrée par les paupières, puis elle les ré ouvrit progressivement.

Isabel se retrouva devant un archange. Etre suprême il n'en existait que quatre. On pouvait les reconnaître grâce à leurs robes blanches et leurs capuches qui les différenciait des anges. De plus leurs ailes était plus grandes et d'un blanc beaucoup plus pur, et une lumière émanait constamment d'eux. Les archanges tout comme les anges étaient asexué. Ainsi ils héritaient tous d'une grande beauté androgyne. Cet archange avait des cheveux longs d'un argent pur qui sortait de sa capuche, et l'on ne discernait de son visage que de superbes yeux bleus azures. Le reste du visage était dans l'ombre de sa capuche. En effet il était dit que quiconque voyait le visage d'un archange restait figé par tant de beauté. Isabel ne s'attendait pas à se retrouver face à un archange. C'était un immense honneur que peut de mortel avait vécu. Les quatre archanges étaient les lieutenants d'Elrath. Aucun mortel n'avait jamais vu Elrath. Il était dit que personne ne pouvait la voir. Personne ne savait si cela voulait dire qu'aucun mortel n'avait le droit de la voir ou s'il n'avait pas la possibilité physique de la voir. Certains parlait d'Elrath comme de l'énergie pur, d'autres disaient simplement qu'Elrath se trouvait dans tout les bonnes actions et les sentiments tels que la compassion, le courage...De toutes façons Elrath était une divinité et plus un symbole qu'autre chose. L'apparition d'un des quatre archanges était déjà un très grand honneur. L'archange commença à s'adresser à Isabel. Elle vit tout de suite que ses lèvres ne bougeaient pas, et comprit qu'il s'exprimait directement dans sa tête. Il commença tout d'abord à se présenter. Les archanges avaient beau être très supérieur aux humains, ils ne se sentaient pas supérieurs et étaient toujours respectueux. L'archange s'appelait Rockel. Il continua ensuite en répondant à la requête d'Isabel avant que celle-ci n'ait le temps de la formuler. Les archanges et les anges également avaient la capacité de lire dans les pensées. Sur le champ de bataille c'est ce qui leurs permettaient d'anticiper les réactions ennemis et d'être si performant en combat. Il expliqua à Isabel que les anges étaient désormais peut nombreux. La dernière guerre les avait beaucoup affaiblis. Prendre part à une nouvelle guerre risquait de les exterminer, et s'ils n'existaient plus Elrath ne pourrait plus équilibrer le monde et des évènements terribles tels que des éruptions, ras de marée... apparaîtraient en chaîne. Isabel ne comprenait pas car il était dit que chaque ange battu sur un champ de bataille retournait à Elrath. En effet les anges étant déjà morts ils ne pouvaient mourir une seconde fois. Rockel expliqua à Isabel qu'il ne s'agissait que d'anciennes superstitions. Ces superstitions étaient basées sur le fait que chaque ange à sa naissance devenait immortel. Cela était vrai. Mais Rockel expliqua à Isabel qu'il n'était pas dans la nature des anges de se battre, les anges étant des êtres pacifiques. Dès le moment où les anges prenaient part à un conflit, ils modifiaient donc leur nature profonde. Dès lors leur don d'immortalité leur était enlevé et ils devenaient aussi mortels que n'importe quel paysan. Abasourdi par cette nouvelle, Isabel implora tout de même l'archange de les aider, expliquant que de toute façon le déséquilibre dans le monde apparaîtrait également si les hommes laissaient leurs places à une horde de morts vivants. Mais l'archange ne revint pas sur sa décision. Il ne s'agissait pas de son choix mais du choix d'une communauté entière dont il était seulement le représentant pour cet entretien. Il donna tout de même à Isabel la croix qu'il portait autour du cou et la bénit. Puis la lumière devint plus faible et la silhouette disparut progressivement. Cette lumière chaleureuse s'éteignait en même temps que l'espoir d'Isabel. Elle espérait tant de ce voyage. Elle n'avait pas imaginé un refus, ni un plan secondaire. De plus si même les anges avaient peur de cette armée qui se rapprochait du monde des hommes, comment de simples mortels pouvaient faire face.

Puis elle rejoignit ses hommes en masquant le désespoir qui se lisait sur son visage. Ce qu'elle redoutait lui arriva. Un des hommes la questionna pour savoir ce qu'il en était de l'entretien. Isabel sentit une larme couler le long de sa joue. Puis elle se retourna et dit à l'homme que les anges lui avaient promis allégeance et qu'ils seraient là le jour du combat final. L'homme rassuré et souriant lui demanda alors pourquoi la jeune femme pleurait. Elle lui expliqua brièvement qu'il s'agissait du vent qui lui soufflait dans les yeux, puis coupant court à la conversation emboîta d'une marche rapide le retour au royaume.


En marche pour la guerre

Isabel fut accueillie au royaume comme une héroïne. Sous un tonnerre d'applaudissements du peuple, elle avait honte. Elle n'avait pas réussi sa première mission en tant que reine, et le peuple l'acclamait pour ça. Mais elle ne voulait pas enlever tout espoir au peuple. Le désespoir était pire que le mensonge, et même si elle avait voué sa vie à la sincérité et la croyance, elle devait agir en reine. Godric l'accueillit le sourire aux lèvres, ce qui était très rare venant de lui. Apparemment sa mission était un succès, mais elle n'en avait jamais doutée. Mais Godric connaissait Isabel mieux que personne, lorsque leurs regards se croisèrent il ne lui fallut pas plus de quelques secondes pour comprendre la situation. Il lui expliqua que les troupes qu'il avait rassemblées étaient à l'extérieur de la ville, et qu'ils se parleraient sur le chemin. Sur le chemin menant à l'extérieur sud de la ville, Isabel raconta tout ce qui s'était passé à Godric. Suite à cela il fronça les sourcils et prit l'air songeur. Pendant un bon moment il ne dit pas un mot, comme s'il cherchait une autre stratégie, une autre idée. Puis il se retourna vers Isabel et rompit le silence. Il lui dit qu'il avait rassemblé beaucoup de troupes et qu'avec la surprise de l'attaque ils avaient toutes leurs chances. Apparemment il n'avait pas trouvé de meilleure idée, ce qui ne rassura pas Isabel. Puis Godric commença à détourner la conversation en évoquant des souvenirs et en racontant des blagues. Godric pouvait vraiment être un amour. Il savait remonter le moral d'Isabel, et avec quelques blagues pas toujours de bon goût elle retrouvait le sourire. Rigoler en ces temps de guerre était rare et précieux, et seul cet homme réussissait à lui offrir ces instants.

Arrivées au camp les troupes étaient toutes à l'entraînement. Godric n'avait pas menti, il y avait beaucoup d'hommes et tous valides et jeunes. Mais là où elle s'attendait à ne voir que des paysans, elle trouvait des chevaliers, des moines, des archers, des paladins. Elle ignorait à qu'elle point les campagnes et les bourgs alentours pouvaient regorger d'une telle force militaire. Les hommes étaient par nature une nation vouée à la croyance. Voués au culte du corps et de l'esprit. Ainsi il était vrai que quasiment chaque homme valide s'entraînait dans une quelconque discipline militaire. Dans la plupart des villages il y avait des centres d'entraînement, et tous les hommes s'y entraînaient. Il y avait également des femmes mais la plupart du temps elles s'occupaient du foyer ou étudiaient les arts de la stratégie. Dans ces villages les rangs sociaux était également en rapport avec ses entraînements. Ainsi le chef d'un village était le guerrier le plus expérimenté. Isabel était heureuse de voir que beaucoup avait répondu à son appel. Et d'après Godric il n'avait pas eu recours à la force, après à savoir s'il disait la vérité ou s'il ne voulait pas la vexer. De toute façon voir tous ces hommes se rallier à sa cause remontait son moral, et elle ne voulait pas savoir si les dires de Godric étaient véridiques.

En entrant dans le camp elle entendit une voie puissante crier des ordres de manÅ“uvres de combat. Au détour d'une tente elle vit une femme de dos entraîner les plus jeunes recrus qui semblaient terrorisées. Une des jeunes recrues fixant Isabel et Godric, la femme s'en aperçut et se retourna. C'était Freyda. Freyda était la fille de Godric. Elle était comme une sÅ“ur pour Isabel, bien qu'une certaine rivalité existait entre elles. Freyda avait toujours été un peu jalouse que Godric soit plus affectueux avec Isabel, tandis qu'Isabel enviait la place de Freyda et ses facultés à prendre rapidement les bonnes décisions. Comme deux sÅ“urs chacune enviait la place de l'autre, mais elles s'aimaient tout de même comme des sÅ“urs. Isabel aimait Freyda et lui reconnaissait beaucoup de qualités. Freyda était comme son père une guerrière et un commandant hors pair. Elle était très autoritaire avec ses hommes, certains iront dire tyrannique. Mais les résultats étaient là. Ses troupes souffraient à l'entraînement mais ne mourraient pas en combat. Freyda n'aimait pas attendre. Les déplacements de ses troupes s'effectuaient souvent en marche forcée. Ironiquement Isabel lui avait donné le commandement des armées à pieds et des troupes lourdes tels que les chevaliers. Ironique pour une femme qui aimait la rapidité. Mais elle n'avait pas à se plaindre elle dirigeait la plus grande armée du royaume. Freyda ressemblait beaucoup à son père et était déchaînée sur les champs de bataille. Par contre il y a une chose où elle divergeait totalement du point de vue de son père. Alors que Godric était un vraie croyant, Freyda ne croyait qu'en sa propre force. De même alors que Godric avait une confiance aveugle dans les troupes qu'il avait entraînées et là où il confierait sa vie à ses hommes, Freyda ne faisait confiance qu'à elle, et à elle seule. Isabel ne pensait pas la voir car aux dernières nouvelles Freyda avait été chargée de réprimer un groupe de pillards qui s'était formé dans l'arrière du pays. Encore une fois cela prouvait sa rapidité et son talent. Isabel était très contente de voir Freyda car celle-ci était une experte en attaque surprise. Elle serait un atout non négligeable lors du combat final. Freyda vint voir Isabel et lui dit que les troupes seraient formées et prêtes à se mettre en marche en une semaine. Voilà qui était plutôt encourageant. Plus tôt ils partiraient moins l'ennemi serait puissant. Isabel était en partie rassurée. Elle en profita pour se promener un peu dans le camp avec Godric. Elle adorait ces camps de fortune montés rapidement. Le bruit ambiant était toujours un bruit de contact d'épée à épée ou de flèches à cible. L'odeur était un mélange de bois brûlé et de crins de chevaux. Cette ambiance ramenait Isabel quelques années plus tôt lorsqu'elle n'était pas encore reine et que la vie était plus simple. Isabel malgré son rang élevé avait reçu une formation militaire et même s'il lui était interdit de servir dans l'armée lors de conflit elle avait tenu à vivre au plus près de l'armée régulière. Ainsi quittant le confort du château elle avait effectué sa formation en vivant dans un camp comme celui-ci. Souvent critiquée par les nobles elle ne regretta jamais son choix qui lui servirait maintenant plus que jamais. Pour méditer sur la campagne militaire qui l'attendait et pour se réhabituer progressivement aux conditions de vie difficile d'une longue campagne, elle décida le soir même de ne pas retourner au château pour s'installer au campement et vivre auprès de ses hommes. De plus les jeunes recrues étaient galvanisées par une présence royale, et Freyda vint dire à Isabel au bout de cinq jours que les troupes étaient prêtes. Ne voulant pas perdre de temps, elle programma le départ pour le lendemain matin à l'aube.

Isabel ne dormit pas de la nuit. Lorsque les premiers rayons du soleil éclairèrent la rosée matinale, Isabel souffla dans son cor royal. Ce cor avait été transmis dans sa famille de génération en génération, et le son qu'il émettait était clairement distinct d'un quelconque cor. Il galvanisait immédiatement les troupes sur un champ de bataille. Ce matin il ne galvanisait personne, il se chargeait surtout de réveiller les hommes qui avaient trop festoyé la veille en prenant leur dernier bon repas et en savourant leurs dernières chopes de bières. La fatigue était là mais le moral était au beau fixe. Les hommes se mirent très rapidement en selle et aucun n'eut à être sorti violemment de sa tente. Dans un bref discours, Isabel harangua ses troupes. Elle ne voulait pas trop s'exprimer, elle préférait garder les grands discours pour la bataille. Elle avait devant elle trois ou peut être quatre mille soldats. Il y en avait de tous types. Jeunes, plus âgés, novices, expérimentés, paysans, chevaliers... tous étaient là, même quelques femmes. Puis ce fut l'heure du départ. On emboîta d'un trot ferme pour que les troupes à pieds puissent suivre sans trop fatiguer, mais assez vif pour ne pas qu'ils s'endorment. Isabel ouvrait la marche avec à ses cotés Godric. Suivaient les cavaliers et les paladins. Enfin les prêtres entouraient les chevaliers qui formaient un bloc compact, puis les archers derrière, suivis par quelques paysans en horde désorganisée. Enfin Freyda fermait la marche avec les paladins de « la joute d'argent ».


En terrain hostile

Plus les jours passaient, plus l'armée quittait son milieu natal, et plus le décor changeait. Le ciel s'assombrissait, les arbres mourraient, les différentes formes de vie devenaient de plus en plus menaçantes. Le moral n'était pas au beau fixe pour les soldats. Certains d'entre eux étaient déjà morts, noyés lors du passage d'une rivière, mordus par des animaux au poison mortel, d'autres étaient morts de façon inexplicable pendant leur sommeil. Certains parlaient de l'Å“uvre du Diable tandis qu'Isabel justifiait ces morts par un milieu particulièrement hostile dont il ne connaissait pas tous les secrets. Isabel se demandait de plus en plus si attaquer les nécromanciens sur leur territoire n'était pas en fait une énorme erreur. Non seulement ils seraient plus nombreux mais ils seraient également chez eux. Isabel venait de trouver un nouvel endroit pour établir le camp pour la nuit. Les terrains de campements étaient très difficiles à trouver. Il devait toujours se trouver en position favorable en cas d'attaque. Il ne fallait pas oublier qu'ils se trouvaient en terrain ennemi et que des espions pouvaient se cacher partout. Il fallait tout le temps être préparé à une attaque surprise nocturne. Les morts vivants ne dormaient jamais, il fallait donc garder constamment un Å“il ouvert. Les hommes de garde étaient donc pas groupe de trois ce qui est supérieur à la normale, et les groupes se relayaient toutes les heures pour avoir une attention optimale.

Le lendemain matin Isabel fût réveillée par un garde qui signalait qu'un homme avait aperçu du mouvement. Isabel sortit de sa tente le plus rapidement possible. L'ennemi les avaient ils repérés et s'apprêtait il à attaquer. A sa grande surprise, elle vit tout d'abord de la brume bleutée et un froid pénétrant la figea. Puis un grand cheval noir sortit de la brume. Il était entièrement protégé par une armure hormis ses pattes qui laissaient voir un pelage noir et épais. Le cavalier était quand à lui tout aussi impressionnant. Le cavalier ne laissait apercevoir que deux grandes mains noires. Dans l'une des deux mains le bout de la crosse d'une faux était tenu, tandis que le reste de l'immense crosse reposait sur l'épaule de cavalier. La lame de la faux était recourbée derrière le dos du cavalier, et il aurait suffi d'un seul mouvement brusque de celui-ci pour s'auto mutiler avec son instrument de mort. Quand au reste du corps, il était recouvert d'une immense cape noire le recouvrant dans son intégralité et ne laissant apparaître ni jambes ni visage. Le cavalier ressemblait trait pour trait aux représentations de la mort que l'on retrouvait dans les livres d'histoire. L'ennemi avait un sens de la mise en scène prononcée pour intimider ses adversaires pensait Isabel en esquissant un sourire tandis que les soldats avaient l'air nettement moins enclin à la rigolade. Isabel attendait de voir ce qui allait se passer, mais elle était néanmoins agréablement surprise de voir que l'ennemi n'attaquait pas directement, sournoisement et dans l'ombre. La « chose » se présenta. Il s'appelait Dohra, et était le premier lieutenant des armées de Sandro. Dohra satisfit la curiosité d'Isabel en précisant que c'était un wight. Il expliqua que les nécromanciens étaient au courant de la campagne militaire engagée contre eux. Ils n'avaient pas réagi jusqu'à maintenant car leurs forces paraissaient insignifiantes face à la puissance nécromancienne. De plus, le fait que l'armée d'Isabel venait à leur rencontre leur évitait un déplacement inutile. Dohra proposa un marché à Isabel. Si elle acceptait de se rendre sans résistance, elle s'assurait un avenir. Si elle acceptait, Sandro acceptait de la promouvoir en tant que son bras droit dans l'armée nécromancienne, et elle pourrait choisir ses aides de camps. Il lui faudrait bien évidemment abandonner son statut de mortelle, mais elle pourrait bénéficier de la beauté et de la jeunesse éternelle en tant que vampire, ce qui valait mieux que d'être réduit à un tas d'os. Si elle refusait, toute son armée et tous les hommes mouraient à l'aube. Isabel sans aucun instant de réflexion éclata de rire à la face du wight, puis refusa poliment son offre. Elle lui répliqua que si l'armée nécromancienne était si supérieure que ça à la leur, pourquoi proposaient ils un marché. Sur cette réponse le wight ne répondit pas. Il se contenta de donner un lieu et une heure à laquelle la bataille se déroulerait. La bataille se déroulerait le lendemain aux premières lueurs du soleil dans la plaine des damnés. Puis sans aucun autre mot il fit demi tour et disparut dans la brume, avant que celle-ci ne disparaisse à son tour.

Isabel s'empressa de réunir son conseil de guerre. Celui-ci était restreint puisque seul Freyda, Godric, et Isabel avaient le statut nécessaire pour commander les armées. Les autres généraux étaient trop dispersés dans le pays pour avoir pu les réunir dans le temps imparti. Voici l'ordre de bataille qu'ils déterminèrent. Freyda commanderait la troupe principale. Elle serait composée des chevaliers, paysans, et prêtres. Les troupes seraient mélangées. Le but était de mélanger les paysans avec les chevaliers expérimentés pour éviter une baisse de moral et une fuite trop rapide des jeunes recrues. Les paysans n'étaient pas des combattants et à la première occasion ils pouvaient fuir. Les chevaliers expérimentés inspiraient l'admiration et relevaient le moral des troupes. Les prêtres renforçaient également le moral avec leurs prières. De plus ils étaient formés au combat au corps à corps et avec leurs marteaux faisaient de gros dommages dans les mêlées. Ils ne se servaient pas d'armes tranchantes car ils n'avaient pas le droit de faire couler le sang. C'était assez ironique quand on savait la quantité de sang que pouvait déverser un crâne écrasé. Godric dirigerait la cavalerie et serait caché avec ses troupes dans une forêt non loin du champ de bataille. En effet un éclaireur avait rapporté la proximité au champ de bataille d'une forêt, ce qui était une aubaine. La surprise d'une charge de cavalerie dans le dos de l'ennemi pouvait être dévastatrice pour le moral même s'il était dit que les morts vivants ne connaissaient pas la notion de moral, qui était en général primordiale dans une bataille. Enfin Isabel serait à l'arrière à commander les archers. Elle ne fuyait pas le contact avec l'ennemi mais si elle venait à tomber au combat, jamais les troupes ne continueraient à se battre et fuiraient rapidement. Les griffons agiraient à leur guise, mais ils avaient quand même pour objectif principal d'attaquer les archers ennemis, et dans un deuxième temps de protéger les archers et la reine si les troupes contrôlées par Freyda subissaient une percée. Une fois le plan de bataille élaboré et la tactique expliquée aux troupes, Isabel décida de partir pour le champ de bataille immédiatement. Ils arriveraient sur le champ de bataille le soir, et dormiraient là-bas. Les troupes se placeraient à leurs positions stratégiques et dormiraient sur place. Il leur était interdit d'allumer des feux ou de faire trop de bruit pour ne pas renseigner l'ennemi sur leur plan de bataille. Une fois les directives données aux troupes ils levèrent le camp immédiatement, et marchèrent vers la guerre.


L'heure de vérité

Isabel n'avait pas dormi de la nuit, comme la majorité des troupes. Ils avaient rejoint le champ de bataille la veille. La peur se lisait sur chaque visage, et la plaine lune le reflétait bien. Les premières lueurs du soleil allaient bientôt apparaître et toutes les troupes étaient en place. L'ennemi n'avait pourtant jusqu'alors montré aucun signe de vie... ou plutôt de mort. Lorsque les premières lueurs du soleil frappèrent le champ de bataille, on distingua clairement une épaisse fumée qui sortait de derrière une colline de l'autre coté du champ de bataille. Une fumée comme la terre retournée par le piétinement d'une masse. Puis un bruit de piétinement se fit entendre. Le bruit devenait de plus en plus fort, et devint presque assourdissant. Il témoignait de l'énorme proportion de l'armée ennemie avant même de la voir. Puis les premières lignes ennemies apparurent suivi des deuxième lignes et ainsi de suite. L'armée ennemie était énorme. Squelettes, zombies, vampires, liches, et même des dragons sans chair. Pourtant on ne pouvait pas vraiment qualifier la masse d'armée. Il n'y avait pas vraiment d'organisation dans l'armée ennemie. Les plus puissant étaient plus ou moins regroupés avec les faibles, les archers se mélangeaient à la masse. L'ennemi ne semblait pas avoir de cavalerie. Autant d'avantages sur lesquels pouvaient s'appuyer Isabel. Elle vit clairement derrière la masse ennemie Sandro, accompagné d'un vampire qui semblait haut gradé. Isabel était étonnée de voir un vampire exposé à la lumière du soleil sans crainte, puis elle se dit qu'il s'agissait sûrement d'une autre stupide superstition infondée. Puis Isabel sentit de nouveau le froid la caresser. Elle se tourna sur le coté et vit Dohra. Un ennemi qui maîtrisait la téléportation était très dangereux et elle devrait s'en souvenir sur le champ de bataille. Il renouvela une dernière fois sa proposition. Isabel ne lui répondit pas puis regardant l'armée ennemie tira son épée du fourreau. Dohra disparu en exprimant une seule phrase : « Alors vous avez décidé de mourir ».

Une fois le dernier mot prononcé et le wight totalement disparu, la masse uniforme ennemi commença à courir vers les hommes, précédée de flèches tirées par les archers et suivit des dragons qui prirent leur envol. Les chevaliers commencèrent à lever leurs boucliers pour se protéger des flèches ennemies. Tout d'un coup avant que les flèches ne touchent leurs cibles un groupe de vampire se téléporta juste devant les chevaliers et en tuèrent avant que ceux-ci n'aient le temps de baisser leurs boucliers pour se protéger. Puis les flèches frappèrent les troupes désorganisées par cette attaque surprise. Isabel fut tout autant surprise. Finalement l'ennemi avait une stratégie, et plutôt bonne. Mais elle vit alors que les flèches tuaient également quelques vampires, et compris que l'ennemi jouerait sur le nombre et n'hésiterait pas à effectuer des attaques suicides. Puis elle reprit ses esprits, et ordonna aux archers d'attaquer les vampires qu'il était possible d'atteindre sans blesser les chevaliers, et laissa aux chevaliers et moines la charge de détruire les derniers. Heureusement la troupe de vampire qui s'était téléportée était peu nombreuse, mais elle expliquait clairement à Isabel que l'ennemi ne reculerait devant rien. La masse ennemie était encore loin. Isabel en profita pour effectuer une prière. Elle leva la croix offerte par Rockel vers le ciel. Celle-ci se mit à émettre une puissante lumière, proche de celle qu'avait dégagée l'archange. Isabel sentit une grande force la traverser et elle ne ressentit plus aucune peur. Puis elle lut sur le visage de ses soldats que la sensation était ressentie par tout le monde. La croix n'était donc en fait pas une simple croix mais belle et bien un artefact puissant. Puis les deux troupes ennemies entrèrent en contact violemment. Les hommes se battaient comme des damnés et chaque soldat valait cinq ennemis. Les griffons changèrent leurs tactiques et s'attaquèrent aux dragons qui semblaient insensibles aux flèches. Les hommes se battaient vaillamment mais l'ennemi avait engagé une grande partie de ses forces et leur surnombre jouait en leur faveur et fatiguait grandement les chevaliers. A chaque fois qu'un soldat se débarrassait d'un ennemi cinq autres lui tombait dessus. Puis Godric arriva tel une apparition avec ses troupes et chargea violemment dans le dos des assaillants. L'impact fut très violent et de nombreux ennemis tombèrent. Cette charge mit en déroute les troupes adverses, qui repartirent vers les troupes restées en arrière. Godric voulut charger les poursuivants, mais Isabel l'en empêcha. Si les troupes restées en réserve dans le camp ennemi se sentaient menacées et décidaient d'attaquer, les hommes ne résisteraient pas. Isabel attendait maintenant impatiemment en fixant Sandro au loin et en regardant ce qu'il allait faire. Le cheval de Sandro fit demi tour et disparut derrière la colline. Cela voulait dire que la bataille était finie pour aujourd'hui et qu'elle reprendrait demain. En effet les batailles se déroulaient sur plusieurs jours voir plusieurs semaines. Il fallait que les deux généraux soient d'accord pour finir le combat. Ici Isabel n'avait pas relancé la bataille. Les pertes étaient nombreuses et il fallait réorganiser les troupes pour le lendemain. Le champ de bataille était couvert de corps humains et de cendres ennemis. Les griffons avaient également subi de très lourdes pertes face aux dragons, et Isabel devrait se résigner à ne pas pouvoir contrôler le ciel pour cette bataille.

La première nuit les groupes de garde se rendirent compte que des nécromanciens venaient ramasser des corps humains sur le champ de bataille. Il ne fallu pas longtemps à Isabel pour comprendre que les nécromanciens pratiquaient des rituels pendant la nuit pour ressusciter des hommes tombés et ainsi renforcer leurs forces. Dorénavant il faudrait brûler tous les corps pour éviter de renforcer les ennemis. Cet ordre ne fut pas accepté avec joie, car pour les croyants il fallait être enterré avec une cérémonie pour espérer aller au ciel, et brûler les corps équivalait à la damnation. Mais la mesure était nécessaire et tout le monde l'appliqua.

Puis les journées de batailles se succédèrent et même si les hommes résistaient leurs forces baissaient considérablement, et chaque mort devenait une perte d'effectif non négligeable. L'ennemi subissait également de lourdes pertes, mais il restait en surnombre. Devant cette volonté des humains à vivre le ciel ne fut pas insensible. Un jour lors du combat ou Isabel pensait perdre définitivement la bataille, le ciel s'éclaircit. Un trou dans les nuages se forma d'où jaillirent des dizaines d'anges qui s'attaquèrent aux dragons qui faisaient subir de lourdes pertes aux hommes. Puis Isabel vit devant elle Rockel apparaître. Il lui expliqua que les anges suivaient la bataille depuis le début. La volonté de survivre des hommes les avait impressionnée. Si leur espèce devait s'éteindre lors d'une guerre, ils voulaient mourir auprès de tels hommes. Les anges étaient un précieux atout, mais les forces ennemies restaient très fortes et continuait à renforcer leurs armées avec des cadavres. Les hommes brûlaient leurs confrères, mais les morts étaient si nombreux qu'il leur était impossible de regrouper tous les corps avant l'ennemi. Rockel décida donc de les prendre à leurs propres jeux. Rockel comme les trois autres archanges avait la capacité de ressusciter des hommes dans les quarante huit heures suivant leur mort. Dès lors la bataille devint une guerre de position, chaque camp renouvellant ses troupes, et deux combattants s'étant entretués le jour précédent se faisaient face à nouveau le lendemain.

Un jour Sandro devant s'impatienter envoya Dohra prendre la vie de la reine. Grâce à sa téléportation, Isabel ne sentit le froid derrière son dos qu'au moment ou le wight frappa. Il était trop tard, Isabel eut à peine le temps de se retourner que la faux accomplissait déjà son coup mortel. Isabel eut le visage éclaboussé de sang. Mais il ne s'agissait pas de son sang, mais de celui de l'homme qu'elle considérait comme son père. Godric s'était interposé et en protégeant sa reine de son corps reçu le coup mortel tout en pourfendant Dohra. Le wight disparut en cendre. Puis toutes les troupes ennemies arrêtèrent de se battre, suivies par les hommes qui ne comprenaient guère. Sandro quitta enfin la dernière ligne dont il ne bougeait jamais et rejoignit Isabel. Il lui expliqua que cette guerre pouvait durer éternellement. Il n'en avait aucune envie, d'autres ambitions le portaient. Il offrit alors à Isabel un nouveau marché. Il proposa à Isabel de laisser son peuple en paix, et de ne pas attaquer ses contrées. En contre partie elle ne devait pas s'opposer à Sandro qui allait désormais orienter ses campagnes militaires contre les elfes et les magiciens. Isabel voulait venger Godric, mais elle devait avant tout penser à son peuple. Elle contrôla sa colère puis réfléchit au pacte. Après tout, ni les elfes ni les magiciens ne les avaient aidés. Les hommes n'avaient pas quéri directement leur aide mais avec les espions circulant partout dans le pays il était sûr qu'ils connaissaient toute l'histoire, et n'avaient prêté aucunes attention à la détresse des hommes. Isabel sentit une rage nouvelle la traverser. La mort de tous ses hommes et de Godric était la faute de ceux qui se disaient autrefois ses alliés. Pourquoi les protégerait elle de la mort. Après tout sa priorité en tant que reine était d'assurer la survie de son peuple. Isabel retenant ses larmes releva la tête vers Sandro et accepta le marché sous le regard de ses soldats dont une partie semblait heureux de survivre, et dont une autre partie semblait juger l'acte Isabel.

Maintenant que l'armée nécromancienne partait, Isabel pouvait enfin prendre le temps d'un moment de faiblesse. S'écroulant à coté du corps de Godric, elle fondit en larmes. Des larmes qu'elle avait retenues devant Sandro et ses hommes, mais qu'elle n'avait plus la force de retenir. Elle avait sauvé son peuple mais à quel prix. Son choix n'était il pas cruel ? En plus d'avoir perdu Godric dans cette guerre n'avait elle pas également perdu son humanité ?


Vyse0



Ps: Il y a peut etre des fautes d'orthographes dsl ^^
Dans ma nouvelle je voulais développer beaucoup plus le dernier chapitre avec l'arrivée des anges et la mort de Godric mais la limite de 10 pages m'en a empéché

TheNobody4
04/04/2006, 04h52
Mon avis : vraiment très fort, tu as beaucoup de talent !
C'est très bien raconté et mis en scène, tu as donné pas mal de profondeur aux personnages, tes pointes d'ironie ont un très bon effet, on imagine vraiment bien grâce à ta description, etc... Je ne trouve pas de gros défauts ni rien qui vienne entâcher ta nouvelle http://forums.ubi.com/infopop/emoticons/icon_wink.gif
Pour finir, tu mérites bien d'avoir gagné le concours http://forums.ubi.com/infopop/emoticons/icon_smile.gif

vyse0
04/04/2006, 06h10
Merci tes compliments me font vraiment plaisir http://forums.ubi.com/infopop/emoticons/icon_biggrin.gif

Machodio
04/04/2006, 08h05
Ta nouvelle est vraiment très bien. Bien structurée et on se laisse prendre dans l'histoire. Bravo!

defonsator
04/04/2006, 18h17
Mon avis ... J'en ai pas jai pas lu http://forums.ubi.com/infopop/emoticons/icon_biggrin.gif
Beaucoup trop long pour moi mdr http://forums.ubi.com/images/smilies/88.gif
Mais si tu as gagner je doutes pas une seule seconde que c'est bien http://forums.ubi.com/infopop/emoticons/icon_wink.gif

Destructeur1979
08/04/2006, 05h26
Waouh super ta nouvelle Vyse tu devait être inspirer ce jour la a quand l'adaptation au cinéma http://forums.ubi.com/infopop/emoticons/icon_smile.gif

TheNobody4
08/04/2006, 09h34
Oh non on va se disputer pour savoir quelle actrice fera Freyda http://forums.ubi.com/images/smilies/35.gif

Maxime_230
08/04/2006, 13h20
Non je me disputerai pas pour la choisir par contre........C'EST MOI QUI SORT AVEC ELLE! (trop tard je l'ai dit le premier)

TheNobody4
09/04/2006, 11h14
Avec l'actrice ou avec la vraie ? Parce que la vraie, il faudrait d'abord la convaincre de me lâcher http://forums.ubi.com/images/smilies/88.gif

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Sinon je verrais bien Kate Beckinsale, mais je ne crois pas que je supporterai ne pas l'avoir http://forums.ubi.com/images/smilies/35.gif
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