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CHinui
02/08/2013, 13h51
L’histoire que je m’apprête à vous raconter se passe dans un village. Un village perdu de taille moyenne où régnaient la paix, l’amour et la magie. En effet, c’était un village où beaucoup de grands magiciens y ont fait leurs études et ont combattu pour le Havre. C’était un village réputé et beaucoup d’apprentis magiciens y venaient pour accroître leurs connaissances magiques et ainsi, peut-être, marquer l’histoire à leur tour.

C’est le cas d’Alan, fils de boulangers, il décida de rompre la tradition familiale et de tenter sa chance, ici, avec sa bien-aimée. Mais il déchanta bien vite. En effet, Alan n’était pas le meilleur, au contraire! Il ne possédait pas le talent inné de certains, magicien de père en fils. Il avait même du mal à comprendre et à maitriser certaines bases de la magie. Tous ces éléments accumulés firent de lui la risée de ces pairs.

Ce qui n’était pas le cas de sa bien-aimée Eléonore. Elle était belle et radieuse et sa magie était incroyable. Tous accordaient à dire qu’elle ferait de grandes choses. Mais tous, également, ne comprenaient pas pourquoi elle aimait un homme comme Alan. Pour eux, ce n’était juste qu’un beau garçon aux cheveux longs qui allait profiter de la future notoriété de sa copine.

Un jour, s’offrant un moment de répit, le couple alla pique-niquer au pied d’un arbre, loin du village. Alan confessa ses doutes :
« Je ne suis pas fait pour ça.
- Mais si voyons ! C’est ta passion, tu ne peux que réussir si tu y mets l’envie.
- C’est facile pour toi ! T’es super douée ! On sait tous que tu feras de grandes choses !
- Mais toi aussi, tu feras de grandes choses ! Et puis, le fait que tu ne réussisses pas maintenant, ne veut pas dire que tu seras comme ça toute ta vie ! Regarde Cassandra, elle était comme toi avant !
Les mots d’Eléonore ne le rassuraient pas pour autant.
- Tu me compares à Cassandra mais c’est un cas particulier…
- Mais arrête avec ton pessimisme ! Tu sais quoi…
Elle se leva et assis sur les genoux d’Alan et lui prit le visage entre ses mains.
- Je te promets devant Elrath que toi, Alan, fera de grandes choses et ensemble, nous changerons le monde !
Puis elle l’embrassa.
-Alors convaincu ?
Il hocha la tête puis embrassa sa belle.

- Le soleil se couche. Il faut qu’on rentre. Je dois préparer mes affaires pour demain. T’es sûr de ne pas vouloir venir ?
- Sans façon, ton père est cool mais ta mère me déteste !
- Mais non, elle est juste un peu difficile. C’est tout ! »
Ils continuèrent à parler, tout en rangeant le pique-nique. Mais Alan fût interrompu par une ombre sur le fleuve à quelques mètres plus bas.
« Qu’est-ce c’est que ça… »
Il descendit la pente en direction de cette ombre dans l’eau. Il était au bord du fleuve. Il fut rejoint par Eléonore.
« Alan n’y va pas. Ca ne me dit rien ! J’ai un mauvais pressentiment
Il avait pied, le courant était faible. Il s’avança dans l’eau.
- Alan arrête.
Il plongea sa main dans l’ombre et en sorti un orbe. Un orbe noir avec un léger sillage vert fluo. Il était fasciné.
- Qu’est-ce c’est ? demanda Eléonore quand il revint.
- Je n’sais pas mais c’est magnifique. Ouah, quelle beauté !
- Tu ne m’as jamais parlé comme ça à moi !
- Quoi ? T’es jalouse ? Jalouse d’un caillou, je crois rêver !
- N’importe quoi !
Elle se calma et reprit ses esprits.
- Tu ne devrais pas le garder, cet objet me fait peur !
- Regarde comment il absorbe la lumière ! C’est fou ! J’vais le garder
Eléonore fit une tête exaspérée.
- Bon, apparemment, tu as décidé de ne pas m’écouter… Du coup, ce soir, on ne fera rien ! dit-elle avec un grand sourire.
- Quoi ! Roh mais arrête, t’es vraiment une gamine !
- Moi, une gamine ! Alors là t’as gagné, rien pendant une semaine ! »
Et ils continuèrent à se chamailler sur tout le trajet.

La nuit, dans leur lit, pendant qu’Eléonore dormait, Alan restait éveillé, il fixait l’orbe encore et encore.
Le matin venu, Eléonore se réveilla seule. Personne à ses côtés. Elle se rendit à l’atelier qu’ils avaient loué et était sûre de retrouver sa moitié entrain d’étudier l’orbe. Elle eut raison.
« Chéri ? T’es là ?
- Eléonore regarde ce que j’ai réussi à faire !
Elle s’approcha de lui. Il était sur son bureau où il régnait un bazar pas possible. Il n’y avait juste un petit espace devant lui avec une petite araignée morte.
- Quoi ? Tu vas la manger ?
- Ne dis pas n’importe quoi ! Regarde plutôt !
Il prit l’orbe d’une main et avec l’autre, mit son index juste au dessus de l’araignée.
- Tu vas l’écraser, c’est ça ?
- Chut !
Un léger sillage verte passa de son index à l’araignée et la fit revivre.
- T’as vu ça, c’est génial, non ? dit-il tout sourire.
- Non, ça n’a rien de génial. C’est de la nécromancie ! C’est dangereux et interdit.
Ils se disputèrent encore fois. Elle essaya de lui faire comprendre à quel point c’était dangereux. Mais lui ne voulait rien entendre.
- Ecoute-moi bien cette fois Alan ! Demain je rentre chez mes parents pour le week-end et à mon retour, je veux que tu fasses disparaitre cet orbe ! C’est bien compris !
- Mais calme…
- C’est elle ou moi, Alan ! »
Eléonore quitta le village dans l’après-midi sans dire au revoir. Elle était très fâchée et Alan le savait. Il était résolu à jeter l’orbe avant le retour de sa belle. Ce qui lui laissait deux jours pour travailler dessus.

Le soir tombé, Alan rentra chez lui. Sur la route, il croisa une petite troupe de magiciens bien éméchés. Il croisa le regard de l’un d’entre eux. Celui-ci le reconnut instantanément et donna un coup de coude à son ami. Ce dernier fit de-même et en quelques instants les cinq compères le fixèrent.
« Alors Alan ! Toujours aussi mauvais, cria-t-il.
Tout les autres rirent forts pour bien se faire entendre.
- Alan, tu m’allumes ma cigarette !
- Mais non, il peut pas, il sait toujours pas faire de feu !
Arrivés à son niveau, l’un d’eux l’arrêta d’une main à l’épaule et lui dit :
-T’es un raté Alan, tu m’entends, t’es un raté !
Puis le fit tomber par terre.
- Je comprend pas pourquoi Eléonore en pince pour toi. T’es tellement minable.
- Bon allez, on le tabasse ! Ca va rattraper cette journée de merde !
Alan se leva. Il resta sur la défensive. Les cinq commencèrent à l’encercler.
- Laissez-moi tranquille, je ne cherche pas d’histoire, dit-il en essayant de ne pas paniquer.
- Tu fais moins le malin sans ta copine pour te défendre.
Une boule de feu le toucha à sa jambe.
- Oh zut, je visais la tête, j’suis vraiment trop bourré ! »

Alan tomba à terre en se tenant la jambe. Soudain, un liquide vert tomba de nulle part sur l’un d’entre eux. Il se mit à crier et à gémir.
« Qu’est-ce que tu lui as fait ! » grogna l’un des quatre autres, tout en s’apprêtant à lui lancer un sort.
Alan, par réflexe, sortit son orbe et la pointa sur son agresseur. Un rayon de lumière vert le traversa et le fit tomber. Alan se releva doucement, sans sentir la moindre douleur.
Les trois autres prirent la fuite mais leur chemin fut bloqué par une énorme araignée.
« Pitié Alan ! Laisse-nous partir ! On recommencera plus.
- Ouais, on a compris la leçon.
- Allez steuplait ! T’es un type bien ! »
Mais il ne voulait rien entendre, l’araignée les tua. Il resta debout devant les cinq cadavres et d’un geste de la main, les fit revire.

Ce fût un week-end sanglant. Alan tua tout le village en prenant bien soin de bloquer les sorties pour que personne échappe à sa nouvelle vie comme le disait-il.
Dimanche soir, il n’y avait plus de vie dans le village mais il n’y avait pas de cadavre non plus. Alan prit son armée et quitta le village. Ils marchèrent en direction du village voisin mais furent intercepté par un homme. Un homme qui n’avait pas peur de ce qu’ils représentaient.
« Qui es-tu ! cria Alan. Pourquoi n’as-tu pas peur ?
-Peur ? Mais de quoi ? De ces magnifiques goules ? De cette somptueuse araignée ? dit-il d’une voix calme et reposante.
-Que nous veux-tu ?
-Je suis à la recherche d’un objet que j’ai malencontreusement égaré. Un orbe pour être plus précis.
D'un geste de la main, l’orbe revint à lui et Alan reprit ses esprits par la même occasion. Il prit conscience de la gravité de ses actes et fonda en larmes.
-Mais qu’est-ce que j’ai fait ! cria-t-il. Je suis un monstre !
-Non, tu n’es pas un monstre. Tu es un artiste ! Et ceci est ton chef-œuvre !
D’un geste, il fit relever Alan et le tourna vers son armée.
-Je les ai tués.
-Non, tu les as libérés. Libre de touts sentiments. Plus de colère, plus de tristesse ! Libre de toutes obligations, qu’elles soient professionnelles ou familiales.
-Eléonore… elle m’avait prévenu. Je ne l’ai pas écouté.
-Elle ne t’a pas compris, c’est différent. Les artistes sont souvent dans cette situation. Au fait, quel est ton nom ?
-Alan, dit-il sans conviction.
-Alan, tu as de l’ambition et du talent. Si tu le souhaites, je peux t’apprendre plus sur la nécromancie.
-Et en contrepartie ?
-Tu dois changer de nom et prendre un nom de nécromancien.
-Je n’ai pas vraiment le choix après ce que j’ai fait.
-On a toujours le choix. Ce sont nos choix qui font ce que nous sommes !
-Vous êtes le premier à dire que j’ai du talent…
-Evidemment que tu en as, regarde ce que tu as fait !
-J’accepte ! Et dorénavant, je m’appellerais…
-Stop, c’est moi qui décide. On ne choisit pas son prénom, voyons ! Même chez les nécromanciens !
L’homme me mit à réfléchir.
-J’ai trouvé, tu te feras appeler Atropos ! Atropos, Ravaudeur des morts ! Ca sonne bien, je trouve.
L’homme se mit à parler à la foule de mort-vivants.
-Mes enfants, tout d’abord, je tiens à vous souhaiter la bienvenue dans notre armée des morts ! Sachez que dorénavant, vous êtes éternelles ! Quoiqu’il arrive, vous nous reviendrez car la mort n’est pas la fin mais un commencement, un renouveau ! Mais tout cela n’aurait pas été possible sans l’acte héroïque de votre frère, Atropos !
Il leva sa torche en l’air.
-Moi, Adar-Malik, Mandeur de la fatalité, fait d’Atropos...
Il fit léviter Atropos au-dessus de la foule.
-Chevalier de la mort !
L’orbe se vida de son énergie et entra dans les yeux d’Atropos. Son teint devient pâle, ces longs cheveux devinrent blancs et ses joues se creusèrent. L’orbe devint transparent avant de se briser.
-Chevalier de la mort ?
-C’est un très grand titre que je te donne. Le plus prestigieux à mon sens ! »
Il reposa Atropos qui se rappela, sous les clameurs de la foule, ce que lui dit Eléonore.
« Je te promets devant Elrath que toi, Alan, fera de grandes choses et ensemble, nous changerons le monde ! »


Voici les autres chapitres :
A la rencontre d'un ange (http://forums-fr.ubi.com/showthread.php/66796-La-naissance-d-un-chevalier?p=990671&viewfull=1#post990671) au post #7
Le discours d'un homme (http://forums-fr.ubi.com/showthread.php/66796-La-naissance-d-un-chevalier?p=990692&viewfull=1#post990692) au post #8

WCB.Kimundi
09/08/2013, 11h00
Alors là, bravo :) Désolé d'avoir mis si longtemps à le lire, mais je ne regrette rien ;) Qui aurait crû qu'une relation ait été possible entre les deux Uniques les plus opposés :D

Grobyl
16/08/2013, 00h33
Super ! Même si on sait ce qu'il va se passer assez rapidement, on en perd pas une miette ;) J'espère que tu nous pondras un deuxième récits de ce genre !

Knightbob69008
18/08/2013, 22h09
Ouep, très sympa à lire!
Même si le début est un peu classique, la fin est très bien.
Et le petit clin d'oeil à Tolkien avec la découverte de l'objet dans la rivière (par Sméagol) est bien vu ;)

CHinui
24/08/2013, 13h20
J'ai cru que mon récit ne plaisait pas par manque de commentaires.
Merci à tous!^^

solune69
26/08/2013, 18h03
j'ai bcp aimé ! Merci et encore !!!

CHinui
13/09/2013, 21h11
Lundi matin, Eléonore était en chemin pour le village, elle avait hâte de retrouver ses camarades de classes et son bien –aimé. Mais à l’approche du village, elle n’entendit aucun bruit. D’habitude à cette distance, on devait entendre un brouhaha qui reflétait l’activité du village. Étrange qu’elle n’entende rien, même si il était très tôt le matin.
Quand elle entra dans le village, le silence pesant lui glaça le sang. Elle n’entendait rien, pas un bruit et pour cause, il n’y avait personne, pas âme qui vive. Il n’y avait rien, même pas un animal, même pas un insecte. Elle était apeurée, tellement apeurée qu’elle ne put parler. Elle ne faisait qu’avancer machinalement dans le village, à travers les rues, jetant parfois un coup d’œil rapide par les fenêtres ou les portes laissées grand ouvertes. Elle vit du sang sur les murs, ce qui n’était pas pour la rassurer, mais aucun cadavre. Elle savait que c’était l’œuvre d’un nécromancien. Elle voulait faire marche arrière, elle devait faire marche arrière mais elle avait trop peur de se retourner et de tomber nez à nez avec une goule ou un squelette.

C’est alors qu’en se dirigeant vers le centre du village, elle vit un homme avec de longs cheveux blond platine.
« Alan ? pensa-t-elle d’abord. Non, ce n’était pas lui, Alan n’a pas d’armure et d’épée et encore moins d’ailes derrière le d…
Elle se précipita vers lui, d’une part car elle serait en sécurité et d’autre part, pour le saluer. Une fois prêt de lui, elle s’agenouilla :
- Mes respects Sandalphon, Seigneur du Pouvoir.

Sandalphon se retourna vers elle, les yeux remplis de lumière céleste.
- Tiens donc, je pensais que j’étais seul. Es-tu une survivante ?
- Non, je viens d’arriver. Que s’est-il passé ? demanda-t-elle toujours agenouiller.
- D’abord, tu peux te relever. Ensuite, est-il vraiment nécessaire que je réponde à ta question ?
- Un nécromancien… répondit-elle en se relevant.
- Oui, tout à fait. Bon vu qu’on est que deux…

La lumière dans ses yeux se dissipa pour laisser place à la couleur noisette de ses iris.
- Bon trêve de formalité, j’déteste avoir les yeux lumineux, on y voit que dalle ! Et puis, j’aime pas parler avec cet air supérieur et le fait de s’agenouiller quand on me voit, roh qu’est-ce c’est ringard. 400 ans que je trimbale avec ce protocole à la noix…
Éléonore fut surprise par ce changement d’attitude et par tant de familiarité. D’autant que son caractère était opposé à celui qu’on lui donnait dans les livres.
- Hmm qui à fait cela selon vous ?
- Déjà, je préférerais qu’on se tutoie, c’est plus agréable. Sinon, pour répondre à ta question… Je ne sais pas trop. J’ai l’impression que ça a été fait par un nécromancien débutant… Mais en même temps, comment un débutant aurait-il pu vider tout un village…
Sandalphon était perplexe. Il ne trouvait aucune réponse sensée à sa question et cela l’inquiétait encore plus.
-Peut-être avec l’aide d’un objet ? dit Eléonore en se souvenant de l’orbe
Mais en disant cela, elle en redoutait la réponse.
- Un objet ? C’est-à-dire ?
Eléonore trembla, elle savait que ce qu’elle allait dire avait de grandes chances de confirmer sa crainte sur Alan.
- Mon petit ami a trouvé un orbe, dit-elle lentement, elle était noire avec un léger sillage vert et… il a fait revivre une araignée avec…
- Adar-Malik… Encore toi…
- Adar-Malik, LE Adar-Malik ? Mais c’est l’un des nécromanciens les plus puissants que monde n’est jamais connue ! On dit qu’il est le premier nécromancien et qu’il peut construire une nécropole d’un simple coup de baguette, dit-elle complètement paniquée.
- Ouais… Il est fort mais faut pas déconner non plus. Déjà, il a pas de baguette. Après, c’est l’un des premier nécro mais c’est pas LE premier. Et pour finir, non, personne ne peut construire une nécropole tout seul ! N’importe quoi !
- Et Alan dans tout ça…
- Ton petit ami, eh bien… Sandalphon n’aimait pas annoncer les mauvaises nouvelles, surtout quand elles ont un rapport avec les nécromanciens. C’est surement lui qui a fait tout cela grâce à l’orbe... »

Éléonore éclata en larmes. C’est ce qu’elle craignait et cela ne pouvait être pire. Elle aurait préféré apprendre sa mort que cela. En la voyant pleuré, Sandalphon était très mal à l’aise. Il n’avait jamais été doué pour réconforter les gens.
« Ecoute… On ne pourra surement rien faire pour lui et pour le village.
- C'est sensé me rassurer ?
- Ouais, je sais, j’suis pas bon pour ça. Mais ce qu’on peut faire, c’est de l’empêcher de continuer.
- Continuer ?
- Adar-Malik a perdu toute son armée lors de sa dernière bataille. Il va surement s’attaquer au village voisin pour avoir plus de soldats ! Il est surement en route à l’heure qu’il est.
- Mais on ne pourra jamais les rattraper et puis même si on le pouvait, nous ne sommes que deux !
- T’inquiète paupiette ! J’ai tout prévu ! Je vais nous téléporter là-bas ! Enfin, si tu veux venir avec moi, hein ?
Éléonore hésita à peine, elle sécha ses larmes, déterminer à mettre à mal le nécromancien.
- Bien allons-y, dit-elle. »
Sandalphon leva son épée. Un énorme cercle rempli d’inscriptions anciennes apparu sous leurs pieds et dans un halo de lumière, ils disparurent.

Ils réapparurent dans le village voisin dans ce même halo. Le village ressemblait énormément à l’ancien village. La seule grande différence était qu’il n’était pas traversé par un fleuve. L’halo de lumière attira tout les regards. A la vue de l’ange, tout les villageois s’agenouillèrent:
« Mes respects Sandalphon, Seigneur du Pouvoir ! dirent-il tous un à un.
- L’heure n’est pas aux formalités ! Les mort-vivants approchent et il faut vous préparer à vous défendre ! Dit-il en levant son épée, ce qui eut pour conséquence de faire sonner les cloches du village.
Aux sons des cloches, le village s’agita d’un coup. Tous se préparaient à sa défense.
- Je veux que vous me laissiez la grande place libre ! J’ai un appel à lancer !
- Un appel ? s’interrogea Éléonore.
- En effet Blondinette, chaque régiment du Havre, que ça soit le Loup, le Griffon ou les Croisées, ont un sceau dans leurs bâtiments. C’est le Sceau des Anges ! Quand un ange a besoin d’une armée, il fait appel aux sceaux et les soldats sur la base du volontariat n’ont qu’à toucher le sceau pour se téléporter prêt de l’ange et cela n’importe tout à travers le monde.
- Ouah, c’est une invention extraordinaire !
- Il y a tout de même un défaut… Vu que c’est sur la base du volontariat, on ne sait jamais combien de soldats on va avoir.
- Mais ils savent que c’est toi qui les appelle ?
- Oui et ils savent également le contexte dans lequel on se trouve. Mais ils peuvent avoir d’autres priorités et, bien que la situation soit urgente, ne pas venir.
- Et qu’est-ce qu’on fait alors ?
- Toi, tu vas aider les villageois ! Quant à moi, je suis obligé de rester là à attendre.
- Très bien. Bon bah, à tout à l’heure !
- Ouaip, répondit-il un peu inquiet.
- Au fait, dit-elle en revenant sur ses pas, participerai-je à la bataille ?
- Bien sûr, tu seras notre soigneuse principale ! Tu sais soigner, hein ?
- Evidemment, c’est la base ! Tout magicien sait soigner !
- Euh…
- Et… toi… tu sais soigner, hein ?
- Bah, j’ai jamais été bon pour les sorts de lumières, avoua-t-il en se frottant l’arrière de la tête.
- Quoi, tu ne sais pas soigner ! s’exclama-t-elle.
- Chut moins fort ! Ecoute, j’étais pas bon à l’école et puis le prof, il était naze ! Il parlait dans sa barbe et il s’en fichait que tu ne comprennes pas ! Il faisait son cours parce qu’il était payé et puis c’est tout !
- Ouais, l’excuse du prof… Tout le monde la connait, c’est un peu facile !
- Bon tais-toi et va aider les villageois !
- Attend ! J’veux savoir !
- Savoir quoi ?
- Bah ce que tu sais faire !
- Bah je suis un très bon mage de vent et d’eau ! Et j’ai tout appris en autodidacte, attention ! s’exclama-t-il tout fier de lui. Ça te va ?
- Oui, on fera avec ! lui lança-t-elle avec un léger air moqueur. Bon, je vais allez aider les villageois !
- C’est pas comme si je te l’avais déjà demandé mille fois !
- Allez ! A toute à l’heure !
- ‘ Toute ! »

Sandalphon attendit cinq bonnes minutes avant que les premiers soldats arrivent, téléportés par un halo de lumière. Les soldats étaient rangés en deux bataillons distincts. Les chefs des bataillons s’avancèrent vers l’ange et s’agenouillèrent, les soldats derrière firent de même.
Ils dirent à l’unisson :
« Mes respects Sandalphon, Seigneur du Pouvoir !
Puis l’un des deux chefs prit la parole :
- Je suis Lætitia, Capitaine du Loup et voici mon camarade Yoann, également Capitaine du Loup. Nous sommes exactement 34 soldats prêts à combattre à vos côtés !
- Merci de…

Sandalphon n’eut pas le temps de finir sa phrase que d’autres soldats apparurent. Il n’y avait qu’un seul bataillon cette fois-ci. Perchés sur leurs Griffons, c’était à la fois les soldats et ces premiers qui s’agenouillèrent :
- Mes respects Sandalphon, Seigneur du Pouvoir !
- Je me nomme Paul, Prête de bataille du Griffon et voici mes hommes, montra-t-il de la main, prêt à se battre pour cette cause juste ! Il y a également des soldats un peu spéciaux qui ont insisté pour m’accompagner.
Les griffons s’écartèrent laissant un chemin se dessiner entre eux. C’est alors que des hommes à l’aspect sauvage s’engouffrèrent dedans pour s’agenouillèrent devant Sandalphon.
- Nous autres, Paos, ne vivons que pour le combat et l’honneur. Et il n’y a pas plus grand honneur que de combatte auprès d’un guerrier tel que Sandalphon ! Nous sommes 10 ! 10 prêts à mourir pour vous, Seigneur du Pouvoir ! »
Et il en était ainsi pendant une vingtaine de minute. Au final, plus de trois cent soldats ont répondu à l’appel. Il y avait tellement de monde que beaucoup de soldats furent contraint de rester en dehors du village faute de place. Il y avait le Griffon, le Loup, les Croisés, les Prétoriens mais aussi des Gloires, des Vestales et bien sûr les Paos.


La suite juste après post n°8.

CHinui
13/09/2013, 23h09
Il était 10h et Adar-Malik n’allait pas tarder à se montrer. Sandalphon avait attendu assez longtemps, il avait reçu assez d’hommes et plus personne ne viendrait. Il décida de cesser l’appel et de rejoindre ces hommes.
En arrivant à l’entrée du village, il vit des visages crispés et fermés. Et cela même chez les soldats. Eléonore s’approcha de lui en conséquence de cause.
« Je suis désolée, je leurs ai dit que c’était Adar-Malik et la nouvelle s’est répandue. Je ne pensais vraiment pas… enfin je suis vraiment désolée !
- T’en fais pas, je gère ! dit-il avec un sourire.
Il prit son envol et se posa sur le toit d’une maison, bien à la vue de tous.
- Ecoutez-moi ! Ecoutez-moi, je vous dis ! Tous autant que vous êtes ! Arrêtez de travailler un instant !
Tous s’arrêtèrent.
- Approchez-vous. Est-ce que tout le monde me voit ? demanda-t-il en balayant la foule du regard. Bien. »
Il dégaina sa lame et la posa à l’envers sur le toit, les mains sur l’embout du manche et prit un air déterminé et commença à parler.
Éléonore écouta attentivement mais n’entendit rien. A la place, elle eut une vision muette. Elle vit un jeune adulte, il avait son âge environ mais à en juger par ses habits, il ne devait pas être de cette époque, il devait vivre des siècles avant.
L’homme était dans une salle de classe. Le professeur, à la longue barbe, passa dans les rangs pour distribuer les copies ou plutôt les rendre. Elle vit la copie du jeune homme, son prénom « Charlie », « Contrôle sur les connaissance en magie de Lumière », il y avait un « s » en rouge rajouté à la fin de « connaissance », « 3/20 », « Insuffisant, tu ne fais décidément aucun effort et ça devient très problématique! ». Un camarade de classe lui fit un geste de la tête. Charlie fit en réponse un trois avec ses doigts. Il haussa ensuite les épaules et sourit.
Pendant la récréation, Charlie lança un sort de vent et souleva la jupe d’une fille, celle-ci se retourna et le frappa avec son sac, il cria de douleur mais toujours avec le sourire. Ensuite, il lança un sort près de la fontaine où était assis un couple d’amoureux. Le jet d’eau dévia et arrosa le couple pendant leur embrassade. Les deux élèves lui crièrent dessus et Charlie prit un air de faux-innocent en mettant ses mains derrière le dos tout en sifflotant.
Charlie avait l’air d’un trublion mais qui restait pas moins très apprécié de ses camarades, et de ses professeurs par ailleurs. Il fut convoqué, plus tard, par le professeur à qui il devait le 3/20 et après une discussion sérieuse, les deux finirent par rire et Charlie avait l’air de s’en être bien tiré.
Charlie fut tout de même diplômé avec une moyenne de 12,76/20. En appréciation générale, il a eut droit à « Élevé moyen avec un grand capital sympathie, dommage qu’il préfère embêter ses camarades à la récré plutôt que de travailler. »
La vision se déplaça plus loin dans le temps. Elle suivait toujours Charlie, il était à présent dans un village. Ce village ressemblait quelque peu à celui-ci où elle était actuellement. Mais il faisait nuit et il pleuvait. Un brancard longea le jeune homme. C’était le Capitaine du Loup chargé de défendre le village contre l’invasion mort-vivante, il était mort. La peur était palpable, elle vit les mêmes visages fermés, les mêmes visages crispés. La panique allait bientôt régner sur le village tout entier.
Charlie regarda autour de lui. Il vit le camarade qui lui avait demandé sa note tremblé de partout. Sa tête se tourna vers Charlie, son regard était terrifié et ses dents claquaient. De l’autre côté, il vit le couple qu’il avait arrosé, ils se serraient dans les bras tout en pleurant. Devant lui, il vit la fille à qui il avait soulevé la jupe, debout, tétanisée, Éléonore ne pouvait rien entendre mais on pouvait clairement lire sur ses lèvres « J’veux pas mourir ! J’veux pas mourir ! etc… »
Charlie avait peur lui aussi mais pas autant que les autres. Il était surtout désemparé car jusqu'à présent, il avait toujours réussi à remonter le moral de ses amis avec des mesquineries et autres blagues douteuses, c'était en quelque sorte le rôle qu'il s'était donné alors qu'à ce moment précis, rien ne fonctionnait. Charlie eu soudain une révélation, il prit une torche et lança un sort qui le projeta sur un toit. Il fit de grands gestes avec la torche et cria. Petit-à-petit tous se rassemblèrent en dessous de lui. A ce moment-là, la vision se confondit avec la réalité. Elle vit les mêmes gestes, les expressions du visage sur Sandalphon et sur Charlie. Au fur et à mesure du discours, la peur des gens s’effaça, le courage se fit voir, la détermination se fit entendre. Charlie cria en leva sa torche et la foule cria en réponse en levant ses armes. Puis Éléonore put entendre la dernière phrase de Charlie avant que la vision cesse :
« CE SOIR, NOUS ALLONS VAINCRE LA MORT ! »
De retour à la réalité, elle vit une foule remplit de fierté, de force, de détermination dans le village.
« Est-ce que vous êtes avec moi ? cria Sandalphon en levant son épée en l’air.
La foule cria en retour en levant ses armes.
- J’entends rien ! Est-ce que vous êtes avec moi ?
La foule cria encore plus fort et Sandalphon leva sa tête vers le ciel.
- Nous entends-tu Elrath ? Nous, tes fiers humains. Encore une fois, nous allons nous battre en ton nom et nous savons que, même si on ne te voit pas, même si on ne t’entend pas, tu seras là à nos côtés. »
Il baissa la tête en direction de la foule, un silence s’était installé pendant les propos solennels qu’il avait accordés au Dieu-Dragon.
« AUJOURD’HUI, NOUS ALLONS VAINCRE LA MORT ! » cria-t-il de toutes forces, il fut suivit par toutes la foule qui avait crié encore plus fort que précédemment.
Il descendit du toit et demanda un cor à un soldat et le montra à un chevalier Griffon.
« Griffon, va un kilomètre plus loin et souffle dans ce cor quand tu verras l’ennemi, puis reviens !
Le chevalier acquiesça et partit immédiatement après avoir prit l’instrument. Sandalphon se dirigea vers Eléonore.
- Alors, t’as vu l’discours ! J’t’avais dit que je gérais !
Éléonore était abasourdie et ne sut dire que :
- Charlie?
Il l’isola du reste des gens.
- Comment tu connais mon prénom ! Ça fait 400 ans que personne ne m’a appelé ainsi ! C’est à peine si je sais encore comment ça s’écrit ! Y avait un « e » ou pas à la fin ? se demanda-t-il.
- J’ai eu une vision, je t’ai vu dans ton école, ton professeur barbu, ton 3/20, comment tu embêtais tes camarades à la récré !
- Ah, c’était le bon vieux temps ! Attend, 3/20, t’es sûre ? Il me semble que j’ai mais eu en dessous de 7 en truc de lumière là.
Elle hocha la tête en signe de négation.
- Bon… Mais comment t’as eu cette vision ?
- Je ne sais pas, c’est venu d’un coup, pendant ton discours.
- Mais ça t’arrives souvent ?
- Non, c’était la première fois.
- Bon, peu importe, allons aider les autres, dit-il en allant rejoindre les soldats et les villageois devant l’entrée.
- Je t’ai vu aussi dans le village, sous la pluie, quand le Capitaine du Loup est mort…
Il s’arrêta net.
- Je t’ai vu prononcé ce discours. J’ai vu comment tu as redonné espoir aux villageois, aux soldats et à tes amis… Dis-moi Charlie, tu l’as gagné cette bataille ?
Il tourna la tête avec un large sourire.
- On les a écrasés! 200 contre 500 ! La grosse fessée !
- C’est grâce à cette bataille que tu es devenu ange, n’est-ce pas ?
- Celle-ci et plusieurs autres. A la fin d’une bataille, j’étais en train de fêter ma victoire quand je fus téléporté devant Elrath. Au début, j’ai cru que j’avais trop bu mais c’était bien vrai. Il me dit un truc du genre :
« Charlie, tu as accompli bien des miracles et je veux te donner la capacité d’en faire plus. C’est pourquoi, je fais de toi mon premier ange ! Dorénavant, tu seras connu sous le nom de Sandalphon, Seigneur du Pouvoir. Et quand l’homme aura besoin mon aide, tu seras là pour l’aider en mon nom ! »
- Ouah, c’est… fou comme histoire, dit-elle complètement abasourdie par ces propos.
- Tu sais ce qui est encore plus fou ?
- Non.
- C’est que pendant 10 ans, j’ai cru que Sandalphon s’écrivait avec un « f » !
Éléonore éclata de rire à s’en tenir les côtes.
- Tu ne savais même pas écrire ton nom !
- Non et il a fallu attendre 10 ans pour que papa lézard vienne me corriger.
- Bon, allons finir les préparatifs ! dit-elle en essuyant de petites larmes aux bords de ses yeux. Ah au fait, Charlie, il y a bien un « e » à la fin.
- J’le savais !

CHinui
19/09/2013, 17h01
A l’approche du village, Adar-Malik senti la sainte présence de Sandalphon.
« Eh bien, comme on se retrouve…
D’un geste de la main, il stoppa ses troupes et se tourna vers eux. Il leva les deux bras et parla fort.
- Mes bien chers enfants, aujourd’hui, nous allons libérer des prisonniers. En effet, l’homme est prisonnier. Il est prisonnier du temps, obligé de vieillir et d’en mourir. Il est prisonnier de l’argent, obligé d’en avoir pour survivre. Il est prisonnier de ses sentiments, obligé d’aimer, mais aussi de détester et de pleurer. Il est prisonnier de sa famille, obligé d’avoir des enfants, de les éduquer pour qu’ainsi à leurs tours, ils deviennent prisonniers du temps, de l’argent et de tout le reste !

Des cris se firent entendre dans la foule.
- On nous voit comme des tueurs, des sociopathes, des monstres mais ils ont torts ! Nous sommes des bienfaiteurs ! NOUS SOMMES DES LIBERATEURS !

La voix résonna dans le ciel et celui-ci me mit à s’assombrir. Le vent souffla fort comme si celui-ci voulait porter les mots d’Adar-Malik à travers les champs et les montagnes.

- Ils seront bientôt comme nous ! Libre ! Libre de toutes échéances et de toutes obligations qui les stressent, les inquiètent, les angoissent ! Ces questions que l’homme se pose sans cesse : « Ai-je bien travaillé ? », « Vais-je m’en sortir ce mois-ci ? », « M’aime-t-elle vraiment ? Ou en a-t-elle pour mon argent ? ». Il ne se les posera plus !

Atropos était émerveillé. Il n’avait jamais vu les mort-vivants de cette manière. Il n’avait juste à présent qu’une mauvaise opinion de lui-même. Il se voyait comme un criminel, un traître au sein du Saint-Empire mais cela avait, à l’instant, changé. Il était fier, plein de témérité, près à combattre pour son peuple libre et défendre une cause qui lui était juste !

- Mes enfants, dit-il d’une voix plus reposé et quelque peu essoufflé. Si je vous appelle ainsi, ce n’est pas par pur hasard. C’est parce que moi, Adar-Malik, je vois la Nécropole comme ma famille. Et je suis votre père car c’est moi, par le biais de votre frère Atropos, qui vous a libéré et fait naitre en tant que mort-vivant. Je sais ce que vous pensez, que c’est paradoxal à ce que j’ai dit précédemment. Mais non, pas du tout, car là où un homme en cage fait naitre un nouveau qui lui aussi est en cage, nous nous naissons libres et le restons, ainsi que nos enfants ! Bien, maintenant que ce doute est écarté de votre esprit, sachez que dans ma conception de la famille, on ne se cache rien, on se dit tout ! Et donc, je vais vous dire mon plus grand secret, ce rêve que « Papa » garde au plus profond de lui !

Adar-Malik reprit son souffle. La foule s’était tu et elle était à pendu aux lèvres (bien qu’elles soient derrière un masque) de leur père.

- Mon rêve le plus cher, c’est de libérer le monde ! Pour que tous puissent avoir accès à l’éternité et à une totale liberté de penser ! Que tous soient libérer de ces faux dieux que sont Elrath, Shalassa et autres lézards volants !

La foule réagit en conséquence à ces paroles.
- Ras-le-bol des dieux !
- On a pas b’soin d’eux !
- On fait c’ qu’on veut ! C’est pas un lézard qui va nous dicter notre conduite !
Adar-Malik leva la main et la foule se tu à nouveau.
- Je suis heureux de voir que mes enfants possèdent les mêmes convictions que moi. Maintenant allons libérer ces hommes du joug de la vie !
Les mort-vivants étaient déchainés, ils crièrent tous plus fort les uns que les autres !
- A LA LIBERTE ! cria Adar-Malik.
- A la liberté ! cria son armée en retour !
- A L’ETERNITE !
- A l’éternité !
- Et surtout… A LA MORT !