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Afficher la version complète : [Bastion] Zardoc, mandeur de la bravoure - Erthonias - La vengeance des braves



erthonias
27/09/2013, 13h42
Le soleil était encore bas et les corps encore chauds quand Zardoc et sa troupe arrivèrent sur les lieux. L’ambiance était lourde et l’absence de bruit n’arrangeait rien à l’affaire, même les animaux avaient quitté les lieux.

Les éclaireurs étaient venus le prévenir dès qu’ils avaient aperçu la fumée émanant du petit campement situé aux abords de la forêt.
Aucun orc n’avait été épargné, guerriers, femmes, enfants, vieillards, tous avaient été massacrés jusqu’au dernier…

Zardoc avança lentement au travers des cadavres, ses vieux os le faisaient souffrir de plus en plus chaque jour. Il était fatigué et pas seulement physiquement. Il les dévisageait, un à un, tous ces hommes et femmes qu’il avait vu naître, grandir et maintenant… Morts…

Lui qui avait tenté d’atténuer leur frénésie sauvage et leur inextinguible soif de sang. Lui qui y était parvenu et avait finalement convaincu les orcs de s’éloigner des combats, stopper leurs raids et leurs pillages, à s’éloigner des villages des hommes pour vivre en paix avec le Ciel-Père et la Terre-Mère, revenir aux fondamentaux de leur race, une race pleine de patience et de sagesse.

Trois ans… Cela faisait trois années qu’il avait réussi à mener près de deux mille orcs à suivre cette voie et voilà qu’il découvrait ce matin le cinquième campement détruit en quelques jours. Sans aucun survivant. Le résultat du massacre qu’il avait sous les yeux ce matin le rendit vite à l’évidence : le repos serait pour un autre jour.

Il approcha du cadavre d’un humain, gisant face contre terre, une hache avait fendu son casque en deux et stoppé sa course au milieu du crâne. Zardoc, glissa son lourd bâton de chaman sous l’armure et exerça toute la pression qu’il pût, malgré la douleur, pour remettre le corps sur le dos. Le cadavre se retourna sur le sol, soulevant un épais nuage de poussière en retombant lourdement dans la terre. le bruit lui rappela cruellement ses vieux os qui continuaient de le faire souffrir.
Les armoiries, bien qu’abîmées par les nombreuses batailles étaient encore clairement visibles sur le plastron de l’armure de plaques, des armoiries que Zardoc connaissaient trop bien. Il releva la tête et serra les dents, un éclair de rage traversa rapidement son regard :

- L’inquisition du Griffon...

Il se remémora les batailles passées… Les plaines brumeuses… Les tambours de guerre… Les cris de bataille… La frénésie des guerriers orcs… Et par-dessus tout, l’odeur du sang…

Il avait tenté d’oublier les luttes ancestrales, les anciennes rancœurs. Il avait cherché la paix et le repos, cherché à faire changer les siens.
Mais les hommes, eux, demeuraient toujours les mêmes : conquérants, haineux et impitoyables. Malgré l’exil des orcs loin de leurs terres, ces derniers avaient continué de les poursuivre… Et les avaient retrouvés…

Il s’approcha du cadavre d’un jeune orc, d’une dizaine d’année à peine, mort le flanc transpercé par une lance. Le ruban jaune de la hampe trempait dans une mare de sang poisseuse. Zardoc chassa rageusement la larme qui commençait à se former au coin de son œil.

Ses guerriers s’étaient regroupés autour de lui et bien que la plupart restaient silencieux Zardoc savait que tous n’attendaient qu’une chose. Il ne pourrait pas longtemps empêcher les plus violents d’entre eux de crier vengeance, les moins féroces finiraient par les suivre inéluctablement. De toutes façons il ne voulait pas les en empêcher… Il ne le voulait plus…

Il se tourna vers les guerriers et s’adressa à eux d’une voix fébrile :

- Braves orcs ! Il y a des années de cela, j’ai voulu pour nous, fiers guerriers du Ciel-Père et de la Terre-Mère, une autre destinée. J’ai voulu vous montrer une autre voie que celle de la guerre et de la violence. Une vie paisible, loin des champs de batailles. Une vie prospère où nous pourrions élever et aimer nos enfants. Beaucoup des nôtres m’ont traité de lâche, de faible et n’ont pas voulu m’écouter, beaucoup sont partis. Mais vous, mes braves guerriers, vous avez crus en mon rêve, vous m’avez suivi, vous vous êtes battus contre vos propres frères, ceux-là même qui refusait cette vie de paix et qui préféraient nous voir morts plutôt que de vivre de notre côté cette vie, qu’eux se refusaient de vivre. Pour cela, mes guerriers, mes frères, mes fils, pour cela, je voulais vous remercier et surtout vous demander pardon…

Zardoc baissa la tête, affronter le regard de ces hommes qu’il avait le sentiment aujourd’hui d’avoir trahi lui paraissait insurmontable et pourtant il le fallait. Il crispa ses longs doigts noueux sur son bâton jusqu’à en avoir mal, l’étreinte du bois lui redonna quelques forces. Il releva la tête et continua :

- Je voulais vous demander pardon, car aujourd’hui je sais que j’ai eu tort… Nous ne pouvons pas suivre la voix de nos ancêtres. Nous ne pouvons pas aspirer à la paix. Aujourd’hui, guerriers, voyez ce que les humains ont fait de vos frères, de leurs femmes et de leurs enfants ! Voyez comme ils ont massacrés leurs pères et leurs mères alors que la plupart d’entre eux n’avaient même plus la force de soulever leurs haches ! Nous leur avons proposé une trêve, nous avons choisi de nous exiler pour avoir la paix. Est-ce cette paix que nous avons souhaitée ?

Il désigna d’un grand mouvement de bras les restes du campement encore fumants. Des clameurs commencèrent à s’élever au sein des guerriers.

Zardoc souffrait toujours, mais cette souffrance lui rappelait qu’il n’était pas encore mort, qu’il pouvait encore se battre et surtout qu’il était encore temps de venger les siens. Il décrocha le masque d’os qui pendait à sa ceinture et qu’il n’avait plus porté depuis des années. Il le contempla quelques secondes et l’enfila. Puis il se redressa, refoulant les courbatures et les douleurs, il regarda fièrement les siens. Sa voix fébrile s’était dissipée, à la place les guerriers pouvaient maintenant entendre vibrer de nouveau la voix claire et puissante de leur chef, celui qui les avait menés maintes fois à la victoire. Une voix emplie de détermination, de colère et de vengeance.

- Braves orcs, à partir d’aujourd’hui, je vous le dis, il n’y a plus d’exil ! Il n’y a plus de fuite ! Il n’y aura plus de paix tant qu’il y aura encore un chien du griffon vivant sur cette terre ! Aujourd’hui nous allons rassembler nos frères ! Aujourd’hui la horde repart en guerre !

Les cris des guerriers envahissaient maintenant la plaine, les piques martelaient le sol, les crocs sortaient et le son des tambours de guerre résonnait de plus en plus fort. L’appel du sang reprenait ses droits.

- Nous marcherons sur les terres des hommes et nous leur rendrons au centuple ces massacres perpétrés contre ceux que l’on aime ! Pillez ! Brûlez ! Il n’y aura pas de pitié ! Il n’y aura pas de merci ! Il n’y aura que la vengeance et le sang ! Pour le sang !

- Pour le sang ! Reprirent les orcs tel un seul homme avant de se mettre en marche et Zardoc, lui-même, savait que rien ne pourrait plus les arrêter.

La vengeance des braves avait débuté.

AlisColor
27/09/2013, 14h53
l’étreinte du bois lui redonna quelque forces. => quelques forces

Sinon le RP est très bien écrit, il y a une très bonne ambiance, on sent bien la colère qui remonte, l'esprit de vengeance, et le sentiment de trahison du chef, envers des humains dignes de ceux du Moyen Age.Tu arrives à faire passer les émotions chez ton lecteur, je trouve ça cool. Je le place dans mes favoris du concours.

erthonias
27/09/2013, 15h25
Merci pour la faute, c'est corrigé :)