PDA

Afficher la version complète : [Havre] Siegfried - Dreolung - Le vrai visage d'Elrath



Dreolung
02/10/2013, 22h54
Bonjour à tous, je suis nouveau par ici ! Je suis tombé par hasard sur ce concours et je me suis laissé prendre au jeu, donc voilà ma petite mouture... J'espère que ça correspond à vos attentes ! N'hésitez pas à me dire ce qui ne va pas, ça m'aiderait beaucoup.
Je tiens à dire que c'est loin d'être la version finale, il est fort possible que j'édite ce texte dans les prochains jours pour l'enrichir, éliminer les lourdeurs, travailler l'atmosphère etc...
Bonne lecture !





https://encrypted-tbn3.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcTCKCgv76eBhyWTQPEtnPS38l6hVYuqM OBIpsCmEDf6pSVekCQ9


Le vrai visage D'Elrath


Les gémissements des blessés se faisaient écho dans l'étroit col où le Saint Empire s'abritait, apaisés à grand peine par les murmures des rares rescapés. De la fière troupe du Havre, il ne restait qu'une poignée de soldats éreintés par les combats et le blizzard. Envoyés en premier lieu pour inspecter un supposé lieu de culte démoniaque, Siegfried et ses hommes avaient constaté qu'ils étaient arrivés bien trop tard pour empêcher les fanatiques d'ouvrir une brèche vers le cœur d'Ashan – et le prix avait été terrible. Pris en tenaille, les troupes du griffon n'avaient même pas eu le temps de réagir que la colère de Sheogh était déjà sur eux.
Les démons étaient sortis de nulle part et avaient massacré sans vergogne la plupart des effectifs dans une cacophonie de rires obscènes et de vocifération blasphématoires. Une retraite maladroite avait été exécutée, mais dans le chaos du combat, Siegfried avait perdu son atout le plus précieux : le couvent de vestales, emmené avec le reste de l'expédition pour raffermir les cœurs face au climat draconien des montagnes de Grimheim, avait été coupé du reste des soldats et réduit en charpie. Les quelques survivants s'étaient réfugiés dans un col plus à l'ouest, mais acculés et manquant de vivres, tous savaient que la mort était inévitable.

Siegfried serra les dents, revivant avec douleur et amertume ces dernières heures. Cependant, il se ressaisit aussitôt : une figure forte et courageuse, c'était bien la moindre des choses que méritaient ses soldats. Conscient de sa négligence, il arracha la corne de démon fichée dans sa lourde armure et jura silencieusement qu'il passerait les dernières heures de sa vie à rattraper ses erreurs.
Mais la révolte grondait parmi les rangs décimés du Saint Empire, et la plupart des hommes encore valides songeaient à tenter leur chance et survivre avec l'aide d'Elrath au fin fond des montagnes plutôt que de subir une mort atroce aux mains des démons. Le capitaine devait agir sur-le-champs, sous peine de voir les derniers fragments de l'armée s'évanouir dans les étendues gelées de Grimheim. Se redressant du chevet d'une jeune recrue qui venait de rendre l'âme, Siegfried traversa le campement de fortune, saisit son immense épée et se ficha sur un petit promontoire, de sorte à ce que tous puissent le voir, et surtout, l'entendre.

<<Soldats... Commença t-il.
Des dizaines de paires d'yeux abattus se tournèrent vers lui dans un silence assourdissant.
-Mes frères. Se ressaisit-il, d'une voix puissante et grave. L'enfer gratte à notre porte en ce jour, et je vois en vous, marqués au fer rouge, les noms de ceux qu'il nous a déja ravi. Allez vous laisser les vôtres périr en vain ? J'entends d'ici la racaille démoniaque s'avancer pour nous porter le coup de grâce, mais jamais un griffon ne s'avouera vaincu, pas avant d'avoir versé la dernière goutte de son sang. Voulez vous vivre vos derniers instants à tenter d'échapper à ces horreurs qui vous rattraperont tôt ou tard, ou les passerez vous aux côtés de vos frères d'armes, combattant côte à côte tel un seul homme, rendant à l'ennemi le décuple de ce qu'il vous a infligé ?
Mais les blessures étaient encore trop fraîches, et le chevalier sentait que la petite cohorte n'avait pas le courage de dresser son arme à nouveau. Une voix s'éleva du groupe, contenant sa rancoeur et son désespoir.
-Capitaine, quelles chances avons nous face à une telle menace ? Comment voulez vous nous venger d'un ennemi dix fois supérieur en nombre, qui dévore la chair et crache le feu ? Dites le nous franchement, comment pouvez prêcher l'espoir quand même Elrath semble nous avoir abandonné ?>>

Des rumeurs de désapprobation coururent dans les rangs – Siegfried perdait la confiance de ses hommes. Au bout du rouleau, ceux ci ne se tournaient plus que vers eux même là où seule l'unité pouvait les tirer d'affaire. Et le guerrier sut alors que toute les méthodes pompeuses et les techniques grandiloquentes de commandement apprises à l'académie de la guerre ne seraient ici d'aucune utilité. Pour raviver la foi, il devait aller au cœur de la troupe, au milieu de ses pairs, là où il avait su se faire remarquer en tant que leader autrefois.

Siegfried descendit du promontoire et se rapprocha d'un pas digne et fier de celui qui avait osé contester son autorité. Il se planta à quelques centimètres du vétéran à l'origine de ces paroles, de sorte que sa silhouette massive recouvre le soldat de toute son ombre. La noble présence du capitaine fit taire instantanément toute voix dans les rangs – même à bout de forces, tous ressentaient le charisme d'un véritable chef. Ce dernier posa un épais gantelet orné sur l'épaule de son subalterne, dont la gorge se noua de plus belle. Les soldats du griffon retenaient leur souffle.

<<Mon ami, dit chaleureusement Siegfried, il est vrai que je ne sais pas ce que nous réserve la bataille à venir. Mais je suis convaincu d'une chose : qu'ils brûlent nos chairs et fracassent nos os, jamais ils n'auront raison de l'âme d'un guerrier. Tout homme meurt, mais c'est à cet instant précis que tu peux choisir de donner un sens à ta vie – celui de la valeur et du courage. Tu oublies la force qui sommeille en nous, cette flamme inextinguible que jamais nos ennemis ne comprendront : celle de la confiance, en toi et tes frères.
Te souviens-tu de toutes ces fois où un camarade sauva ta vie au péril de la sienne ? C'est là la véritable force du Havre. Nous ne respirons pas sous l'eau, ne faisons pas de tours de magie en claquant des doigts. Nous ne crachons pas du feu par tous les pores ni ne nous relevons de nos tombes sans plus de cérémonie. Notre puissance, et notre foyer, ce sont tous ces frères et sœurs d'armes prêts à mourir pour chacun des leurs – et tu en fais partie.

<<Mes frères, la foi est votre arme la plus puissante, et seul vous pouvez décider de la cacher au fond d'un puit, ou de la brandir glorieusement face à des envahisseurs mus par le seul désir de détruire et consumer. Est-ce en ça que vous croyez ? La domination du monde par des abominations décérébrés ? Est-ce ainsi que vos enfants vivront ? Certainement pas ! Le seul feu qui brûlera sera celui de votre conviction ! Je sais que vous en êtes capables, car j'ai moi même foi en chacun d'entre vous, de la recrue la plus inexpérimentée au vétéran le plus aguerri. Vous faites tous partie d'une seule et même famille, alors debout, et battez vous pour votre propre sang. Levez vous soldats, prenez vos armes, formez vos rangs, et défendez l'âme de votre patrie, le Saint Empire !
Elrath attend en chacun d'entre vous, il veille, prêt à surgir quand vous vous montrerez enfin digne de sa puissance ! La foi déplace les montagnes, je veux que la vôtre les macule de sang démoniaque et laisse une marque si brillante que même Kha-Beleth tremblera devant sa splendeur !
Je vous le dis, chacun d'entre vous est précieux pour notre armée, et c'est autant de sacrifices que les rejetons d'Urgash paieront de leur vie, tandis que la mémoire de nos défunts compagnons restera à jamais graver dans nos esprits. Et quand tout cela sera fini, nous festoierons à notre tour, sur Ashan ou dans l'autre monde, je peux vous le promettre !
Sentez vous cette force nouvelle qui grandit en vous ? Voici le vrai visage d'Elrath : celui d'un soleil qui jamais ne s'éteint, dont la lumière se répand depuis ses fidèles jusqu'aux plus sombres recoins de Sheogh. Cette lumière qui jaillit de vous, dirigez-la d'un seul cœur vers l'ennemi ; la victoire est assurée ! Et massacrez moi ces démons qu'on en finisse ! Au nom de la foi ! Griffon éternel !>>

Un puissant cri de guerre s'éleva de la troupe et résonna à travers les montagnes, couvrant le bruit de l'armée démoniaque désormais toute proche. Le Champion de la Foi était parmi eux. Siegfried ne ressentit aucune peur en allant se positionner sur la ligne de front des rangs parfaitement formés du Saint Empire. Un sourire s'esquissa sur son visage : la bataille était déjà à moitié remportée.



https://encrypted-tbn2.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcSZI7ViLvvhHT0YdGtyW6KgA-mIUK-5bUELf_wPaTTkO5ydYzS4


Merci beaucoup d'avoir lu jusqu'au bout !
Deux trois mots sur mes choix : J'avais pensé à la base à une histoire avec trois sœurs appartenant à la nécropole, mais j'ai par la suite vu qu'il s'agissait de reprendre l'un des héros déjà proposé par le jeu - je me suis donc porté sur le Havre, qui me parait être un classique en matière de discours épique.
Par la suite, en regardant parmi les héros, j'ai trouvé que Siegfried faisait un bon équilibre entre paladin beau gosse et guerrier bourrin, son apparence convenait parfaitement à l'approche plus personnelle et intime d'un discours à un petit groupe de soldat loyaux plutôt qu'à une immense exhortation devant des légions entières. Cependant, je n'ai pas réussi à trouver de lore le concernant, j'ai donc concocté le mien - j'espère ne pas avoir commis d'impair par là.
Pardonnez le prologue un peu (trop ?) long, mais je pense que c'est le meilleur moyen de créer un lien entre le lecteur et le protagoniste et de donner du corps au texte, d'autant que je pense que l'épilogue n'a que peu d’intérêt (une grosse boucherie - quoique je pourrais avoir une autre idée et poster quelque chose d'original)
Encore une fois n'hésitez pas à faire part de ce qui vous déplaît, je vous remercie d'avance !

Sur ce, bonne journée :)

AlisColor
03/10/2013, 16h37
même Elrath semble nous avoir abandonner ?>> =même Elrath semble nous avoir abandonné ?>> (dernière ligne du 3ème paragraphe)

Te souviens tu => Te souviens-tu (milieu du 6ème paragraphe)


Niveau lourdeur il y a juste cette phrase que j'ai trouvé bizarre à la première lecture, mais que j'ai compris en la relisant :

celui d'un soleil qui jamais ne s'éteint, dont la lumière se répand depuis ses suivants jusqu'au plus sombres recoins de Sheogh à la place de suivants, j'aurais peut-être mis fidèles ou adeptes.

Sinon le prologue ça va il est court, le mien doit faire une page....enfin le format s'apparente ici à un format nouvelle, donc pas de soucis de ce coté là. Pour le background de l'ami Siegfired, je n'ai pas non plus vu d'impair. D'ailleurs le background est bien utilisé.

Certes c'est du classique, mais du classique bien écrit, voir très bien écrit. Avec une situation désespérée, ça m'a fait un peu penser au seigneur des anneaux et à bilbo par moments dans la façon de présenter la chose.

Le discours entrecoupé de l'intervention du vétéran est efficace. Personnellement, je pense que pour le havre, ton discours à toutes ses chances, voir même pour le top discours.

Dreolung
03/10/2013, 17h04
Merci bien pour ton commentaire Alis, tes corrections sont très judicieuses. (si tu me permets de te rendre la pareille, "bien écrit, voire très bien" :))
Content de savoir que la longueur ne te paraît pas excessive. Je pense ajouter deux ou trois détails dans la soirée, histoire de renforcer l'immersion.
Encore merci :)

AlisColor
03/10/2013, 17h07
De rien l'ami, j'arrive très bien à voir les fautes des autres mais j'ai beaucoup plus de mal à voir les miennes, j'espère que j'aurais aussi des relecteurs. Sinon ok je verifierais avec les détails.