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Afficher la version complète : [Havre & Nécropole] Alia & Nergal- Melkentich - Un chemin lumineux vers la mort



Melkentich
07/11/2013, 18h16
Le jour n'était plus depuis longtemps. De lui, il ne restait qu'un pâle lambeau décharné, une ombre lointaine. Le ciel était déchiré, de noir, de gris, d'ocre et de poussière. Le sol était une terre brune et spongieuse, remplie de ver et de choses innommables. Un désert pour les yeux, une détresse pour le cœur, une folie pour l'esprit. Mais la lumière se frayait un chemin dans ce paysage désolé.

D'un pas déterminé, la troupe réduite - par le temps et la mort alentour - continuait d'avancer. Il ne restait plus que d'aguerris vétérans, principalement de la compagnie du loup. Leurs capitaines avaient su les maintenir dans un certain ordre, grâce une certaine rigueur mais surtout en faisant appel à une solidarité à toute épreuve.

Les prêtres et les sœurs, quant à eux, avaient tous succombé à force de prière et de sacrifice. L'épuisement et l’inanition avait eut raison d'eux lorsque ce n'était pas les maux qu'ils attrapaient de ceux qu'ils soignaient.

Les animaux, griffons et loups et même chevaux s'étaient entre-dévorer. Certains avaient du être abattus car devenu incontrôlable. Puis cela devint systématique, nécessité et faim faisant loi. Certaines chairs étaient déjà avariées à peine découpées, vomissant ver et putréfaction. Pour d'autres viandes on ne se rendait compte que trop tard qu'elles étaient devenues impropres à la consommation. Un rationnement puis un jeûne fût alors instauré et la marche en devint plus difficile encore.

Les anges se déplaçaient sans cesse, volant de rang en rang, encourageant les soldats ou les aidants à marcher. Cela aidait... Mais trop souvent, il ne pouvait que donner la dernière bénédiction. Néanmoins, certains avaient tant enduré que la mort leurs était miséricorde. Ce fût, une traversée âpre et dur; éprouvante. A perte de vue, une étendue triste. Une terre aride, peuplée d'immense arbre non-vivant se dressant sur le chemin et freinant toutes avancées. Leurs racines mouvantes emprisonnait toute vie à proximité. Le fer et l'acier en étaient venus à bout mais les blessés avaient été nombreux. Il y avait eut d'autres maux aussi. Le sol, à certains endroit, s’était ouvert avant de se refermer sur une partie de l'infanterie, l'avalant littéralement. Puis, ce fût les marais... Des nuées d'insectes dévoreurs de chairs, la maladie et l'empoisonnements et d'autres choses encore... L'armée fût presque décimée par toutes ces plaies.

Alia, avait prié tout du long, silencieusement, les yeux clos. Elle ne dormait pas, ne mangeait pas, ne se reposait pas. Elle volait doucement, ouvrant la marche et irradiant d'une lumière pure. Les murmures disaient d'elle qu'elle repoussait la noirceur; que sans elle, bien plus nombreux auraient été les morts. Ceux qui entendaient ces rumeurs ne s'en sentaient pas rassurés : savoir qu'il pouvait toujours y avoir pire ne rassérène pas.

Fatigués, éreintés, mais se tenant encore droit, dans une attitude fier, les vétérans, aux visages fermés et durs, accompagnés d'anges impassibles et lumineux, avançaient inlassablement dans ce cauchemar. Ils finirent par arriver dans une plaine morte, sèche et brune. Rien d'autre ne se voyait à l'horizon que cette terre malade. Puis, comme sortie d'un rêve, ils distinguèrent une silhouette affaissée, sombre et couronnée. C'était comme de contempler l'image bien réel d'un seigneur du passé ayant survécu aux temps et aux âges. Derrière lui, une haute silhouette éthérée finissait d'apparaître pour mieux se fondre dans les brumes. Une tour, peut-être, longue et vertigineuse.

Alia ouvrit d'un coup ses yeux qui parurent s'enflammer un instant avant de s'illuminer d'une lumière blanche.

- Nous y sommes, murmura-t-elle dans un souffle.

Puis, tournant le dos à ses troupes, elle commença très lentement à se redresser tout en déployant ses ailes qui finirent par battre l'air tout en chassant par petit tourbillon la poussière du sol. Elle s'adressa à ses femmes et à ses hommes tout en s’élevant petit à petit vers le ciel. Sa voix était chaude, empli d'échos tel un chœur d'ange.

- Les ténèbres. Les ténèbres n'existent que si on les laissent s'installer. Mais les ténèbres n'en sont plus du moment où percent la plus petite once de lumière qui soit. Nous sommes cette lumière. Nous avons avancé durement jusqu'ici en empruntant un chemin sur lequel les traces de nos sacrifices sont encore visibles. Intérieurement, regardez-le ! N'est-il pas devenu lumineux ce chemin ? C'est maintenant un rayon de soleil, pourfendant le noir profond d'une nuit sans lune ni étoile. Et tout cela vient de vous ! Vous êtes lumière !

Alia était à présent haute dans les airs. Elle se retourna d'un coup d'un seul pour regarder chaque individus composant son armée. Ses ailes étaient complètement déployées. Puis elle repris d'une voix claire et forte !

- Reprenons nos droits sur les ténè....

Sa voix s'étrangla et son regard mourut. Ses yeux étais vide et sombre. Derrière, la tour s'était effondrée dans un vacarme sans nom et un nuage de débris commençait déjà à rouler jusque vers les troupes du havre. La silhouette vue plus tôt avançait tranquillement dans le fracas des pierres. On aurait dit que rien ne pouvait l'atteindre et que rien ne la ralentirait. Elle faisait corps avec le nuage.

Alia commença à chuter, tout d'abord lentement, puis lourdement, comme un pantin désarticulé qui aurait vu ses fils invisibles tranchés net. Sa carcasse ne fit pas un bruit lorsqu'elle toucha sol.

Certains s'étaient préparés à encaisser le choc de l'inexorable masse nuageuse filant vers eux. Ils se campaient sur leurs jambes, boucliers levés ou roulés en boule. Ceux qui purent et qui en eurent la présence d'esprit, s'envolèrent. D'autres tombèrent à genou, restèrent pétrifiés ou se mirent, sans bouger, à murmurer des prières. Enfin, certains s’éteignirent simplement.

Le souffle commença à soulever cape et habit puis en un instant ce fût le chaos. Un chaos de cris, de douleur et d'incompréhension dans un vacarme d'ouragan. Tous n'étaient que fétu de paille. Ils furent brisés, écrasés et soufflés. Lorsque tout fut fini, il ne restait plus guère d'être debout. Certains, encore en vie, restèrent couché sur le sol car, pour la plupart, leurs blessures et leurs peurs ne leurs laissaient pas d'autres choix. D'autres tentèrent de se relever. Peu réussir. C'est là, qu'ils la virent : la silhouette sombre d'un homme couronné en d'autres temps. Ils l'entendirent parler à l'intérieur même de leurs têtes, de leurs âmes. Une voix grave et sage, presque douce mais ferme et autoritaire. Une voix... Presque celle d'un père morigénant calmement sa progéniture.

- Je ne suis pas fait de ténèbres. A ma connaissance aucun de nous, de ceux que vous êtes venu affronter, n'est ténèbres. Voulez-vous savoir ce que nous sommes alors ? Oui ? Ce que nous sommes ?

L'instant se figea, prêt à accueillir la réponse dans un silence lourd et pesant. Lorsque la voix reprit, elle était presque devenue sinistre.

- La mort.

Il avait dit cela si simplement que quelques-uns se prirent à acquiescer ce fait. Puis, sur un ton bienveillant avec les accents d'une promesse :

- Et bientôt, vous deviendrez nous.

Nergal regarda les cadavres du havre se relever peu à peu sous le regard effrayé et résigné de leurs compagnons en vie. La plupart des morts, malgré certaines séquelles apparentes, paraissaient serein et paisible. Leurs visages restèrent impassibles lorsqu'ils se mirent à assassiner leurs anciens frères d'armes.

Lorsque tous les morts se mirent silencieusement en rangs, Nergal appela du tréfonds de la terre son trône et ses porteurs. Lorsqu'il s'y fût installé, il se pencha pour s'adresser lugubrement à ses troupes aux visages vides.

- En marche.

Dans l'esprit de chaque non-vivant ayant croisé la route de Nergal, raisonne encore, avec une vaine nostalgie, cette phrase: « Nous sommes la mort et bientôt vous deviendrez nous.»

EDIT : Correction de quelques fautes. Un grand merci à AlisColor pour ses compliments, suggestions et corrections ! Désolé pour les fautes et lourdeurs qui subsisteraient encore dans le texte.

AlisColor
07/11/2013, 19h09
Quelques petites corrections envoyées par MP, sinon très bon RP, bien écrit, super ambiance. Merde le Havre ramasse encore, Kimmundi va pas être content :)

Bon courage pour le concours, la concurrence à du soucis à se faire.