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    [Fanfic] Galahad : l'Emissaire

    Herior, la Sentinelle => http://forums-fr.ubi.com/showthread....-la-Sentinelle
    Akuma, le Shugoki => http://forums-fr.ubi.com/showthread....uma-le-Shugoki


    Le paysage était morbide. Aux branches des arbres qui longeaient le chemin étaient pendus des cadavres mutilés, humiliés. Des fermiers, des paysans sans torts… des innocents. Par-delà les champs on pouvait apercevoir les ruines encore fumantes de ce qui hier encore était un paisible village. Le feu s’était bien propagé et avait détruit bâtiments et récoltes. De la selle de son cheval, Galahad observait. Quiconque aurait pu voir son visage derrière le heaume d’acier qui le protégeait n’aurait vu que haine et dégoût. Il allait retrouver ces criminels et les ferait payer.
    Cela faisait maintenant un mois qu’il traversait Ashfeld après avoir entendu qu’une compagnie s’était rebellée. Après l’hérésie, la trahison était à ses yeux le pire des péchés. Ce village était censé être l’une de ses étapes pour se rapprocher du lieu où ces lâches avaient établi leur camp. Si ce n’était plus le cas, il pouvait quand même en tirer des informations. Le pillage s’était déroulé pendant la nuit. Avec un peu de chance, certains seraient encore sur place.
    « Avec moi ! » Hurla-t-il à ses hommes de sa voix puissante avant de diriger sa monture vers les ruines.

    Au total, ils étaient une cinquantaine à le suivre. Tous avaient été choisi pour leur dévotion et leurs prouesses au combat par l’Emissaire lui-même. Ils étaient son régiment, son groupe d’élite. L’ennemi avait beau être quatre fois supérieur en nombre, il n’avait pas la moindre chance. Une compagnie désorganisée et sans valeur n’offrirait même pas un beau combat aux troupes de Galahad.
    Celui-ci fut d’ailleurs le premier à passer les défenses brisées du village. Peu importe la menace, il se tenait toujours en tête. D’un geste de la main, il arrêta ses hommes. Plus il avançait et plus son impression se faisait forte : il y avait encore des gens ici. Des pillards étaient restés, probablement après s’être soûlé suite au pillage. Le bras à moitié levé, il décrit un cercle avec sa main, signe pour sa troupe d’encercler la zone. Bientôt, il n’y aurait plus aucune issue, plus aucune échappatoire pour les traîtres.

    Il mit pied à terre. Inutile d’être monté pour se battre dans un environnement pareil. D’un geste, il décrocha sa hallebarde de l’armure de son cheval et se dirigea vers la place au centre du village. L’odeur de bois brûlé était encore bien présente, certaines braises rougeoyaient même légèrement. A quel point les pillards pouvaient-ils avoir bu pour s’endormir dans un endroit pareil ?
    Il entendit un bruit venant d’une rue adjacente, comme un grognement suivi d’un raclement métallique. Il fit quelques pas, aussi discrètement que lui permettait son armure.
    C’en était un. Un pillard. Il ne portait son armure que partiellement, mais l’emblème de sa compagnie était clairement visible sur son plastron. Son épée pendouillait lamentablement à une lanière de cuir cousue en boucle pour servir de fourreau de fortune. Galahad se dirigea vers lui d’un pas vif. Plus question d’être discret, l’heure du châtiment était venue.

    L’homme était visiblement dans les vapes, suffisamment en tous cas pour ne pas entendre un colosse de près de deux mètres en armure lourde s’approcher de lui. Pas jusqu’à la dernière seconde en tous cas. Il se retourna et eu la peine le temps d’émettre un hoquet de surprise avant que le poing ganté de l’Emissaire ne s’écrase contre son sternum. L’armure encaissa une grosse partie du choc, mais pas assez pour que le renégat puisse le supporter. Il heurta lourdement le mur derrière lui et eut le souffle coupé. Avant qu’il ne puisse comprendre quoi que ce soit à la situation, Galahad l’avait désarmé en jetant l’épée un peu plus loin et l’avait saisi à la gorge pour le plaquer contre le mur. Ses doigts serraient de plus en plus, au point que l’air pouvait à peine passer.
    « Dis-moi où sont tes compagnons et je t’accorde une mort rapide, chien ! Lança l’Emissaire en un souffle. Combien sont restés ici comme toi ? Combien êtes-vous en tout ? Je ne suis pas d’humeur patiente alors réponds vite »
    Puis il lâcha prise. Le malheureux s’effondra au sol et fit tout son possible pour prendre une profonde inspiration. Il toussa et cracha au passage. L’emprise du Chevalier sur son cou avait laissé une marque visible, il s’en était fallu de peu pour ne pas que sa trachée soit broyée. Après quelques secondes, il parvint néanmoins à articuler :
    « Dix… nous sommes dix dans ce village, et plus de quatre cents en dehors ! Tu ne repartiras jamais vivant d’ici sal… »
    Un violent coup du bout de la hampe à l’arrière du crâne le fit taire. Sa mort attendrait que ses dires concernant le nombre de pillards encore présents soient vérifiés. S’il avait menti, il souffrirait plusieurs jours de torture avant d’être achevée de la manière la plus douloureuse qui soit. Galahad n’avait jamais été clément.

    Il retourna sur la place centrale. Maintenant qu’il savait à combien d’adversaires il avait affaire, il pouvait changer de stratégie.
    « Lâches ! Hurla-t-il. Pleutres ! Misérables ! Moi, Emissaire Galahad de la Légion d’Or, viens mettre un terme à votre insurrection ridicule. Montrez-vous et venez payer pour vos crimes ! Venez expiez vos péchés sous la lame de la Justice ! Venez ! »
    Ses mots résonnèrent à travers le village. Il pouvait deviner leur présence dans l’hôtel de ville, auquel il faisait face.
    « Alors !? J’attends ! Êtes-vous lâches au point de fuir devant un homme en armure ? Pitoyable ! »
    Comme pour lui répondre, une demie douzaine de flèches vinrent se briser sur celle-ci. Elles ne la rayèrent même pas, et ne le firent pas bouger du moindre millimètre. Il était maintenant sûr qu’ils étaient dans l’hôtel de ville.
    « C’est tout ? Vous espériez éviter le combat avec vos flèches minables ? Vous n’avez même pas les tripes de vous montrer. Pensiez-vous que ça suffirait à m’arrêter ? Non… vous n’empêcherez pas votre jugement avec des arcs et des flèches… pas plus que vous ne pourrez l’empêcher avec des épées. Que vous soyez dix, cent ou mille, je vous enverrai tous en Enfer ! »
    « Nous n’avons pas peur de toi, Emissaire. Répondit une voix venant du bâtiment. Nous voulions simplement te montrer que nous n’hésiterons pas à t’attaquer. »

    Un homme se montra alors dans le cadre de la porte de l’hôtel de ville. C’était un ancien officier, si la tenue qu’il portait était bien la sienne. Elle était aujourd’hui tâchée et négligée. Plus que l’honneur, ces insurgés semblaient avoir perdu toute rigueur. Les abattre seraient facile.
    « Viens donc me dire ça en face, chien. »
    La voix de Galahad tremblait de colère. Il faisait des efforts considérables pour se contenir et ne pas entrer dans le bâtiment pour les massacrer. Mais cela n’aurait fait que les tuer, et il voulait faire bien plus. Ils devaient connaître la peur du jugement avant de mourir.
    L’homme balaya les lieux du regard.
    « Bien… si tu insistes, nous venons. »
    Puis il sorti, suivi d’un autre, d’un deuxième, et encore, et encore. Douze hommes sortirent à sa suite et commencèrent à encercler l’Emissaire. Lui, visiblement le chef de la bande, s’avança nonchalamment.
    « Je vois mal comment tu vas te sortir d’ici, homme qui se cache derrière une armure bien trop large. Vois-tu, mes compagnons attendent depuis longtemps l’opportunité d’en tuer un dans ton genre. »
    Il était à présent à moins d’un mètre de Galahad, pour qui se retenir relevait maintenant de la volonté divine.
    « Mais j’oubliais mes manières ! Je me nomme… »
    Un coup de poings délivré à une vitesse impressionnante s’écrasa sur la mâchoire du pillard, qui tomba lourdement au sol. C’en était trop.
    « Ton nom n’a aucune importance, vermine ! Rugit l’Emissaire en manipulant sa hallebarde de sorte à en mettre la lame au niveau du visage de son interlocuteur. Tu souffriras mille morts en Enfer pour ce que tu as fait à ces femmes et ces enfants ! Et je remercie le ciel de me laisser t’infliger la première ! »

    Aveuglé par sa colère, Galahad n’avait pas remarqué que les autres pillards avaient sorti leurs armes et s’étaient approchés. Cela aura pu lui être fatal… si son armure n’avait pas été aussi robuste.
    Le premier coup d’épée racla sur son épaulière dans un horrible crissement métallique. L’Emissaire ne senti même pas l’impact, mais entendit le bruit.
    « Cavaliers ! » Hurla-t-il en assénant un coup de hampe magistral dans le menton de son assaillant.
    L’instant d’après, un bruit de tonnerre sembla s’abattre sur le village : les cavaliers chargeaient. Ils arrivaient de toutes parts et fondaient comme une seule masse vers la place centrale. Les pillards avaient complètement relâché leur attention et regardaient partout autour d’eux, le visage tordu d’une expression de panique totale.
    Leur chef, par contre, en avait profité pour se relever et fonçait maintenant sur Galahad avec la ferme intention de le tuer. Il visa l’une des rares failles de l’armure d’une attaque d’estoc. Habile, mais insuffisant. Son épée fut déviée d’un revers de la main, et maintenant sa garde était ouverte. L’Emissaire se jeta sur lui, l’épaule en avant.
    Le choc fut terrible et l’ancien officier roula sur plusieurs mètres après sa chute, pour finalement être arrêté par l’abreuvoir situé à côté de l’hôtel de ville. Il toussa, cracha, mais se releva, fermement décidé à tuer. Mais le spectacle qui s’offrit à lui alors qu’il relevait la tête fut suffisant pour le distraire une seconde. Une seconde de trop.
    Alors qu’il contemplait, impuissant, ses hommes se faire déchiqueter par les cavaliers de Galahad qui allaient et venaient dans tous les sens, il aperçut un reflet de lumière venant de sa gauche. Il comprit que c’était le reflet du soleil sur une lame. Trop tard. La lame en forme de hache de la hallebarde de l’Emissaire frappa en plein sur sa clavicule, et s’enfonça. Il sentit ses os se briser les uns après les autres, ses chairs se faire déchirer, ses muscles se rompre et réalisa en plein milieu que son armure n’avait été d’aucun secours. La hallebarde l’avait tranchée comme si ne rien était, et avait continué son chemin jusqu’à son bassin, ou l’os l’avait finalement arrêté. Il avait presque été coupé en deux, d’un seul coup. Il n’avait jamais eu la moindre chance de gagner.
    Il était encore conscient quand l’énorme arme fut retirée de son corps et quand près de la moitié de son torse tomba sur le côté, uniquement retenue par un peu de peau et quelques lambeaux de muscle. Il était même encore conscient lorsqu’après cela, il s’effondra à genoux. Il pouvait sentir le vent directement sur ses tripes et ses organes exposés, le sang couler partout. Il était mort, en revanche, lorsque son visage toucha le sol.

    L’attaque n’avait duré que quelques secondes et avait été un véritable carnage. Il n’y avait plus sur la place que Galahad, ses troupes, et 13 cadavres. L’Emissaire contempla le résultat, silencieux, pendant plus d’une minute.
    « Empalez-les. » Finit-il par déclarer.
    « Les empaler monseigneur ? Nous… nous n’avons jamais fait ça ! »
    « Un traitement spécial pour les traîtres. Le Seigneur Basarab l’exige, alors empalez-moi tous ces cadavres et dressez-les aux portes du village. Que le message passe bien à tous les hommes : la trahison ne sera jamais tolérée. »
    « Bien, monseigneur. »
    Puis les cavaliers se mirent à leur tâche. Les restes brûlés du village ne manquaient pas de poutres, en trouver et tailler treize ne devrait pas prendre trop longtemps. Galahad avait quant à lui une dernière chose à faire.
    Il retourna dans la ruelle ou il avait laissé le corps inconscient du premier pillard qu’il avait trouvé, et le pris sur son épaule avant de retourner sur la place. L’abreuvoir n’était pas encore vide, et le pillard se réveillerait sûrement s’il avait la sensation de se noyer. Sûrement.
    Malgré tout, il fut presque surpris lorsque ça fonctionna. Alors qu’il tenait fermement les cheveux du pillard en lui maintenant le visage sous l’eau, celui-ci se mit soudain à s’agiter et à gesticuler autant qu’il le pouvait. Quand le Commandant de la Légion d’Or lâcha prise, il bondit presque en arrière pour pouvoir respirer.
    Néanmoins, la satisfaction de pouvoir reprendre son souffle passa bien vite lorsqu’il se rappela les derniers événements et vit l’Emissaire se tenir devant lui.
    « Tu avais dit dix. Ils étaient treize. Je n’aime pas qu’on me mente. »
    Une expression d’horreur figea le visage du dernier pillard vivant, qui ne parvint même pas à prononcer le moindre son.
    « Empalez-le aussi, ordonna Galahad à ses hommes, vivant. »
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  2. #2
    Avatar de Roi-Angmar Membre de passage
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    OULA L'émissaire na vraiment aucune pitié, cool ton histoire bro
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