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    [Fanfic] Chapitre II : Le début de la guerre

    « Magnez-vous ! Ils seront là dans quelques minutes ! Herior, va sur la muraille est, je vais sur la nord. Hélène, une fois que les civils seront partis tu gères la cour ! On va tenir aussi longtemps que possible ! »
    Erik hurlait ses ordres tout en se préparant au combat. Les nordiques avaient été repérés deux jours plus tôt, et depuis tout le monde dans le fort s’efforçait de rendre l’endroit aussi difficile à prendre que possible. La cour avait été transformée en véritable goulet d’étranglement dans lequel les envahisseurs seraient pris au piège et à la merci des archers. Les deux herses de la grande porte étaient baissées, et la porte elle-même fermée et barricadée. Le principal problème n’était donc plus d’empêcher les Vikings d’entrer par la porte, mais par les murs. Ceux-ci étaient hauts, mais loin d’être aussi faciles à défendre. Ils n’avaient pour ainsi dire aucune arme digne de ce nom : pas de douves, de chaudrons de poix ou même de niveau inférieur avec des meurtrières. Simplement des créneaux, et des hommes.
    Herior se mit en position. Le côté est n’était pas directement exposé aux nordiques (contrairement au côté nord d’Erik) mais était accessible tout de même. En réalité, ces remparts étaient les deux seuls que l’ennemi pouvait attaquer, le rempart ouest étant protégé par la montagne et le rempart sud celui de replis éventuel, directement tourné vers Ashfeld.
    De là, il pouvait tout de même très nettement voir l’armée Viking qui arriverait dans quelques minutes.
    « Erik, cria-t-il, on ne tiendra jamais ! Regarde leur nombre ! Ils sont plus de cent fois plus nombreux que nous ! »
    « C’est le concept des places fortes, gamin ! Répondit le Commandant, à la fois amusé et agacé. L’idée c’est de pouvoir défendre un endroit en étant moins nombreux. S’il suffisait de juste se battre on se serait pas fait chier à construire un château ! »
    L’humour douteux d’Erik avait toujours fait sourire Herior, mais pas cette fois-ci. Les Viking étaient des milliers, peut-être même sous-estimait-il encore le nombre. Le col par lequel ils arrivaient n’était certes pas bien large, mais leur armée s’étendait sur des kilomètres et semblait encore continuer au-delà de ce que la Sentinelle pouvait voir. Ils n’avaient aucune chance de sortir victorieux de cet affrontement.

    Les archers étaient en place, mais Herior pouvait voir leurs mains trembler. Même s’ils tuaient à chaque tir, il n’y avait tout simplement pas assez de flèches dans tout le fort pour éliminer ne serait-ce qu’un dixième des forces adverses. Il ne s’entendait même plus penser avec le bruit de métal et les cris de guerre qui émanaient des troupes adverses, dont les premiers représentant n’étaient plus qu’à quelques centaines de mètres des portes.
    Il repensait aux mois qu’il avait passé ici, à son entraînement avec Erik, aux longues soirées passées à discuter avec Hélène de leurs passés. Lui qui était fils de bourgeois, elle qui avait grandi dans la boue et les champs. Avec le temps, il avait fini par comprendre que l’arrivée à Bronzegriffe était une nouvelle naissance, et que rien de ce qui avait pu se passer avant n’avait réellement de valeur. Ici, presque tout le monde, du cuisinier au commandant, avait un passé douteux. Tout le monde avait fait des erreurs, et tout le monde avait trouvé le moyen de reprendre sa vie en main et de se racheter. C’était ça, la Légion de Bronze. Des gens que personne ne voulait voir, mais dont tout le monde avait besoin. Ils étaient aussi éloignés que possible de la civilisation, et constituaient pourtant la première ligne de défense des Seigneurs qui ignoraient volontiers leur existence.
    S’ils mourraient aujourd’hui, presque tout le royaume ne s’en rendrait compte qu’à cause des milliers de barbares en train de brûler leurs maisons et leurs cultures. Personne ne les regretterait, personne ne les pleurerait, leur sacrifice ne serait même pas retenu. Bronzegriffe allait disparaitre exactement comme elle avait vécu*: ignorée de la plupart, méprisée par certains.
    Un détail le tira de ses rêveries. L’ambiance autour de lui était comme surnaturelle l’espace d’un court instant. Il ne réussit pas tout de suite à comprendre d’où cette impression lui venait, jusqu’à ce que ses réflexes reprennent le dessus. Il n’y avait plus aucun bruit.

    Le silence était total.

    Puis la tempête commença.

    Le « A couvert ! » d’Erik tonitrua à travers la montagne alors que le ciel s’obscurcissait d’un nuage opaque de flèches. Herior se baissa et se plaqua contre un des créneaux. Les flèches ne seraient probablement pas assez solides pour passer son armure, mais il préférait ne pas parier et se protéger de son mieux. Malheureusement, tout le monde autour de lui n’avait pas sa rapidité de réaction.
    Les premiers cris de douleur de la bataille s’évanouirent presque immédiatement dans le fracas des centaines de flèches qui se brisaient sur le sol et sur la roche. D’un rapide coup d’œil, la Sentinelle pu voir qu’au moins trois des hommes de son rempart avaient été presque déchiquetés par les projectiles. Avant cela, il pensait déjà que tenir l’endroit relèverait plus du miracle de la stratégie. Il pensait à présent que Dieu lui-même n’oserait probablement pas intervenir.
    Un bruit attira son attention. Un bruit sourd et bref, celui d’un énorme harpon de métal qui s’accroche aux créneaux pour permettre aux envahisseurs de grimper. Il savait qu’il ne pourrait pas l’empêcher, mais il ferait tout pour les retarder. Son épée au poing, il se releva et visa la corde attachée au harpon, qu’il trancha d’un coup sec. Les quelques Vikings qui étaient déjà en train de s’élever tombèrent lourdement, et des cris s’élevèrent d’en bas des remparts. Comme pour répondre au sentiment de satisfaction qui avait commencé à se former chez lui, trois autres harpons vinrent s’accrocher. Tandis qu’il courrait vers le plus lointain, il cria aux soldats de s’occuper des deux autres. Mais sa voix fut couverte par les chocs rapides et répétés d’autres harpons. Y en avait-il dix ? Quinze ? Peut-être même vingt ? Il aurait été incapable de le dire. Un profond sentiment de désespoir le heurta, plus fort encore que l’aurait fait un véritable coup. Il avait du mal à respirer, son cœur s’emballait. Pour la première fois, il contemplait la mort en face.

    Il ne fallut que quelques secondes au premier Viking pour poser un pied sur remparts. Malheureusement pour lui, ce pied fut bientôt séparé de son corps d’un habile coup d’épée des soldats présents, bien déterminés à vendre leur peau le plus chèrement possible. Ironiquement, voir ses hommes prêts à se battre avec telle fougue galvanisa Herior, qui fut à son tour déterminé à tuer le plus de nordiques possible avant de tomber. Il accueillit le premier qui passa à sa portée d’un coup d’espadon en pleine tête, avant de gratifier le second du même traitement. Ultimement ils finiraient par réussir à grimper grâce au nombre, mais il allait en éliminer le plus possible d’ici là.
    Il tranchait plus que se battait réellement, se contentant de donner de large coups d’épée à tout va dans l’espoir de toucher quelqu’un. Parfois sa lame ralentissait un peu en entrant au contact d’un torse ou d’un crâne, mais il n’y faisait même pas attention. Les cordes des nordiques devenaient glissantes de sang, tout comme les pierres des remparts sur lesquelles il se tenait. Puis il se fit parer pour la première fois. Un des barbares était monté et avait eu le temps de se mettre en position avant que la lame n’arrive jusqu’à lui. Il avait bloqué le coup avec son épée, mais avait sous-estimé la force de la Sentinelle. Il fut déséquilibré, et Herior en profita. D’une rapide enjambée, il se rapprocha de son adversaire et le saisit à la gorge avant de le jeter par-dessus le créneau duquel il était arrivé. L’effet de surprise avait joué en sa faveur ce coup-ci, mais il avait perdu du temps et d’autres barbares avaient terminé leur ascension.
    Rapidement, il fut entouré d’ennemis. Il aurait aimé pouvoir se concentrer sur son combat, mais les bruits de la bataille tout autour de lui étaient impossible à ignorer. Il entendait la herse extérieure se faire plier à la force des bras des Vikings, il entendait les archers crier en se prenant une flèche adverse, il entendait ses soldats se battre avec toute la férocité dont ils pouvaient faire preuve pour repousser un ennemi plus fort et plus nombreux. Lui-même se battait avec de plus en plus de vigueur, mettant dans ses coups une force et une hargne dont il ignorait être capable. Il frappait si puissamment qu’un bouclier Viking vola en éclat, brisant par la même occasion le bras de son porteur qui fut projeté sur le côté.
    Les cadavres s’empilaient sur les remparts, à tel point qu’il peinait désormais à se déplacer. La structure n’était pas large de base, et le sang la rendait glissante. Même les nordiques semblaient avoir du mal à avancer convenablement une fois qu’ils étaient arrivés. Il sentit un choc dans son dos, on l’avait frappé. Heureusement son armure était résistante, bien trop pour qu’un simple coup suffise à l’endommager. Il tourna sur lui-même en donnant un large coup de taille qui trancha en deux celui qui l’avait attaqué. Plus de sang encore, plus de cris. Pour la première fois depuis que l’attaque avait commencée, il voyait le rempart nord.

    Erik se battait comme un diable, tuant un Viking à chaque fois qu’il frappait. Son arme faisait des ravages dans les rangs adverses, brisant les os et déchirant la chair. Cependant, l’un des assaillants semblait résister plus que les autres. C’était une femme, armée d’un bouclier et d’une lance, recouverte d’une peau d’ours. Elle esquivait son fléau et attaquait rapidement derrière, parfois à droite, parfois à gauche. Elle semblait redoutable, mais le Commandant l’était plus encore.
    Soudain, il entendit comme des cris d’encouragement et de joie venir de derrière lui. Des cris Vikings. Il se retourna, et se figea.
    L’homme qui était en face de lui était le plus grand qu’il avait jamais vu. Etant donné sa carrure naturelle, Herior ne s’était jamais senti petit à côté de qui que ce soit, dépassant même souvent les autres d’une bonne tête. Cette fois, il avait l’impression d’être un enfant. Il n’arrivait même pas aux épaules du géant torse nu qui lui faisait face et semblait être acclamé par tous les autres.
    C’est quoi cette chose ? Pensa-t-il sans pouvoir bouger, tétanisé par la peur. C’est quoi cette chose bordel !? Personne ne peut faire cette taille là, c’est impossible ! Seigneur venez-moi en aide !
    Ses prières furent vaines. Hafþór, quant à lui, était amusé par la situation. Il attrapa la Sentinelle par le haut de son plastron d’une main et le souleva du sol.
    « Il me semble t’avoir vu faire ça tout à l’heure, bon vol ! » Lui cria-t-il dans sa langue natale.
    Puis il lança Herior dans la cour sans avoir l’air de faire le moindre effort. La chute était d’une dizaine de mètres, assez longue pour se rendre compte qu’on tombe, mais trop courte pour pouvoir y faire quoi que ce soit. Le Chevalier pensa qu’il allait mourir, mais refusa de fermer les yeux. La peur le paralysait toujours. La peur de mourir, et la peur de devoir faire face à ce monstre s’il survivait.
    Le choc le ramena à lui. Un choc d’une intensité foudroyante dans son dos, juste en dessous de ses côtes. Sans son armure, sa colonne vertébrale aurait probablement été brisée net. A vrai dire, il ne pouvait même pas garantir que ce n’était pas le cas. Mais il n’était pas encore arrivé au sol.
    Il n’avait heurté qu’une poutre, qui s’était brisée à l’impact, et il continuait de tomber. Plus lentement, ceci dit. Des tuiles l’accompagnèrent jusqu’à ce qu’il s’écrase finalement dans un mélange de boue froide et de paille. Des tuiles continuèrent de tomber pendant quelques secondes, éclatant en touchant le sol. Herior était étalé sur le dos, parfaitement immobile. Inconscient.


    Le duel entre Erik et Freja se poursuivait, et le Fléau pensait qu’il n’avait que trop duré. Malheureusement pour lui, porter un coup fatal sans s’exposer à un assaut extérieur était parfaitement impossible. Il devait donc continuer d’esquiver la lance de son adversaire tout en la calmant régulièrement d’un coup de sa redoutable arme. Visiblement, elle aussi commençait à en avoir marre de ce combat qui durait depuis déjà plusieurs minutes et était de plus en plus entreprenante. Ce serait sa perte.
    D’un mouvement puissant mais bien trop prévisible, elle tenta d’empaler le Commandant de la Légion de Bronze. Celui-ci se décala d’un mouvement, mais intercepta la lance de son bouclier. Il aurait pu simplement esquiver sans problème mais il tenait enfin une opportunité de tuer cette nordique insolente. S’il avait correctement jugé de sa force, le coup allait traverser le bouclier. Sans surprise, ce fut le cas.
    La lance perça un trou et s’enfonça de près d’une trentaine de centimètres avant que Freja soit arrivée au bout de son allonge. Si elle avait été plus expérimentée, elle aurait immédiatement lâché son arme et se serait contenté d’en trouver une autre. Cependant l’expérience lui faisait défaut, et sa surprise fut totale lorsque, d’un mouvement du bouclier, Erik brisa son arme. Elle était déséquilibrée, désarmée et son adversaire armait déjà son prochain coup. Elle leva son bouclier par instinct mais c’était précisément ce qu’Erik voulait. Il porta un coup de l’intérieur vers l’extérieur qui accrocha le bouclier de la Valkyrie et ouvrit sa garde en grand, en plus de la faire basculer en arrière.
    Elle tomba, le dos contre un créneau. Elle n’avait plus rien pour se protéger. Le fléau d’acier de son adversaire avait déjà commencé son mouvement. Elle ferma les yeux de peur.
    Un hurlement suivi d’un heurt puissant se fit entendre. Elle rouvrit les yeux juste à temps pour voir Bjorn asséner un coup de bouclier monstrueux de côté à l’homme qui était sur le point de la tuer. Erik décolla du sol, projeté par la force colossale du Jarl. Les remparts défilèrent sous ses yeux, puis le vide jusqu’au sol de la cour. Lui n’avait aucun bâtiment pour amortir sa chute, aucune poutre à laquelle se rattraper. Il tomba simplement.
    L’impact fut bien moins spectaculaire que Freja l’avait imaginé. Erik ne hurla pas, ne roula pas sur le sol. Il s’écrasa net, dans un bruit terrifiant d’os brisé et d’acier broyé. Il ne bougeait plus, elle en conclut qu’il était mort.


    « Réveille-toi ! » Entendit Herior un instant avant de sentir une main s’abattre sur sa joue.
    Il ouvrit les yeux et prit une profonde inspiration. Puis un torrent de douleur remonta le long de son dos et de ses côtes, lui faisant immédiatement expirer l’air qu’il venait d’inspirer. Il toussa, suffoqua, cracha en essayant de reprendre son souffle. Au-dessus de lui, Hélène tentait visiblement de l’aider. Elle était paniquée, ses yeux étaient rouges de colère, elle pleurait.
    « Il faut partir d'ici ! Lève-toi bon sang on n'a plus de temps ! » Hurla-t-elle.
    La Sentinelle se redressa tant bien que mal, il n'avait aucune idée d'où il était ni de comment il y était arrivé. Il vit son arme à côté de lui, et son heaume posé sur des tuiles brisée. Il leva les yeux pour voir un immense trou dans le plafond, et sa chute lui revint à l'esprit.
    Le géant. Il avait été envoyé ici par le géant.
    Les hennissements des chevaux le ramenèrent un peu plus à la réalité. Il était dans l'écurie, et la bataille faisait rage dans le fort. Il tourna la tête vers son amie.
    « Les nordiques ! Il faut les repousser ! »
    Pour toute réponse, Hélène lui mit une deuxième claque.
    « Ils ont tué Erik idiot ! Il sont déjà dans le fort ! On doit fuir d'ici, dépêche toi ! »
    Une fois de plus dans cette journée, le monde d'Herior s'effondra. Ca avait été une chose d'imaginer qu'Erik pourrait mourir lors de cette invasion, c'en était une autre de savoir que c'était effectivement le cas. Tout notion d'espoir disparaissait avec lui, ce combat était perdu.
    Machinalement, Herior se leva en attrapant son heaume et son épée. Hélène était déjà en train de préparer deux chevaux et de libérer tous les autres pour que les Vikings ne puissent pas les suivre. Il se sentait vide, intérieurement vaincu. Il ne se vit pas monter en selle, pas plus qu'il ne vit l'état de la cour lorsque sa monture la traversa au galop, guidée par la Spadassin.
    Ils passèrent la grande porte de la muraille sud et filèrent vers Ashfeld. Derrière eux, les derniers bruits de la bataille retentissaient. Il entendit vaguement quelques hurlements alertant probablement de leur fuite, mais il n'y fit pas attention.
    Qu'allaient-ils faire maintenant ?


    Erik s'éveilla.
    Il était allongé au milieu de la cour. Du sable était collé à sa joue par son propre sang. Lentement, il prit conscience de tous les signaux que lui envoyait son corps. Il se mit à trembler.
    Sa vision était floue et son ouïe brouillée, comme s'il avait la tête sous l'eau. De longues secondes d'ajustement furent nécessaires, au bout desquelles il parvint finalement à distinguer ce qu'il y avait autour de lui.
    Il était au milieu d'un cercle formé par les Vikings, dans son propre fort. Dans ce cercle, il y avait également la femme contre laquelle il s'était battu sur les remparts. Celle qu'il aurait tué si un autre nordique n'était pas intervenu.
    Il entreprit de se relever, mais son corps refusait catégoriquement. Il força, cracha du sang, mais parvint à au moins se redresser. Il était à genoux, entouré de centaines, non, de milliers de ses ennemis.
    Face à lui, la Valkyrie tenait son fléau et son bouclier.

    Il la regarda dans les yeux, lançant bien malgré lui ce regard de défi qui l'avait toujours caractérisé. Elle répondit en jetant ses affaires devant lui. La garce voulait un duel, probablement par vengeance de la défaite qu'elle avait subie plus tôt. Il sourit. Quel honneur y avait-il à le défier dans son état*?
    Mais il n'avait pas le choix, et le savait. Ils le tueraient dans tous les cas, alors autant mourir en emportant un Viking avec lui.
    Il saisit son bouclier, empoigna son arme, et se releva.
    Le simple fait de tenir debout était à la limite du supportable. La douleur lui donnait envie de vomir.
    En poussant un cri, la guerrière nordique chargea et frappa, profitant de l'allonge de sa lance pour rester à distance. Le coup était téléphoné, le Fléau n'aurait aucun mal à le bloquer.
    La pointe de la lance lui traversa l'épaule. Il voulu crier de douleur, mais seul du sang et un borborygme étouffé sortirent de sa gorge. Autour de lui, de nombreux rires s'élevèrent. Ils riaient de son inaptitude à se battre. Ils riaient de sa faiblesse. Il avait pourtant vu le coup arriver, mais son bras n'avait pas bougé pour lever son bouclier.
    Fière d'elle, Freya retira sa lance et arma un deuxième coup. Elle ne voulait pas en finir de suite, elle voulait l'humilier.

    Mais Erik n'était pas homme à être humilié.

    Ce coup visait à lui traverser la cuisse, et cette fois il bougea convenablement. Le bord de son bouclier frappa l'acier de l'arme nordique, qui dévia et fini sa course dans le sable. Le Commandant avait déjà armé sa contre attaque mais fut interrompu par un horrible craquement venant de ses côtes.
    Il fut entièrement paralysé de douleur et compris rapidement ce qui venait d'arriver : son dernier mouvement avait poussé un morceau d'une de ses côtes brisées, qui avait traversé ses muscles et sa peau. La Valkyrie profita bien évidemment de l'occasion pour relever son arme dans un geste ample et oblique, propulsant le manche de celle-ci directement dans le flanc exposé d'Erik.
    Cette fois le hurlement de douleur sorti, et résonna entre les murs au point de couvrir les rires des centaines de Vikings présents.
    Il ne pourrait pas gagner ce combat. A dire vrai, il ne comprenait même pas comment il pouvait encore être en vie. D'un coup, tout devint parfaitement clair : il pouvait mourir d'une seconde à l'autre rien qu'avec ses blessures actuelles, alors il ne servait à rien de chercher à se défendre. Tout ce qui comptait, c'était de tuer Freja avant de mourir.

    Elle avait remis de la distance entre eux, et se croyait donc en sécurité. Sa garde était baissée. Ce serait sa dernière erreur.
    Erik serra les dents. C'était son dernier combat, ses derniers instants, et il ferait tout pour qu'ils comptent. Faisant fi de la douleur et des blessures, il chargea en avant et sauta en armant son bras gauche. Comme il l'avait anticipé, son adversaire n'eut pas le réflexe de se décaler. Elle était bien trop surprise pour réagir rationnellement.
    A l'aide de tout son poids et son élan, le Fléau asséna un coup surpuissant de la tranche de son bouclier directement dans le heaume de la Valkyrie, qui se brisa net sous l'impact. Au bord de l'inconscience, Freja fut propulsée au sol, entièrement vulnérable face au Chevalier qui armait son arme redoutable.

    A nouveau, Bjorn s'interposa.
    Dans une giclée de sang, la lame de son épée traversa Erik pour ressortir juste sous son sternum. Cette fois, c'était terminé. Le fléau d'arme tomba au sol, suivi de près par le bouclier sur lequel était dessiné l'emblème de la Légion de Bronze.
    Freja regardait, au sol, son jarl la sauver une fois de plus du même adversaire. Sur son visage perlaient des goûtes de sang de celui-ci, projetées là par l'épée salvatrice d'un homme à qui elle voulait prouver qu'elle était une guerrière aussi capable que les autres.
    « Pourquoi es-tu intervenu ?! » Hurla-t-ellle en se relevant.
    « Il est hors de question que tu meures de manière aussi ridicule, Freja*! Répondit Bjorn de sa voix forte et autoritaire. J'ai accepté que tu aies ce dernier combat pour te faire plaisir et regarde toi : à la limite de te faire tuer par un adversaire déjà mourant avant le début du combat ! Tu es ridicule... »
    D'un geste, le chef Viking retira son épée et Erik manqua de s'effondrer. Par réflexe, Freja avait retenu sa chute en se mettant devant lui. Peut-être avait-elle une once d'honneur en elle ?
    Elle regarda une dernière fois le visage de l'homme qui avait manqué de la tuer à deux reprises alors que la vie s'échappait lentement de celui-ci, et jeta son corps au sol de rage face au dernier affront qu'il pouvait lui faire.

    Il souriait.
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  2. #2
    Avatar de Sorcier-Angmar Membre de passage
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    Super chapitre qui ne manque pas d'émotion et de bon combats bien détaillaient, je soupçonnais que ta petit hype sur F.H allait te donner un peu d'inspiration pour ta fic et encore une fois j'avais raison ! enfin bref je suis très content d'avoir lue ce chapitre. On se revoit dans huit mois pour le chapitre trois
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  3. #3
    Avatar de LOUERN-_- Forumeur fou
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    Dans un autre monde... Helheim peut être...
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    Petit passage sur le forum, je me suis arrêté ici pour une petite lecture et super sympas Helair

    Va falloir que tu contactes une maison d'édition pour des projets littéraires de plus grande envergure
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  4. #4
    Avatar de Helair Membre à temps plein
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    Si tu connais un éditeur avec qui tu peux me mettre en contact je t'en prie ^^ Dans le cas contraire tant que je ne retourne pas vivre en France ça va être compliqué.
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  5. #5
    Avatar de Sorcier-Angmar Membre de passage
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    Contacte l'équipe d'Ubi qui travaille sur For Honor tu leur balance ton histoire à la figure pour un éventuelle For Honor 2 ou un film ou soyons fou une série et tu empocherai des millions... non j'déconne avec Roman au commande ils serait impossible de développer ton talent chez eux... (
    Ps: en attente du chapitre trois.
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